Guinée : La contre-offensive de la junte à l'Onu...

Guinée
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne

CONAKRY-La junte au pouvoir en Guinée prend au sérieux les inquiétudes soulevées par les  Nations-Unies, par rapport à la dégradation de la situation des Droits Humains. Les autorités de la transition qui avaient promis de mettre fin au piétinement des droits des citoyens sont acculées par la communauté internationale. Celle-ci s’alarme par rapport à l’escalade des violences contre des civils dans l’exercice de certains droits civiques, interdits depuis le mois de mai.

Dans une lettre au vitriol, Michelle Bachelet, la haute-commissaire des Nations-Unies aux droits de l’Homme a personnellement interpelé au mois d’Août le président de la Transition, le colonel Mamadi Doumbouya. Lequel fait, jusque-là, dans la « sourde oreille » par rapport à la demande de lever les restrictions des libertés alors qu’une dizaine de morts ont déjà été enregistrées à Conakry depuis le 28 juillet dans des manifestations.

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C’est dans ce contexte, que la junte a engagé une contre-offensive à l'ONU pour redorer son image ternie par la répression des manifestations. Elle a dépêché une délégation à Genève, histoire de briser certains clichés, voire préjugés collés à la peau des autorités de la transition. Conduite par le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Alphonse Charles Wright, les émissaires du colonel Mamadi Doumbouya ont eu des entretiens de haut niveau avec des dirigeants de l’ONU.

En effet, dans le sillage de du 6ème Séminaire francophone sur l’Examen Périodique Universel (EPU), le Garde des Sceaux s’est notamment entretenu avec Mahamane Cissé Gouro, Directeur de la Division des Mécanismes Relevant du Conseil des Droits de l’homme et des instruments relatifs aux droits de l’homme.  Ce n'est pas tout. Le ministre de la justice a aussi eu des discussions avec Nada Al-NASHIF, Haute-Commissaire adjointe des Nations Unies aux Droits de l’Homme.

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Ces séries de tête-à-tête avaient plusieurs objectifs. Premièrement, répondre aux préoccupations soulevées le 15 août dernier par Madame BACHELET par rapport à la dégradation de la situation des droits humains en Guinée, deuxièmement, exposer la politique des nouvelles autorités en matière de défense des droits humains, troisièmement plaider un accompagnement en matière de formation des forces de l’ordre et apporter des clarifications en ce qui concerne les motivations ayant amené les autorités de la transition à restreindre certaines libertés (les manifestations de rue) pendant la transition. Mais sur ce dernier point, la tâche s'annonce être une gageure pour les émissaires du colonel Doumbouya.

« Les États invoquent souvent leur propre contexte particulier lorsqu'ils sont confrontés à des allégations de violations des droits de l'homme et lorsqu'ils sont appelés à prendre des mesures pour y remédier. Le contexte est effectivement important - mais le contexte ne doit jamais être utilisé pour justifier des violations des droits de l'homme », martelait Michelle Bachelet à la veille de la fin de son mandat le 31 août dernier.

Dossier 28 septembre 2009

Pour tenter de redorer son blason, terni par les répressions sanglantes des premières manifestations, la junte surfe aussi sur sa volonté de mettre fin à l’impunité qui a longtemps caractérisé le pays. Elle fait du jugement du dossier des évènements douloureux du 28 septembre 2009 une priorité. Mamadi Doumbouya en a fait un point d'honneur. Il a fermement décidé d’évacuer ce dossier de crimes de masse longtemps resté au placard et scruté de près par la communauté internationale.

Sur ce point d’ailleurs, il faut dire que le chef de la junte a marqué des points. La récente mission de la Cour Pénale Internationale (CPI), conduite par un des procureurs adjoints, en l’occurrence Mame Mandiaye Niang, a salué sa volonté à faire juger les auteurs présumés de ce massacre (plus de 150 morts, des milliers de blessés, une centaine de viols de femmes etc).

Au terme de leur mission la semaine dernière, les émissaires de la CPI n’ont pas manqué d’exprimer leur satisfaction par rapport aux dispositions prises par les autorités dans le cadre des préparatifs du procès censé débuter avant la fin du mois.

Front diplomatique en vue à New-York

Sur le front diplomatique, là également la semaine qui débute s’annonce intense. Les dirigeants du monde se retrouvent à New York à partir du 19 septembre pour la 77e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. La Guinée ne se fera conter cet important rendez-vous en marge duquel, un sommet extraordinaire des dirigeants de la Cedeao est prévu. Dr Morissanda Kouyaté qui connait les rouages de l’ONU devrait être présent. Il devrait activer ses réseaux pour éviter à la Guinée des sanctions supplémentaires.

A suivre…

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Lundi 12 septembre 2022 à 6:13