Charles Wright aux côtés d’anciens proches d’Alpha Condé écroués : "C'est une visite politique", réagit la défense des détenus

Guinée
Charles Alphonse Wright, Ministre de la Justice et des droits de l'Homme
Charles Alphonse Wright, Ministre de la Justice et des droits de l'Homme

CONAKRY- En détention à la maison centrale depuis plusieurs mois, les anciens dignitaires du régime d’Alpha Condé, ont reçu, ce lundi 29 août 2022 une visite à laquelle, ils ne s’attendaient (peut-être) pas ! C’est celle du garde des sceaux, Charles Alphonse Wright qui déclare s’être entretenu avec Kassory FOFANA, Amadou Damaro Camara et autres.

Cette visite (une première) du ministre de la justice à la maison centrale ne laisse pas de marbre la défense de ces anciens dignitaires écroués. Joint par Africaguinee.com, Maître Sidiki Bérété, un des avocats des détenus a déclaré que cette visite est « politique ».

"C'est des visites politique ça. Tu arrêtes quelqu'un parce tu prétends qu'il a détourné…tu le gardes sans le juger. Soit, on les libère ou on va au procès. C’est tout ce qu’on demande. On ne peut pas continuer à les garder indéfiniment.  Ce sont des personnes malades, il faut soit les libérer ou les juger, pour éviter un deuxième cas d'une mauvaise surprise.

Charles Wright est magistrat, il sait ce que dit la loi. Depuis le mois de mars ces gens sont en détention. En matière correctionnelle le mandat de dépôt c'est 4 mois, renouvelable une fois. On est dans la deuxième tranche des quatre mois", a martelé maître Sidiki Bérété.

Accusés de détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, Kassory Fofana, Dr Mohamed Diané, Amadou Damaro Camara, Oyé Guilavogui et autres sont inculpés par la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Cette Cour anti-corruption mise en place par Junte n’a toujours pas fixée la date de leur procès.

Pour maître Sidiki Bérété, l'espoir qu'ils pourraient tirer de la visite du garde des sceaux à la maison centrale, c'est seulement s’il (le garde des Sceaux) ordonnait aux Magistrats instructeur de clôturer le dossier. 

"Je ne suis pas contre les visites, mais je veux simplement qu'ils soient jugés à défaut de les libérer (…) Garder indéfiniment nos clients, c'est de l'humiliation. C'est de l’abus d'autorité, ce n’est pas normal, c'est un recul démocratique", fustige Me Sidiki Bérété. 

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel: (00224) 664 72 76 28

Créé le Mardi 30 août 2022 à 18:10