Mort suspecte d’une septuagénaire à Bomboly : Un imam interpelé et traduit en justice…

Pita
Feu Néné Mariama Tala Diallo
Feu Néné Mariama Tala Diallo

PITA- C’est une découverte macabre qui suscite des interrogations ! Dans la localité de Foulayabhè, sous-préfecture de Bomboly, préfecture de Pita, en moyenne Guinée, le corps sans vie de madame Mariama Tala Diallo, a été retrouvé dans sa maison en état de putréfaction. Cette découverte macabre fait grand-bruit dans cette bourgade. L’imam et le chef secteur ont été brièvement interpelés pour des fins d’enquêtes. Pourquoi ?

Selon des témoignages concordants recueillis par notre correspondant dans la région de Mamou, la victime avait été bannie de la société suite à un antécédent avec la notabilité religieuse du village. Madame Tala a été excommuniée, mise à l’écart de toutes les affaires sociales et coupée de tout contact avec les habitants de la localité.

L'imam de la localité Elhadj Mamadou Bah est accusé par les proches de la victime d'être celui qui avait orchestré cette sanction. Il n’est pas le seul. Le chef de secteur, M. Mamadou Aliou "Copland" est aussi indexé par famille de la victime. Selon elle, Madame Tala se disputait une portion de terre avec des proches des autorités du village. L'affaire se trouve au tribunal de Pita où un jugement est attendu le mercredi 21 septembre 2022.

« Il y avait un monsieur nommé Thierno Souleymane qui menaçait ma mère à cause une portion de terre. Il y a eu des disputes autour au point qu’ils ont envoyés mon jeune frère en prison. Il a fait 6 mois en détention. C'est quand il est sorti de prison, il est qu'il est revenu au village qu'on a su que ma maman est décédée. Elle était excommuniée. L'imam avait demandé à tout le village de ne pas rendre visite à la vieille. Faute de quoi, l'intéressé payera 500.000 Gnf comme amende.

Donc, plus personne ne s'approchait d’elle. Elle avait tout ce stress et on continuait de la menacer. Elle est décédée dans sa maison. Son corps s’est décomposé, l'odeur se propageait dans tout l'entourage. La mosquée est tout près de chez nous. Mais ils ont laissé là-bas seule sans assistance même lorsqu’elle est décédée.

Quand on a vu le corps, on a su qu'elle a été tuée. On dirait même que c'est l'acide qu'on a versé sur elle. Nous avons saisi la justice, l'affaire est pendante au tribunal de Pita. Ils avaient arrêté l'imam et le chef de secteur, mais, hier on a appris qu'ils ont bénéficié d'une liberté provisoire jusqu'au mercredi jour du jugement. Notre maman n’a pas bénéficié d’une sépulture digne de nom. Vraiment, on a mal. Le corps était complètement décomposé. Je ne peux pas tout vous expliquer. À chaque fois, la maman nous disait qu'elle est menacée », explique Fatoumata Binta Bah, fille de la défunte.

Interrogé, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Pita, Bakary Camara a confirmé les faits tout en apportant des précisions.

« Quand on m'a informé, moi-même je me suis déplacé avec le commandant de la gendarmerie et un médecin. Arrivé là-bas, on a constaté les faits et on a ouvert nos enquêtes. Selon les gens, l'imam avait fait un embargo contre la vieille. Quiconque viendrait chez elle, serait exposé à des sanctions pécuniaires.

La mosquée n'est pas loin de la concession de la défunte. Une odeur se dégageait à l'alentour. C'est pourquoi on a interpellé l'imam et le chef de secteur pour les entendre. Le dossier est transféré à notre parquet et le jugement est prévu mercredi, 21 septembre », a expliqué le Procureur Bakary Camara.

Dossier à suivre…

Habib Samaké,

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Mamou

Créé le Dimanche 18 septembre 2022 à 18:09