Maison centrale: La détention de Dadis Camara complique les visites…

Conakry
Des gendarmes arrêtés à la devanture de la maison centrale de Conakry, image d'archive
Des gendarmes arrêtés à la devanture de la maison centrale de Conakry, image d'archive

CONAKRY-La détention de l’ancien Président, capitaine Moussa Dadis Camara à la maison centrale de Conakry, complique l’accès à la prison aux proches de certains détenus.  

Depuis plusieurs mois, la maison d’arrêt de Conakry est remplie. En plus des prisonniers de droit commun, plusieurs hauts commis de l’Etat de l’ancien régime, accusés de crimes économiques par le parquet de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (Crief) y sont incarcérés.

Ensuite, est venue s’ajouter à cette catégorie de détenus, des figures politiques et de la société civile, accusées d’avoir fomenté des troubles à Conakry en marge des manifestations meurtrières de fin juillet.

Il y a eu en outre une troisième vague, c'est à dire le dernier groupe composé de -Dadis, Thiegboro, Pivi, Chérif Diaby, Blaise Goumou-, incarcéré le 27 septembre à la veille de l’ouverture du procès sur les exactions de 2009.

L'on assiste à une situation inédite en ce moment à la maison carcérale de Conakry. On y retrouve actuellement, un ancien président (Dadis Camara), un ancien président de l’Assemblée Nationale (Amadou Damaro Camara), un ancien Premier ministre (Ibrahima Kassory Fofana), d’anciens ministres d’Etat (Dr Mohamed Diané, Oyé Guilavogui) etc.

Mais depuis l’incarcération de l’ancien chef de la junte, la sécurité a été davantage renforcée, a appris Africaguinee.com. Plusieurs proches de certains détenus, venus apporter de la nourriture aux leurs ou tout juste leur rendre visite, ont éprouvé ces derniers jours de grandes difficultés pour pouvoir accéder à la prison.

"Pendant trois jours successifs, on a énormément galéré. Le lundi, le mardi et mercredi, la sécurité était renforcée au niveau de la maison centrale de Conakry. Du coup, c'était très difficile pour les visiteurs d’y accéder. Le lundi, j'ai vu des gens arrêter derrière la cour de la prison jusqu'à 19 heures sans pouvoir accéder à intérieur de la maison centrale, ni pouvoir faire parvenir la nourriture à leurs proches. Le mardi, ça été le pareil », confie Asmaou Barry qui a son mari incarcéré dans cette prison depuis le 1er août dernier.

Le calvaire s’est amoindri, mais la peur que cela se reproduire hante toujours. « On espère que les prochains jours où le capitaine Moussa Dadis Camara et compagnie vont comparaître au tribunal, on ne va pas revivre la même situation, sinon ça sera très compliqué pour nous », souhaite l’épouse de Ibrahima Diallo.

A suivre…

Mamadou Yaya Bah

Pour africaguinee.com

Créé le Vendredi 30 septembre 2022 à 19:59