Kankan : Visé par des poursuites ordonnées par Charles Wright, le préfet Kandja Mara brise le silence…

Guinée

CONAKRY-Ce lundi 31 octobre 2022, le Garde des Sceaux Charles Alphonse Wright a donné de injonctions au Procureur Général Près la Cour d’Appel de Kankan, Fallou Doumbouya, d’engager des poursuites judiciaires contre l’actuel Préfet de Kankan (voir document en bas de l’article).

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme reproche au contrôleur général de police Kandja Mara de faits présumés de propos à caractère négationniste, régionaliste, ethnique par le biais d’un système de cybersécurité. L’affaire grand bruit. Que s’est-il passé ? Votre quotidien en ligne a pu joindre le Préfet de Kankan. Explications.

"Les gens extrapolent les choses sans chercher à comprendre réellement le fond. Qu’est-ce qui s’est passé ? Il y a eu un problème dans la sous-préfecture de Forécaria où un groupe de jeunes se sont rebellés contre le maire. Ils ont sorti le maire de force dans son bureau, ils ont fait de même pour le Secrétaire Général. Ensuite, ils ont cadenassé les deux bureaux. Après, ils ont pris des pneus pour essayer de brûler le maire. Il a fallu l’intervention d’un éco-garde qui était sur place, pour le sauver. Le maire, le secrétaire général, le sous-préfet, tous ont fui pour venir me trouver au bureau à Kankan. Ils m’ont expliqué la situation.

Le problème se situait autour de l’élection du responsable de la jeunesse de la sous-préfecture. J’étais avec le ministre. C’est ainsi que j’ai demandé une autorisation à M. le Gouverneur pour me rendre sur les lieux. Une fois sur place, le maire s’est expliqué et m’a donné une liste de jeunes qui se rebellent contre l’autorité et contre le jeune qui a été choisi comme chef de la jeunesse, mais qui n’était plébiscité.

J’ai pris la liste qu’ils m’ont remis pour la brandir et leur dire que je ne suis pas venu pour arrêter quelqu’un. Mais, je suis un officier de maintien de l’ordre avant même que je ne sois préfet. J’ai ajouté que nous voulons la tranquillité dans la cité. Quiconque va perturber la quiétude de la population sera arrêté. Le monsieur était arrêté. Je lui ai demandé sur quelle base il se fonde pour faire des actes de vandalisme, fermer les bureaux du maire, du secrétaire général et les chasser ?

Je lui ai fait remarquer que le maire n’est pas responsable de son échec, même s’il a signé un pacte auparavant avec lui. Mieux, pour diriger la jeunesse, il ne faut pas excéder l’âge de 35 ans. Or, lui était déjà dans la cinquantaine. Donc, même si le maire lui a promis, il n’était plus éligible à cause de l’âge, ce n’est pas la peine de forcer la situation. Mais c’est un récidiviste. Mais par respect pour les sages assis, je lui ai dit que je ne vais pas l’interpeler. Je lui ai dit de mettre fin à ces manœuvres.

Après ces remontrances, j’ai pris un exemple sur les élections présidentielles où il y avait deux candidats (au second tour). Le Président Alpha Condé et le Président Cellou Dalein Diallo. Les deux étaient en finale. Le premier est passé par les 10 noix de colas, par des personnes interposées (pour gagner), le second puisqu’il avait plus 37% au premier tour, il a la popularité et c’est là-bas où le bât a blessé. Le président Alpha a gagné, mais ce sont tous des guinéens. J’ai pris cet exemple pour lui dire que lui aussi aurait pu passer par la stratégie des dix noix de colas pour se faire accepter. Avec la sagesse, le bon comportement, les gens auraient pu miser sur lui, mais il ne l’a pas fait.

Je lui ai dit que je ne vais pas l’arrêter, mais de ne plus perturber la quiétude des citoyens. On était dans ça quand soudain des jeunes ont brandit une pancarte où il est écrit le nom d’un certain Sacko. J’ai cherché à savoir qui était ce Sacko, tout le monde a applaudi pour dire que c’est ce dernier qu’ils aiment. Tout le monde a marqué son accord pour le choix de Sacko qui a moins de 35 ans (…) c’est comme ça que j’ai entériné en disant que je vais prendre une décision. Tout s’est passé dans les applaudissements, on s’est séparé. La crise a été réglée.

Ils sont allés rouvrir le bureau du maire, celui du secrétaire général que j’ai installé. Avant de quitter, ils ont signé un engagement qu’il n’y aura plus jamais des actes de vandalisme à Forecaria, on s’est quitté dans la ferveur sans incidents. A mon fort étonnement, j’entends des choses qui m’étonnent sur les réseaux sociaux…ils n’ont pris que la partie où j’ai donné l’exemple des deux leaders pour extrapoler. Mais démarche était purement pédagogique pour résoudre une crise. Quand je suis revenu, j’ai rendu compte à qui de droit. Moi je suis un militaire, je ne suis pas dans la politique".

A suivre...

Africaguinee.com

Créé le Lundi 31 octobre 2022 à 19:01