Nzérékoré : Terre des Hommes organise un atelier de capitalisation du projet ReCCLAS2...

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N’ZÉRÉKORÉ- L'ONG Terre des Hommes (TDH) a organisé ce jeudi 8 décembre 2022, un atelier de capitalisation du Projet « Renforcement de la Collaboration entre les Collectivités Locales et les Autorités Sanitaires, ReCCLAS2 ». Ledit projet a pour objectif de contribuer à l'amélioration de l'état de santé de la population, en particulier celui des femmes et des enfants de moins de 5 ans.

Il vise aussi à accroître l'utilisation des services de santé par la population avec une priorité pour les mères et les enfants de moins de 5 ans dans 40 collectivités locales des préfectures de Nzérékoré, Lola et Beyla à travers la promotion de la santé communautaire.

Financé par l'Union Européenne à travers la Coopération Technique Allemande (GIZ), dans le cadre du Programme d'Appui au Système de Santé (PASA2), le projet ReCCLAS2 est mis en œuvre par Terre des Hommes. Sa durée est de 12 mois. 

L'atelier de capitalisation du projet ReCCLAS2 qui a connu la participation de près de 80 personnes venues de 40 collectivités, s'est tenu dans un réceptif hôtelier de ville de Nzérékoré en présence des autorités administrative et sanitaire.

"C'est dans le cadre du volet santé communautaire que la GIZ a contractée avec Tdh pour continuer le renforcement de la collaboration entre les collectivités locales et les autorités sanitaires. L'une des priorités de notre système de santé, depuis 2017 déjà à travers la politique nationale est de rapprocher au plus près des populations, le système de santé. Et depuis 2021, nous savons également que l'une des priorités des autorités est de rétablir la confiance entre population et le système de santé. Alors, c'est au vu de tout cela que Terre des hommes fait la mise en œuvre de cette activité pour atteindre un objectif général qui est l'amélioration de la santé de nos populations des zones d'intervention et en particulier les femmes et les enfants de moins de 5 ans », a indiqué Docteur Adama Camara, coordinateur de PASA2.
Dans les différentes structures de santé, un certain nombre de difficultés sont souvent signalés. C’est notamment le coût élevé des prestations, le déficit d'accueil et le manque d'information.

« Nous pensons qu'une bonne collaboration entre les autorités sanitaires et les autorités locales permettrait d'augmenter l'utilisation des services pour améliorer la santé des populations. Mais si les services ne sont pas utilisés, les populations vont continuer à souffrir dans les communautés. D'où l'importance de ce projet de renforcement de la collaboration entre nos collectivités locales et les autorités sanitaires. Je voudrais ici remercier l'ONG internationale Tdh pour tous les efforts fournis dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet ReCCLAS2, qui à mon humble entendement a contribué à l'amélioration de la santé de nos populations en stimulant l'utilisation des services par les communautés. Je ne saurais terminer sans remercier les autorités locales et sanitaires pour la facilité et l'accompagnement du projet dans sa mise en œuvre", a lancé le coordinateur de PASA2.

Venu présider cet atelier de capitalisation, M. Jean Bamba, représentant le gouverneur de région s'est félicité de la réalisation de ce projet, qui selon lui, a contribué à l'amélioration du système de santé des communautés à la base.

 « Le projet ReCCLAS2 a mis en œuvre plusieurs interventions en faveur des acteurs communautaires clés impliqués dans la gouvernance locale et la mise en œuvre de la politique nationale de santé communautaire. Nous pouvons citer:

  • L’organisation des ateliers de vulgarisation de la politique nationale de santé communautaire et le code révisé des collectivités locales ;
  • L'identification et la formation des acteurs communautaires, en charge de la sensibilisation de la population sur la pratique familiale ;
  • La formation des membres des CoSaH sur leur rôle et responsabilités. 

L'ensemble de ces interventions a favorisé le renforcement de l'engagement communautaire pour l'amélioration des services et des soins de qualité dans les structures sanitaires. C'est l'occasion pour moi de remercier la fondation Terre des Hommes et de l'ensemble des partenaires techniques et financiers évoluant dans la région de Nzérékoré pour leur appui constant à la région afin d'améliorer la santé et le bien-être des populations. Mesdames et messieurs, je fonde l'espoir que les solutions qui sortiront de vos débats fructueux lors de cet atelier de capitalisation permettront de pérenniser les acquis du projet », a soutenu Jean Bamba, coordinateur du bureau régional de l’état civil de Nzérékoré représentant du gouverneur.

Plusieurs résultats étaient attendus après la mise en œuvre du projet ReCCLAS2. Aux dires de la cheffe de projet, d'importants changements ont été enregistrés à la suite des activités réalisées sur le terrain. 

"Nous sommes très satisfaits des résultats, de la mise en œuvre du projet ReCCLAS2. Nous avons contribué à améliorer la fréquentation des différentes structures sanitaires dans nos 40 aires de santé. A titre d'exemple, le taux d'accouchement assisté en 2021 était de 64% et en 2022, il est passé à 78%. Le taux de couverture vaccinale est passé de 75% en 2021 à 84% en 2022. Tout comme le taux de consultation postnatal qui est passé de 55% en 2021 à 61%. Le taux de consultation CPN4 prénatal était de 61% en 2021 et en 2022 il est passé à 76% et le taux d'utilisation en consultation primaire curative, est passé de 54% à 64% en 2022. Donc, nous sommes vraiment satisfaits des résultats que nous avons pu obtenir grâce à la mise en œuvre de ces activités.

Je voudrais remercier vraiment les bailleurs de fonds, tous les partenaires sur le terrain que ce soit au niveau régional, préfectoral et communal, qui ont contribué à atteindre ces résultats parce que c'est grâce à ces personnes que nous avons obtenu le résultat que nous avons aujourd'hui », s'est réjoui Docteur Benao Nadège, chef de projet et chef de base Tdh Nzérékoré.

Le projet ReCCLAS2 avait trois grands volets. Le premier vise à renforcer le système de référencement des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans. « Sur ce plan, nous avons eu d'abord à identifier les conseillères villageoises des femmes enceintes qui ont été formées, dotées en boite à images et en outils de collecte des données. Et sur le terrain, elles ont travaillé à sensibiliser toutes les femmes enceintes, à aller pour le suivi de leur grossesse, ensuite à aller accoucher au niveau des centres de santé et encourager la vaccination des enfants. Donc, ces femmes ont contribué à améliorer la fréquentation du nombre de femmes enceintes et la vaccination d'enfants au niveau des formations sanitaires », a détaillé Dr Nadège. 

Le deuxième volet concerne l'amélioration de la collaboration entre les autorités sanitaires des collectivités locales. « Sur ce point, nous avions contribué à former les différentes autorités sur les documents notamment la politique nationale de santé communautaire et le code révisé des collectivités locales, qui a permis aux différents participants de connaître leur rôle, de pouvoir jouer pleinement leurs rôles et responsabilités dans le cadre de l'amélioration de la santé communautaire », poursuit l’intervenant.

Le troisième volet concerne le renforcement des collectivités locales. A ce niveau, les membres des Cosah (Comités de santé et d'hygiène) ont été formés d'abord sur leur responsabilité pour expliquer à chacun son rôle dans la gestion des formations sanitaires notamment les centres de santé. Ensuite, ils ont été formés sur la planification, la gestion administrative et financière, afin de pouvoir contribuer à assurer une bonne gestion au niveau des centres de santé. 

Des responsables sanitaires et des collectivités venus participer à cet atelier de capitalisation, se disent satisfaits de la réalisation dudit projet. Cependant, ils interpellent les bailleurs de fonds, les partenaires techniques à pérenniser le Projet pour accompagner la communauté dans l'amélioration de la santé à la base.

"Le projet ReCCLAS2 a été un projet qui a eu beaucoup d'impact positifs sur le terrain, parce qu'en terme de santé communautaire, il a formé et appuyé le système de santé communautaire à la base à travers les postes de santé et les centres de santé. Il y a beaucoup de leçons à tirer parce qu’avant, les pratiques en terme de santé communautaire laissaient à désirer. Avec le projet on a compris qu'il faut que la communauté s'approprie des centres de santé et que les maires puissent prendre l'engagement d'être le duplicata de ce projet pour continuer la pérennisation.

Je tiens à remercier le bailleur de fonds et le projet Tdh qui a assuré la mise en œuvre du projet. Nous demandons que les activités se pérennisent sur le terrain. Parce que la phase qu'on a bénéficié est une phase de 12 mois. Et nos collectivités sont nombreuses. Je solliciterai auprès du bailleur de fonds de continuer à soutenir le projet Tdh qui a eu un impact positif sur le terrain. Il ne faudrait pas que les actions s'arrêtent. Mon souhait serait que les actions puissent encore être très denses sur le terrain pour que nous puissions toucher toutes nos communautés", a souhaité M.  Koly Daniel Théa, maire de la commune rurale de Samoé.

Même sentiment de satisfaction chez Mme Kany Chérif, présidente du CoSaH de Lola. "Avec tout ce que nous avons bénéficié du Tdh, sincèrement nous leur disons merci. Le CoSaH, ce n'est pas aujourd'hui qu'il est né. Mais sincèrement ressortir sa valeur, c'est grâce au Tdh à travers les multiples formations à tous les niveaux. Ils nous ont poussé à créer des groupes liés à ces CoSaH, après nous qui sommes là telles que les femmes accoucheuses traditionnelles qui ont été dotées en outils de travail, on leur a donné des téléphones et des ressources qui leur permettent souvent d'appeler. Tout ça c'est une émancipation au niveau des villages. C'est une manière d'aider réellement sur le plan de la santé.

Ensuite, même les derniers groupes de CoSaH dont je fais partie ont été dotés en outils de travail, des ordinateurs qu’on n’avait jamais connus. Terre des Hommes va nous quitter, mais sincèrement ça nous fait mal. On a une population à moitié analphabète, ce n'est pas facile. Donc, notre souhait serait que Tdh continue encore avec nous pour un long moment pour tirer profit de ce qu'ils sont en train d'investir aujourd'hui", a lancé Kany Chérif, présidente du CoSaH de Lola, membre du CoSaH régional de Nzérékoré.

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d'Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél : (00224) 628 80 17 43

Créé le Jeudi 08 décembre 2022 à 20:56