Toumba fait le grand déballage sur le massacre de 2009: "Dadis Camara m’avait dit…"

Guinée
Aboubacar Diakité dit Toumba
Aboubacar Diakité dit Toumba

CONAKRY- C’est un déballage explosif qui jette la lumière sur le massacre du 28 septembre 2009. Après la version de Dadis Camara révélée par l’ordonnance de renvoi lors de l’ouverture du procès ce mercredi, celle de Toumba Diakité sur le massacre de 2009 vient d’être dévoilée.

Ce sont deux suspects clefs dans ces évènements qui ont heurté les consciences, tant en Guinée qu’ailleurs dans le monde. Africaguinee.com vous propose en vrac la version que l’ex aide de camp de Dadis Camara avait fourni aux magistrats instructeurs lorsqu’il a été interrogé sur le fond.

Toumba Diakité révèle que des miliciens entraînés par des instructeurs israéliens financés par Benny Steinmetz, -Tycoon franco-israélien bénéficiaire à l’époque des blocs 1 et 2 de Simandou- avaient été infiltrés au stade pour réprimer des manifestants.  Explications.

"Le 16 décembre 2016, Aboubacar Diakité dit Toumba, aide de camp de Moussa Dadis Camara à l’époque des faits, est arrêté à Dakar en vertu d’un mandat d’arrêt internationale du 26 avril 2010.

Interrogé sur les faits par la section de recherche de la gendarmerie nationale du Sénégal, le 17 mars 2017, il est extradé vers la Guinée. Interrogé sur le fond, M. Diakité déclare avoir dissuadé Moussa Dadis Camara de se rendre au stade. Ce dernier lui a répondu très en colère : Toumba, le Pouvoir est dans la rue, ils vont le regretter, il faut les mater. Il affirme que c’est son adjoint Marcel Guilavogui qui a pris la décision de s’y rendre accompagné de certains agents de la garde présidentielle et d’un contingent de la Numba fourni par le commandant du camp Alpha Yaya Diallo, le colonel Sambarou Diamankan.

Aboubacar Diakité dit Toumba conteste avoir commandité cette intervention. Il affirme n’avoir jamais reçu l’ordre de la part de Moussa Dadis Camara de se rendre au stade. Il explique avoir quitté le camp Alpha Yaya Diallo pour partir à la recherche du président Dadis après avoir appris que celui-ci était sorti du camp (…).

C’est au niveau de l’Université Gamal Abdel Nasser que Marcel Guilavogui et ses hommes l’aurait rejoint puis commencer à ouvrir le feu sur les manifestants. Il déclare en outre avoir immédiatement donné l’ordre de cesser les tirs sans succès. Il affirme ensuite avoir regroupé puis embarqué les leaders de l’opposition dans son véhicule et les avoir conduits à la clinique Ambroise Paré où Marcel Guilavogui et ses hommes ont menacé de faire sauter la clinique. Il les (les leaders, ndlr) ensuite amenés à la clinique de l’État-major de la Gendarmerie Nationale.

Sur les faits qui lui sont reprochés…

Aboubacar Diakité dit Toumba ne reconnaît avoir commis ni meurtres, ni viols et n’avoir battu ou blessé aucun manifestant. Il affirme ne rien savoir sur des portés disparus ou de la présence de fausses communes, ni avoir participé à une quelconque réunion avant ou après les évènements au stade.

Il soutient que ce sont les proches de Moussa Dadis Camara dont Marcel Guilavogui, Claude Pivi, Joseph Makambo, Georges Théodor Kourouma, qui ont supervisé les évènements du stade et qui assuraient le commandement de la garde présidentielle parallèle mise sur pied par le Président Dadis.

Toumba indique que des milliers de jeunes miliciens originaires de la région forestière et entraîné par des instructeurs israéliens sur financement de Beny Steinmetz, bénéficiaire des blocs 1 et 2 de Simandou, avaient été infiltrés au stade pour réprimer des manifestants à l’aide de couteaux ou machettes. Il précisait en outre avoir rencontré Claude Pivi et plusieurs de ses hommes dans des camionnette à la hauteur de la Bellevue".

A suivre...

Africaguinee.com 

Créé le Vendredi 30 septembre 2022 à 17:21