Bambéto : coup d’envoi des travaux de construction d’un complexe académique intégré
CONAKRY – Le gouvernement guinéen, à travers le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, a procédé ce mercredi 6 mai 2026 au lancement des travaux de construction d’un complexe académique intégré à Bambéto, dans la commune de Ratoma. Un projet ambitieux présenté comme une réponse à une “injustice” longtemps dénoncée.

Inscrit dans la dynamique de modernisation du système éducatif, ce projet est mis en œuvre par le Service national des infrastructures et équipements scolaires (SNIES), sous l’égide du département en charge de l’Éducation.
À Bambéto, quartier en pleine expansion, les infrastructures scolaires existantes sont sous forte pression. Classes surchargées, manque d’équipements et conditions d’apprentissage précaires rythment le quotidien des élèves.

Un constat qui a poussé l’État à envisager une réponse globale et structurée. Prenant la parole, le ministre de l’Éducation, Alpha Bacar Barry, a évoqué un souvenir personnel pour illustrer ce qu’il qualifie d’“injustice majeure”.
« Il y a un peu plus de trente ans, mes parents et moi habitions à quelques encablures d’ici, à Niariwada. Nous avions deux options : marcher jusqu’au collège de Ratoma ou aller à Kipé. J’ai eu la chance d’intégrer Kipé. Mais, trente ans après, il n’y a toujours pas de collège ni de lycée public dans cette zone », a-t-il déclaré.

Avant d’ajouter : « Beaucoup de jeunes ont abandonné l’école faute de moyens ou de courage pour parcourir de longues distances, ou pour intégrer des établissements privés. »
Pour le ministre, ce projet vise à corriger une mauvaise répartition de la carte scolaire. « Le Président de la République, à travers son gouvernement, tente aujourd’hui de réparer une partie de cette injustice, car une mauvaise répartition des infrastructures éducatives prive de nombreux enfants d’un accès de proximité à l’école », a-t-il souligné.
Un complexe éducatif d’envergure
Ce futur complexe sera construit sur une superficie de trois hectares. Il comprendra un collège, un lycée, dix-huit salles de classe, des laboratoires numériques, des bibliothèques, des salles polyvalentes, des cantines ainsi qu’une infirmerie.

Une école primaire de neuf salles de classe est également prévue, ainsi que des logements pour le personnel : deux villas de fonction et 36 appartements modernes destinés aux enseignants. Le site sera doté d’un terrain multisports (football, basketball et volleyball).
« Ce complexe ne sera pas un simple lieu d’instruction. Il sera un espace de formation, de citoyenneté et d’espoir », a insisté le ministre, appelant les populations à s’approprier le projet et à veiller à sa préservation.
“Un acte de justice”, selon Bah Oury

Présent à la cérémonie, le Premier ministre Amadou Oury Bah a qualifié cette initiative d’“acte de justice”. « Pendant longtemps, certaines populations ont été marginalisées par des gouvernances qui privilégiaient le pouvoir au détriment des citoyens. Cela a laissé des traces profondes », a-t-il déclaré.
Selon lui, la construction d’infrastructures scolaires constitue un levier essentiel pour offrir des perspectives aux jeunes et renforcer la citoyenneté. « Construire une école, c’est donner aux jeunes les moyens de se projeter dans l’avenir et de devenir des citoyens modernes au service de leur pays », a-t-il soutenu.
Le chef du gouvernement a également inscrit ce projet dans la vision du président Mamadi Doumbouya, axée sur l’équité territoriale et sociale.

« Toute la politique menée ces dernières années repose sur la nécessité d’assurer l’équité et de prendre en compte toutes les populations, qu’elles vivent en milieu urbain, en banlieue ou à l’intérieur du pays », a-t-il affirmé.
Un projet attendu
Au-delà de son aspect éducatif, ce complexe est présenté comme un symbole de rééquilibrage social et territorial. « L’école qui sera construite ici incarne la volonté de bâtir une société réconciliée, où les disparités sociales et communautaires tendent à disparaître », a conclu le Premier ministre.
Selon les entreprises en charge des travaux, le projet devrait être exécuté dans un délai de 18 mois.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: Bambéto, Ecole guinéenne, Education









