Bah Oury : « Il y a 40 ans, le savoir était un danger en Guinée… »
CONAKRY – Le premier ministre a fait un bref rappel de l’histoire politique de la Guinée, en marge de la cérémonie de clôture de la première conférence sur les Données Numériques et l’Intelligence Artificielle, baptisée DounIA. Cette initiative organisée par la Cité des Sciences et de l’Innovation de Guinée (CSIG), en partenariat avec l’Académie des Sciences de Guinée (ASG), s’est tenue ce mercredi 30 avril 2025, à Conakry.
Alors qu’il présidait cette cérémonie, le chef du gouvernement a d’abord fait un commentaire au sujet de la création humaine, et plus particulièrement celui de l’Intelligence Artificielle en plein essor, depuis quelques années maintenant. Le chef du gouvernement estime qu’il faut s’en émerveiller.
“Moi, je crois que quand on regarde l’IA, et qu’on on réfléchit un peu, on ne peut que s’émerveiller devant la beauté de la création humaine. Je voulais dire la création divine, parce qu’on n’invente absolument rien du tout. On ne fait que copier. Si on comprend un peu nos réactions chimio-psychologiques, les mécanismes de notre cerveau, on se rend compte que même l’IA n’est qu’une pâle copie de la formidable capacité de notre cerveau, de nos neurones, avec des enzymes qui se connectent et qui recherchent l’information pour nous permettre d’avoir quelque chose d’intelligible, afin de raisonner en tant qu’êtres humains. Donc, c’est fascinant”, a déclaré Amadou Oury Bah.

Le Premier ministre estime qu’il faut, plus que jamais, développer la capacité à travailler ensemble et à mettre en place des réseaux pour être à la hauteur des enjeux actuels.
“On a une Cité des sciences et de l’innovation en Guinée. Il en existe au Sénégal et ailleurs.
Pour rattraper notre retard et devenir une force dans notre capacité à produire, à s’imposer, faisons ce que l’IA nous commande de faire, faisons ce que notre cerveau nous dicte, interconnectons nos centres de recherche, nos cités des sciences et de l’innovation, nos universités. Cela nous permet d’accumuler un savoir, de porter un projet plus puissant, mieux capable de répondre à nos réalités, tout en sauvegardant notre souveraineté ”, a-t-il expliqué.
Pour réussir ce pari, Amadou Oury Bah pense que la politique doit changer de mindset, de paradigme, car le monde d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui : “Le monde d’aujourd’hui ne peut plus fonctionner sans une coopération large et diversifiée entre les pays, les nations, et même entre les acteurs du secteur privé, à plus forte raison entre les centres de recherche et les centres de savoir. La Guinée, il y a 40 ou 50 ans, le savoir était rebelle, le savoir était ici un danger. Plus vous en saviez, plus vous risquiez. Donc il fallait se faire passer pour un niais« .
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 1 mai 2025 10:24









