Plafonnement des frais d’inscription : Les dirigeants des écoles privées désapprouvent la décision de Guillaume Hawing

Guinée
Des fondateurs d'écoles privées
Des fondateurs d'écoles privées

CONAKRY- C'est un bras de fer qui s'annonce entre le ministre Guillaume Hawing et les Fondateurs des Écoles Privées de Guinée, choqués par la décision du MEPUA (Ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation) fixant les frais d'inscription à 150.000 francs guinéens et de réinscription à 100.000 francs guinéens. Cette décision n'est pas « consensuelle », selon les fondateurs des écoles privées.

« En Guinée, le secteur de l'éducation est délaissé. Le budget de l'éducation nationale est de 12% ce qui est minime par rapport aux pays de la sous-région. En plus du fait que l'Etat a abandonné (le secteur) on nous impose, on nous influence, on nous menace et nous traite de tous les noms d'oiseau. On nous oppose à la population. Si j'ai bonne souvenance nous n'avons jamais fait de violence dans ce pays. Certains mêmes pensent que nous sommes trop doux », explique Elhaj Mohamed Lamine Fofana président de ce collectif.

Mais la coupe est pleine, cette fois-ci, trop c’est trop pour les dirigeants des écoles privées. « Si nous ne disons pas nos maux pour attirer l'attention des autorités, ça risque de dégénérer de plus. Nous avons été surpris étonnés de voir une note circulaire du département pour dire que nous avons donné notre accord sur les frais d'inscription et de réinscription. Nous apportons un démenti catégorique là-dessus », a martelé M. Fofana.

Abdoulaye Hady Diallo a enfoncé le clou, qualifiant l’acte du ministre Hawing d’« unilatéral ». A l'en croire, ils avaient été saisis par le ministre de l'Enseignement Pré-universitaire et de l'Alphabétisation leur demandant d'harmoniser les frais d'inscription et de réinscription. Dans leur courrier réponse, ils ont fait une contre-proposition au gouvernement le 19 novembre 2021, mais qui est resté sans suite, selon M. Diallo.

« A notre grand étonnement, de novembre 2021 au 8 août 2022, nous n'avons eu aucune communication dans ce sens avec le département revenant vers nous pour dire, nous avons bien reçu votre courrier, vos contre-propositions sont les bonnes, nous les adoptons. Ou bien nous ne prenons pas vos contre-propositions. Récemment, nous avons adressé un autre courrier dans lequel il est indiqué notre opposition catégorique à l'harmonisation des frais d'inscription et de réinscription. Ce qui nous a surpris et vraiment sidérés c'est le fait que dans cette note circulaire, il a été dit qu'en concertation avec l'AFEP-GUI que nous sommes. Non il n'y a pas eu de consensus », a-t-il soutenu.

Ce fondateur d'école privée persiste et signe qu'il est impossible de fixer un plafonnement des frais d'inscription et de réinscription dans la mesure où les écoles ne sont pas dans les mêmes zones et ne vivent pas les mêmes réalités.

« Une école privée n'est pas une boutique. Le mot harmoniser pose problème. Toutes les écoles ne se valent pas. Toutes les écoles ne se trouvent pas dans la même zone, dans le même quartier, dans la même région. Une école privée dans le Grand Conakry, les frais ne sont pas les mêmes qu'une école de N'Zérékoré, de Tougué, de Koundara, de Kamsar ou de Fria. Le revenu des parents n’est pas le même. S'il (Guillaume Hawing) voulait soulager les parents d'élèves, nous sommes mieux placés pour le dire parce que chaque année scolaire, nous avons des enfants qui n'arrivent pas à honorer leurs engagements en ce qui concerne les frais de scolarité », a indiqué Abdoulaye Hady Diallo.

Les fondateurs des écoles privées dénoncent « l'immixtion » de leur département de tutelle dans la fixation des frais d'inscription et de réinscription.

« Nous ne comprenons vraiment pas l'intérêt de cette décision. Est-ce c'est le ministre du Tourisme qui fixe les frais des hôtels ? Est-ce que c'est le ministre des transports qui fixe les frais de voyage d’Air Guinée ? Pourquoi le ministre de l'enseignement pré-universitaire et de l'alphabétisation veut nous imposer une harmonisation ? Les écoles privées ne sont pas des biens publics », ont laissé entendre les membres de l'AFEP-GUI.

Interpelés sur le respect de la décision du MEPUA, les fondateurs des écoles privées sont restés évasifs.

Siba Engagé

Pour Africaguinee.com

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Créé le Vendredi 02 septembre 2022 à 16:52