Assainissement: L’ANASP tient son premier Conseil d’Administration de l’année 2026

L’Agence nationale de l’Assainissement et de la Salubrité publique (ANASP) a tenu, ce vendredi à son siège, son tout premier Conseil d’Administration de l’année 2026. Une session jugée stratégique, au cours de laquelle la Direction générale et les administrateurs ont passé au peigne fin le rapport d’activités 2025, avant de tracer les grandes orientations pour l’exercice en cours.

Au centre des échanges : les acquis enregistrés, les difficultés persistantes et les pistes de réformes pour renforcer le secteur de l’assainissement en Guinée.

Intervenant à l’ouverture des travaux, le Président du Conseil d’Administration, Dr Mamadou Barry, s’est félicité des efforts fournis par les équipes de l’Agence. Mais il n’a pas occulté les défis structurels, notamment en matière de financement et d’infrastructures.

À Conakry, la situation reste « préoccupante », a-t-il souligné, pointant du doigt la forte croissance démographique, l’urbanisation non maîtrisée, l’occupation anarchique des espaces ainsi que l’insuffisance des infrastructures d’assainissement, notamment les zones de regroupement et les déchetteries.

La gestion des déchets solides et le drainage des eaux usées demeurent, selon lui, des priorités majeures. La prolifération des dépotoirs sauvages et les risques d’inondation continuent d’avoir des impacts sanitaires, environnementaux et économiques importants.

À l’intérieur du pays, les défis sont d’une autre nature, mais tout aussi préoccupants : faibles capacités techniques et financières des collectivités, manque d’équipements adaptés, organisation encore fragile des services d’assainissement. Autant de contraintes qui freinent la mise en œuvre d’actions durables.

Pour Dr Barry, l’heure est à une action « cohérente, structurée et coordonnée ». L’assainissement, a-t-il insisté, ne peut plus se limiter à des interventions ponctuelles.

Le Président du Conseil d’Administration a également mis l’accent sur le rôle des collectivités locales. Les communes, premier niveau d’intervention, doivent être davantage impliquées et accompagnées, a-t-il souligné, plaidant pour une clarification des rôles entre l’Agence et les collectivités, une meilleure coordination sur le terrain ainsi qu’un appui renforcé en matière de planification et de renforcement des capacités techniques.

L’identification accélérée des zones de regroupement des déchets et des sites destinés à accueillir de nouvelles déchetteries figure également parmi les priorités. L’ANASP est appelée à jouer pleinement son rôle de coordination, d’appui technique et de régulation pour garantir une cohérence nationale tenant compte des réalités locales.

Au-delà du principe du « pollueur-payeur », le Conseil d’Administration invite à une réflexion plus large sur les mécanismes de financement. Dans un contexte marqué par de fortes inégalités et une pauvreté persistante, il serait difficile d’attendre que tous les ménages s’abonnent aux services de collecte des déchets. D’où l’idée d’explorer un mécanisme adossé à la fiscalité, afin de garantir un service minimum, y compris pour les ménages les plus vulnérables.

Parallèlement, l’Agence est encouragée à engager une politique ambitieuse de construction de déchetteries modernes, en partenariat avec le secteur privé. Sans infrastructures adaptées, le système d’assainissement ne pourra fonctionner efficacement sur l’ensemble du territoire.

Nommé le 6 août dernier et installé dans ses fonctions le 12 août, le Directeur général, Mamadou Diané, a assuré vouloir s’inscrire dans la continuité administrative tout en apportant innovation et efficacité.

Selon lui, au cours des cinq derniers mois, l’Agence a enregistré une augmentation de 3 052 tonnes de déchets collectés. Treize agents ont été dotés de motos et vingt-cinq autres de tablettes pour améliorer le suivi des opérations.

Cette première session de 2026 intervient, a-t-il indiqué, dans un contexte de modernisation impulsée au niveau national, notamment à travers le programme Simandou 2040. Le Directeur général a rappelé les quatre missions principales de l’ANASP :

  • l’appui-conseil aux collectivités ;
  • la mobilisation de partenariats techniques et financiers ;
  • la régulation du secteur ;
  • la sensibilisation des populations pour un changement durable de comportement.

« L’assainissement est un défi quotidien. Les résultats sont visibles et immédiatement jugés par les citoyens », a-t-il reconnu, réaffirmant sa disponibilité à recevoir orientations et recommandations du Conseil d’Administration.

Avec plus de trente ans d’existence, l’ANASP entend ainsi amorcer en 2026 une nouvelle phase de son développement, axée sur la coordination nationale, le renforcement des capacités locales et la mise en place de mécanismes de financement mieux adaptés aux réalités socio-économiques du pays.

Sayon Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 24 janvier 2026 11:00

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