Bissau quadrillée par l’armée : la population redoute l’impact de la fermeture des frontières

BISSAU – Moins de 24 heures après le coup d’État, le quartier général de l’armée est devenu le nouveau centre du pouvoir en Guinée-Bissau. Le Général Horta N’Tam a été investi en tant que Président de la Transition pour une durée d’un an, un développement qui intervient dans l’un des pays les plus instables de la sous-région.

Ce jeudi matin à Bissau, l’atmosphère est marquée par une activité au ralenti et un calme observable, mais précaire. La circulation est presque inexistante et les grands commerces sont restés fermés. Seules quelques boutiques de quartier ont timidement ouvert. Les habitants observent la situation avec une grande prudence.

Réseaux perturbés et rues verrouillées

La connectivité est également affectée. Des habitants de la capitale confient à Africaguinée.com que les réseaux téléphoniques et Internet sont faibles. « Le réseau n’est pas fiable, tout est restreint. Facebook ne marche pas bien. Les activités sont paralysées, la circulation n’est pas intense » témoigne Aliou Barry, résident du quartier de Sapa.

Ce citoyen précise que les principales voies menant au centre administratif sont verrouillées. Pour l’heure, aucun mouvement de soutien ou d’opposition à la prise de pouvoir n’a été enregistré et aucune violence n’a été signalée.

Présence militaire et accès restreint

Des militaires sont déployés aux points stratégiques de la ville. IBB, un chauffeur de taxi, a tenté d’approcher le centre-ville, mais a dû faire demi-tour.

« Seuls les véhicules administratifs et militaires circulent, les autres sont à l’arrêt. Je suis allé jusqu’au carrefour Espaço Verde dans le quartier Bairo-Ajuda, mais l’accès au centre-ville, siège du nouveau pouvoir, est bloqué. La présence militaire a été déployée après le serment du Général Horta N’Tam, » explique-t-il, tout en espérant une reprise progressive des activités.

Crainte d’une crise alimentaire

Ce climat de calme précaire suscite des inquiétudes chez les résidents, notamment concernant l’approvisionnement. Ismaila, un Guinéen vivant dans le pays depuis des décennies, redoute une rupture des produits alimentaires si la fermeture des frontières se prolonge, le pays dépendant fortement de ses voisins.

« Nous sommes à la maison depuis hier. Le souhait est qu’ils lèvent les fermetures des frontières pour permettre l’entrée des denrées et des produits agricoles. Nous dépendons de l’étranger pour presque tout. Si la situation perdure, ce sont les frais que paiera la population. Je crains même pour la situation du pays», décrit-il.

Leaders retenus

Par ailleurs, des informations persistantes font état de la rétention, aux côtés du président déchu, de plusieurs personnalités clés, dont son Chef d’État-Major des Armées, ses ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Des opposants populaires sont également mis aux arrêts.

Des sources indiquent également que les observateurs du récent scrutin présidentiel seraient également « coincés » au pays, à cause de la fermeture des frontières.

Dossier à suivre!

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 27 novembre 2025 15:00

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: