Crimes en Guinée et saisine du FNDC : Ce qu’en dit le bureau du Procureur de la CPI…

Guinée
Karim Khan, Procureur de la Cour Pénale Internationale
Karim Khan, Procureur de la Cour Pénale Internationale

CONAKRY- C’est une exclusivité Africaguinee.com ! Suite aux manifestations de fin juillet à Conakry, soldées par cinq morts, le FNDC, mouvement citoyen dissous par la junte a adressé un signalement à la Cour pénale internationale (CPI). Le FNDC avait joint en annexe une liste de personnalités civiles et militaires qu’il considère comme étant les cerveaux de la répression des manifestations et de la violation des droits humains en Guinée. C’était le 1er août. Ce signalement avait été suivi, quelques jours plus tard par la transmission d’éléments comme des « preuves » des allégations de crimes.

Ce n’est pas tout. Suite à la mort de deux jeunes à Conakry le 17 août dernier, tués en marge d’une nouvelle manifestation anti-junte, une nouvelle saisine a été adressée au Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), Karim Khan. Par ces actions, maître William Bourdon et son confrère Vicent Brengarth sollicitent l’intervention du procureur de la CPI conformément au statut de Rome. Justement qu’en dit la Cour Pénale Internationale par rapport à ces saisines en cascades suites aux crimes récents commis en Guinée ? Africaguinee.com interrogé le Bureau du Procureur Karim Khan.

« En vertu de l'article 15 du Statut de Rome, tout individu ou groupe de n'importe où dans le monde peut envoyer des informations (communication) sur des crimes présumés au Procureur de la CPI, qui est tenu de protéger la confidentialité des informations reçues », a précisé la Cour Pénale Internationale, contacté par Africaguinee.com.

La Guinée est coutumière de violences cycliques qui se soldent souvent par des pertes en vies humaines. Qu’il s’agisse du régime d’Alpha Condé déchu en septembre dernier, ou encore des autres régimes qui l’ont précédé, des centaines de guinéens sont tombés dans des répressions sanglantes voire « sauvages » de manifestations politiques et sociales. Tous ces crimes sont restés impunis. Le cycle de la répression continue.

Au moins sept morts ont été enregistrés dans la répression des dernières manifestations organisés par le FNDC mais qui étaient interdites par la junte. La justice a ouvert des enquêtes sur ces crimes. Mi-août, le haut-commissaire des Nations-Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet s’est alarmée dans une lettre adressée au colonel Mamadi Doumbouya, sur la dégradation de la situation des droits humains en Guinée. Quel sort aura la saisine du FNDC ?

« Le Bureau du Procureur reçoit régulièrement des centaines de communications chaque année concernant différentes questions, notamment en rapport avec des situations faisant l'objet d'une enquête. Nous ne commentons pas les soumissions individuelles », a précisé le Bureau du procureur de la CPI.

A suivre…

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Vendredi 26 août 2022 à 14:28

TAGS