Bissau: Situation confuse après l’arrestation annoncée du Président Embaló
BISSAU-La Guinée-Bissau traverse des heures sombres et incertaines. Alors que le pays est suspendu à la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de dimanche dernier, la situation a brusquement basculé ce matin. Si le président Umaro Sissoco Embaló aurait confirmé sa propre arrestation à nos confrères de Jeune Afrique, sur le terrain, c’est le flou artistique qui règne.
Qu’arrive-t-il à la jeune démocratie bissau-guinéenne ? C’est la question qui taraude tous les observateurs en cette journée sous haute tension. Des mouvements d’humeur au sein de la grande muette se seraient transformés en tentative de prise de pouvoir. Selon des informations relayées par Jeune Afrique, le chef de l’État sortant, Umaro Sissoco Embaló, aurait lui-même confirmé être aux arrêts. Pourtant, dans les rues de Bissau, la lecture des événements est loin d’être linéaire.
Une capitale prise entre deux feux
Sur place, les habitants oscillent entre panique et incompréhension face à l’absence de communication officielle. IBC, un citoyen résidant dans la capitale, décrit une atmosphère lourde, ponctuée de détonations. « Nous entendons des tirs mais de manière sporadique. Le calme est revenu peu à peu. Nous sommes confus parce qu’aucune information officielle n’a été diffusée pour comprendre ce qui se passe », explique-t-il au téléphone d’Africaguinee.com.
L’épicentre des tensions semble se situer au cœur du pouvoir. Selon les témoignages, les armes ont parlé aux abords des lieux stratégiques : « Les tirs sont entendus vers Prassa. Tout serait parti du camp militaire Kamoura », précise le témoin.
La confusion est totale quant à la nature exacte des événements. S’agit-il d’un coup d’État consommé, d’une mutinerie ou d’un affrontement interne ? Les versions s’entrechoquent dans les quartiers, comme le rapporte notre témoin :
« D’aucuns disent que ce sont des militaires rivaux qui s’affrontent autour de l’Assemblée nationale non loin de la présidence. D’autres aussi indiquent que le président Embaló est arrêté par une partie de l’armée, tandis qu’une catégorie affirme que le coup d’État aurait échoué. Donc, c’est la confusion totale », précise IBC.
Outre le sort du Président, d’autres hautes personnalités seraient concernées. Des rumeurs persistantes « font état de l’arrestation du chef d’État-Major des armées ainsi que du ministre de l’Intérieur », ajoutant à l’instabilité ambiante.
La ville tourne au ralenti, les civils fuient
Face à ce vide informationnel et sécuritaire, la psychose gagne du terrain. La vie quotidienne s’est arrêtée net, laissant place à la peur. « Tout le monde est dans la débandade pour replier vers la haute banlieue. Le réseau téléphonique est perturbé, le marché est fermé en partie », », note IBC.
Paradoxalement, alors que l’on parle d’un mouvement militaire, la ville ne semble pas entièrement quadrillée par l’armée, ce qui épaissit le mystère sur les forces réellement en présence. « Il n’y a aucun mouvement de militaire dans la ville, ce sont des policiers qui sont visibles comme d’habitude ».
Alors que le dépouillement de la présidentielle devait livrer son verdict ce jeudi, la Guinée-Bissau, coutumier de coups d’Etat semble, une nouvelle fois, rattrapée par ses vieux démons.
Nous y reviendrons !
Alpha Ousmane Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 26 novembre 2025 14:33Nous vous proposons aussi
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