Benjamin Kamano: « Comment j’ai perdu ma femme et mes enfants dans les inondations… »

CONAKRY– La forte pluie qui s’est abattue sur la capitale Conakry dans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 juillet 2025 a provoqué d’énormes dégâts et des pertes humaines. À Simambossia, dans la commune de Lambanyi, Benjamin Kamano, un enseignant, a vécu un cauchemar absolu, perdant sa femme, deux de ses filles et une fille adoptive dans ces inondations dévastatrices.

Rencontré ce jeudi, ce père de famille, inconsolable, a livré un témoignage pathétique sur les circonstances de ce drame. »Hier, à partir de 22h, j’étais avec ma famille. Quand la pluie a menacé, j’ai dit à mes enfants de rentrer. Ils étaient devant la télé. D’habitude, quand ça menace comme ça, je prends les enfants, je ne les laisse pas sortir. Nous restons à la véranda pour des raisons de sécurité. Hier, comme j’étais malade, je me suis couché très tôt, le sommeil m’a pris un peu. Tout d’un coup, j’ai entendu les enfants pleurer. Je me réveille brusquement. Qu’est-ce que je vois ? Je vois le matelas qui se soulève. Donc, moi-même, j’étais dans l’eau« , explique-t-il.

Pris au piège, M. Kamano a tenté désespérément de secourir les siens. La montée rapide des eaux l’en a empêché.

« J’essaie de sortir pour aller sauver les enfants. L’eau était à la porte et ne m’a pas permis de sortir. C’est comme ça que je suis resté. Les enfants pleuraient… Après un certain temps, le reste du mur est tombé sur eux. La porte a été ouverte par la force de l’eau. C’est comme ça que je suis monté sur le mur. Sinon, moi-même, je serai parti (mort). Mes pieds n’étaient pas sur terre. Je me suis retrouvé sur le mur. J’ai mis les pieds sur le mur. Après, j’ai grimpé. Il y avait des bois, c’est là-bas que je me suis lancé. Je suis rentré dans la chambre. Nous étions cinq à la maison, je suis le seul rescapé « , témoigne le père de famille.

Le bilan est lourd. Benjamin Kamano a perdu quatre membres de sa famille : Maciré Kamano, sa femme, Maciré Soumah (une fille adoptive, fille de la sœur de sa femme), et Nathöma Ouamouna, âgée de 17 ans. Deux corps n’ont pas encore été retrouvés.

« Le premier corps, c’était ma femme. Elle n’a pas bougé. C’est le mur qui est tombé sur elle. Elle était dans la chambre et on a retrouvé un corps ; il reste deux corps« , a-t-il expliqué.

Dévasté, M. Kamano exprime une douleur incommensurable : « Moi, je m’en remets à Dieu, mais j’ai tout perdu. Même les habits que (je porte), on me les a donnés. Tout est parti. Mais ce n’est pas le problème matériel. C’est le fait que j’ai perdu mes filles, j’ai perdu ma femme« , dit-il avec peine.

Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 31 juillet 2025 15:48

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