Procès de Toumba, Dadis et cie : La maladresse d’un avocat provoque un incident…

Guinée
Toumba Diakité à la barre
Toumba Diakité à la barre

CONAKRY-Alors que l'audience du jour venait de reprendre aux environs de 15h 00 après une pause, un avocat de la défense a tenu des propos maladroits qui ont heurté ses confrères et l’auditoire.

Il s’agit d’un des conseils de Marcel Guilavogui, un des accusés dans ce procès criminel. S’adressant à l'accusé à la barre Toumba Diakité, l’avocat a déclaré citation : "Est-ce que vous des oncles maternels (…)?". Offusqué par la nature de la question, l’accusé rétorque : "Je ne réponds pas à cette question". Alors que l’atmosphère dans la salle devenait lourde face à la nature de la question de cet avocat, le bâtonnier a saisi la balle au rebond, sollicitant une pause.

"Je demande une pause pour que nous avocats nous nous entretenions. Ce n'est peut-être pas pour rappeler des règles de déontologie, mais c'est pour que nous puissions nous parler entre-nous. Parce que tous les propos ne sont bons à tenir, ici dans cette salle.

Je n'entrerai pas dans les détails, je préfère que les détails se fassent entre nous avocats. Vous qui composez ce tribunal vous êtes des jeunes magistrats et juges. Mais vous avez bien connu le barreau de Guinée, vous connaissez les avocats du barreau, vous avez connu le bâtonnier Dinah Sampil et d'autres avocats. Ça ne veut dire qu'on ne peut pas tenir certains propos. 

Et ces propos ont choqué le barreau. Nous demandons pardon et accordez-nous quelques minutes de suspension pour que nous puissions nous entretenir pour que plus jamais de tels propos ne soient tenus dans un prétoire. Nous demandons pardon au tribunal par rapport aux propos qui ont été tenus par certains de nos jeunes confrères", a sollicité Me Djibril Kouyaté. 

Le procureur de la République près le tribunal criminel de Dixinn Algassimou Diallo, quant à lui, a invité les avocats à faire preuve de plus de responsabilité. 

"Nous ne nous opposons pas à la demande du barreau parce que pour nous parquet, ça contribue à n'en pas douter à la qualification du travail pour lequel nous sommes ici. Ce que je dois préciser monsieur le président, en direction du bâtonnier ou des membres du conseil de l'ordre, nous sommes entre nous professionnels du droit, nous devons faire bon usage des dispositions de l'article préliminaire du code de procédure pénale et intégrer nos manières de faire des dispositions de l'article 400.

Si nous œuvrons dans ce sens et que les langages soient assez responsables, je pense que c'est la justice guinéenne qui aura gagné. Nous sommes certes en Guinée mais nous sommes suivis à travers le monde. Que les uns et les autres sachent raison gardée, que nous nous fassions violence nous-mêmes pour peaufiner nos comportements afin que nous puissions mener à bon port ce procès pour le peuple de Guinée", a-t-il déclaré. 

L’incident a été réglé, le procès a repris peu après 16h avant d'être arrêté à 17h passé au tribunal criminel de première instance de Dixinn délocalisé dans la cour de la Cour d'appel de Conakry. 

A suivre...

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com

Créé le Mercredi 26 octobre 2022 à 19:31