Cas d’Albayrak: Ce qui fait "hésiter" Mamadi Doumbouya...

Guinée
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne (M)
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne (M)

CONAKRY- C’est un nouvel épisode dans le bras de fer engagé entre le Pouvoir de Conakry et la société turque Albayrak sur le cas de l’ancien Président Alpha Condé, présent en Turquie depuis mai dernier pour des raisons médicales.

Ce lundi 12 septembre 2022, dans l’après-midi Mustafa Levent Adali, Directeur Général d'Alport Conakry, une filiale de la société turque Albayrak a été sommé de vider son bureau, situé au Port Autonome de Conakry. L’affaire est très commentée dans la cité. Les opérations de la filiale d’Albayrak au Port autonome, elles sont restées intactes.

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C’est du moins ce qu’a confié à Africaguinee.com dans la nuit du lundi à mardi 13 septembre 2022, un haut dirigeant du Port Autonome de Conakry. « Nous n’avons pas de commentaires à faire sur cette affaire. Tout ce qu’on peut vous dire à ce stade, c'est que les opérations continuent au Port, les activités ne sont pas impactées », a confié notre interlocuteur au bout du fil.

Une autre source portuaire rassure : « Rien n’est dérangé, les activités continuent, les opérations se poursuivent de plus belle comment d’habitude ».

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Selon Jeune Afrique, le Président de la transition guinéenne avait donné aux dirigeants d’Albayrak 72 heures pour organiser le retour en Guinée d'Alpha Condé, sous peine de devoir cesser leurs activités. Cet ultimatum est déjà passé, mais Alpha Condé n’est pas encore de retour, et les activités d’Alport filiale d’Albayrack tournent à "plein-régime".

Pourquoi la junte hésite sur le cas d’Albayrack ?

Albayrack est arrivée en Guinée en 2018 au temps du régime d’Alpha Condé, déchu le 05 septembre 2021. La société turque avait signé un contrat gré à gré d’une durée de trente ans. Le gouvernement d’alors lui avait accordé le privilège d'exemption de l'impôt sur le revenu pour une période de 10 (dix) ans.

D’après nos informations, tout ce qui est sacheries contenant les produits de première nécessité transite par le quai géré par Alport. C’est notamment le riz, l’huile végétale, le sucre, le blé. A date, plusieurs navires seraient à quai. C’est donc à juste raison que les autorités n’ont pas pris le risque d’arrêter les activités.

« Les conséquences collatérales d’une interruption totale des activités dans le contexte actuel seront énormes. Une interruption risque de plonger le pays dans une pénurie de  produits de grandes consommations. Car toutes les denrées de première nécessité passent par la concession gérée par Alport. Mieux, il y a un autre risque de baisse des recettes.

Donc, on ne voit pas comment les autorités peuvent se permettre de tels risques alors qu’elles sont déjà confrontées à toute une série de problèmes à gérer. Même si elles décident de résilier le contrat d'Albayrak, les autorités vont s'arranger pour que les opérations ne soient pas impactées, sachant qu'il faut s'attendre à un bras de fer judiciaire», prévient une source généralement bien informée.

Depuis l’éclatement de cette brouille, les autorités guinéennes se sont soigneusement abstenues de communiquer dans cette affaire.

A suivre…

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112

Créé le Mardi 13 septembre 2022 à 5:06