Guinée : Pourquoi la Cedeao a sanctionné "si lourdement" la Junte?

Transition Guinéenne
Umaro Sissoco Embalo, président de la Guinée Bissau et président en exercice de la Cedeao
Umaro Sissoco Embalo, président de la Guinée Bissau et président en exercice de la Cedeao

CONAKRY-Les dirigeants de la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont infligé à la Guinée des sanctions très lourdes. Réunis en sommet extraordinaire à New-York, ils ont décidé d'imposer à Conakry des sanctions diplomatique, économique et financière.

Au niveau diplomatique, l’organisation a décidé de rappeler pour consultations par les Etats membres de la CEDEAO de leurs ambassadeurs accrédités auprès de la Guinée. Au plan économique, la Cedeao suspend toute assistance et transaction financière en faveur de la Guinée par les institutions financières de la CEDEAO, notamment la BIDC.

Des sanctions ciblées ont aussi été prises à l’encontre des membres du Gouvernement, de 21 personnalités du CNRD et quelques dirigeants du CNT (conseil national de transition), organe législatif de la transition. Ces sanctions comprennent le gel des avoirs financiers et l’interdiction de voyager. Une punition très sévère qui aura sans nul doute un impact sur le pays et ses dirigeants.

Les leaders ouest-africains n’entendent pas se limiter là. Ils avertissent qu’à défaut de l’établissement d’un chronogramme de transition acceptable, des sanctions supplémentaires plus sévères seront envisagées. Un ultimatum d’un mois a été donné à la junte à compter du 22 septembre 2022. Dès lors, il y a lieu de s’interroger :

Pourquoi la Cedeao a-t-elle choisi la ligne dure ?

L’autorité sous-régionale a noté que depuis le 03 juillet dernier, des progrès insuffisants ont été réalisés en ce qui concerne l’établissement d’un chronogramme de transition acceptable. D’où les sanctions. « Ces sanctions ont été prises dans le souci de faciliter le processus de retour rapide à l'ordre constitutionnel en Guinée, une condition préalable à la paix, à la stabilité et au développement », a justifié la Cedeao dans son communiqué final.

Les Chefs d’Etat engagent toutes les institutions de la Communauté à prendre des mesures assurant l’application immédiate de ces sanctions et appelle l'Union africaine, les Nations unies et les autres organisations partenaires à les soutenir.

Au-delà du fait qu’il y aurait eu des progrès peu significatifs dans la mise en œuvre des recommandations de la Cedeao, il y a aussi d’autres raisons qui ont motivé ces sanctions. Si Umaro Sissoco Embalo et ses pairs ont opté pour la fermeté vis-à-vis de la junte guinéenne, il faut dire que cette dernière est en partie responsable. Son attitude « belligérante » à l’égard des leaders ouest-africains a contribué à les radicaliser davantage.

Le ton martial employé pour répondre à la Cedeao présageait ce qui vient d’arriver. Reste à savoir comment sortir de cet imbroglio et ramener la sérénité en vue d’une bonne conduite de la transition.

A suivre…

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Créé le Vendredi 23 septembre 2022 à 13:43

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