Biens immobiliers, comptes en banque: Damantang Camara détaille son patrimoine devant la CRIEF

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CONAKRY- Albert Damantang Camara, ancien ministre de l’Enseignement Technique puis de la Sécurité et de la Protection Civile sous le régime d’Alpha Condé, a comparu devant les juges de la CRIEF (Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières) ce mercredi 6 mai. L’ex porte-parole du Gouvernement est poursuivi pour détournement présumé de deniers publics, Corruption, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite.

Lors de sa déposition, M. Camara a plaidé « non coupable ». Il conteste fermement les conclusions du rapport de l’IGE, dénonçant des « interprétations erronées ».

Alors que le ministère public lui reproche un détournement présumé de 222 milliards de francs guinéens au ministère de l’Enseignement technique, ainsi que 17 milliards lors de son passage au ministère de la Sécurité, le prévenu défend une gestion conforme aux procédures. Il a pointé l’absence de pièces justificatives concrètes qui pourraient prouver sa « culpabilité ».

Pour tenter de convaincre la chambre de jugement de la CRIEF de son « innocence », le prévenu a détaillé ses biens, soulignant que l’essentiel de son patrimoine a été acquis avant ses fonctions ministérielles.

« J’ai intégré le gouvernement en 2010 après une carrière dans le secteur privé. Je percevais un salaire mensuel de 10 500 000 GNF, assorti de plusieurs avantages : une prime d’installation de 70 millions, des primes de fêtes allant de 25 à 45 millions, et des indemnités annuelles de 20 à 30 millions en ma qualité de porte-parole du gouvernement », a-t-il précisé.

Côté immobilier, il a déclaré être propriétaire d’une parcelle à Maférinya acquise pour 55 millions GNF, ainsi que de deux terrains à Kissidougou, dont l’un acheté à hauteur de 18 millions GNF. Il a également reconnu détenir plusieurs comptes bancaires, en francs guinéens et en devises, dans des banques locales et étrangères.

Justification des fonds publics

Interrogé sur l’utilisation des budgets incriminés, M. Damantang a mis en avant la réalisation de projets d’intérêt public. Il a notamment cité la construction d’écoles techniques à Boké, Siguiri, Labé et Nzérékoré, pour un coût unitaire estimé à 6 millions de dollars, ainsi qu’un contrat de 4 milliards GNF signé en 2020 pour la fourniture d’uniformes à 16 000 policiers, justifié par l’urgence sanitaire liée à la COVID-19.

À l’issue de cette audition, le juge a prononcé le renvoi du procès au 20 mai prochain pour la suite des débats.

Dansa Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 6 mai 2026 20:11

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