Procès de Dadis, Toumba, Pivi et cie : les choses sérieuses commencent…

Guinée
Dadis Camara en compagnie de Toumba Diakité et Claude Pivi, image d'archive
Dadis Camara en compagnie de Toumba Diakité et Claude Pivi, image d'archive

CONAKRY-En Guinée, le procès des auteurs présumés du massacre du 28 septembre 2009 sera ouvert le mois prochain, soit treize ans après les faits. 61 magistrats et 15 greffiers ont été présélectionnés pour conduire le jugement de ces crimes de masse.

Quatorze personnalités civiles et militaires sont inculpées par la justice guinéenne dans ce dossier. Parmi eux, l’ex chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, son ex aide de camp, Toumba Diakité (en détention depuis 2015), les colonels Moussa Thiegboro Camara, ancien patron des services spéciaux, Claude Pivi alias Koplan, ancien patron de la sécurité présidentielle, Abdoulaye Chérif Diaby, médecin-militaire, ancien ministre de la Santé. Ils sont accusés d’avoir joué un rôle dans la commission des atrocités qualifiées de crimes contre l’humanité.

Ce vendredi 26 août 2022, les magistrats et greffiers présélectionnés pour la tenue du procès se sont longuement entretenus avec le ministre de la justice, garde des sceaux, alors qu’une mission de la Cour Pénale Internationale est attendue en Guinée, début novembre. Depuis octobre 2010, la CPI a ouvert un examen préliminaire sur ce dossier. Mais pour Alphonse Charles Wright, la Guinée doit miser sur ses magistrats et greffiers Guinée pour conduire ce procès tant attendu.

"On ne peut pas parler du procès sans les acteurs qui doivent le tenir. C'est pourquoi on ne veut pas importer des magistrats ailleurs. C'est vous les magistrats et greffiers de Guinée qui avez la responsabilité morale devant l'histoire de pouvoir juger ces crimes de masse selon votre serment et intime conviction", a-t-il déclaré, réitérant la volonté de son département à assurer la sécurité de ceux qui seront retenus pour l'organisation de ce procès. 

Au moins 157 civils avaient été tués le 28 septembre 2009 au stade éponyme à Conakry, lors d’un rassemblement des forces vives qui protestaient à l’époque contre une éventuelle candidature de Moussa Dadis Camara à la présidentielle de 2010. Des femmes avaient aussi été violées en plein jour, selon une enquête menée par des experts de l’ONU (organisation des nations-unies).

L'objectif de la rencontre d'aujourd'hui est de préparer les acteurs qui vont conduire le procès du 28 septembre 2009 afin d’amener à bon port ce jugement qui a une dimension internationale. Une formation qui sera organisée pour ces magistrats s'étendra sur deux semaines.

"Un procès ne peut pas se faire sans les acteurs en l'occurrence les magistrats et les greffiers. Nous avons publié tout récemment une liste de 61 magistrats et de 15 greffiers qui sont là aujourd'hui pour la première rencontre avec le directeur du centre de formation judiciaire. Ils sont là, c'est pour pouvoir faire des observations sur le plan de formation de renforcement de capacité par rapport aux crimes de masse", ajouté le ministre.

Charles Wright relève que quand on regarde le processus par lequel ce dossier a été suivi, l'on se rendra compte qu'il y a assez de débats autour même de la qualification juridique des infractions poursuivies. Mais cette question a été réglée par la Cour Suprême, a-t-il indiqué.

"Les magistrats qui sont là dans le cadre de cette formation, vont non seulement échanger avec le comité technique et de suivi dirigé par Mme la secrétaire générale pour nous dire qu'est-ce qu'ils ont besoin en terme de formation pour qu’une fois que le choix sera porté sur chacun d'eux, qu'il puisse répondre aux attentes du procès", déclaré Wright. 

Ce procès est un défi pour la justice guinéenne, renchérit le ministre. « Ce défi, c'est la capacité de pouvoir répondre efficacement, professionnellement au jugement d'un procès aussi spécial et spécifique que celui du 28 septembre », explique M. Wright.

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel: (00224) 664 72 76 28

Créé le Vendredi 26 août 2022 à 20:51