Boké: Le marché Yomboya construit sous Alpha Condé déserté par les commerçants…

Guinée
Le marché de Yomboya Boké
Le marché de Yomboya Boké

BOKE-Situé dans le quartier Yomboya (commune urbaine de Boké), le marché éponyme également appelé "400 bâtiments" est présentement infréquentable à cause de l'insalubrité qui a fini par chasser une bonne partie des commerçants.

L'abandon progressif de ce lieu de négoce construit en 2012 à l'occasion de la fête tournante de l'indépendance guinéenne tenue à Boké s'explique par la longue distance qui le sépare du centre-ville où se côtoient au quotidien des milliers de personnes (potentiels clients).

L'autre raison, non la moindre qui est à la base du départ massif des occupants de ce marché, c'est la baisse considérable de revenus. Une situation difficile à accepter par les commerçants, vendeuses de légumes et de divers articles qui ont tous préféré migrer vers le marché de Hangar à Khougnèwadé.

La mise en service du marché 400 bâtiments de Boké est consécutive à la démolition de celui de Görèye. Ce marché qui devrait être le principal pool d'attraction des commerçants ne suscite plus la convoitise.

A cause de l'insalubrité dans laquelle se trouvent les installations, rares sont ceux qui ont aujourd'hui le courage d'emprunter le chemin menant à ce marché, devenu invivable et peu enviable. Tous les petits hangars situés à l'intérieur du marché sont inoccupés par les femmes étalagistes qui, en lieu et place des hangars, préfèrent s'installer dehors en s'exposant au soleil et à la pluie. Ces hangars servent finalement de toilettes pour des personnes qui n'hésitent pas à déféquer sur les tables.

En dépit de toutes les difficultés marquées surtout par la faible affluence des clients, certaines femmes gardent espoir et continuent à étaler leurs produits. 

Assise isolée sous un des hangars vides, Jeannette Grovogui n'est pas prête à faire comme les autres, qui n'ont pas mis du temps à quitter pour de bon le marché 400 bâtiments.

 « Je suis seule ici malgré le manque de clients. Mais j'ai la conviction que tôt ou tard ce marché sera inondé de monde. Je n'irai nulle part, je reste là. Je quitte loin pour venir me débrouiller ici. Parfois les gens se moquent de moi mais je sais ce que je veux. Vous voyez l'état de ces hangars, la façon dont ils sont impropres ? D'ailleurs c'est ma présence qui dissuade ceux qui veulent venir se soulager ici pendant la journée » a-t-elle confié.

Après la destruction du marché de Görèye, c'est ce marché qui était destiné à être le plus grand centre de commerce dans la commune urbaine de Boké. Mais pour certains, à cause du manque d'une politique de gestion efficace proposée par les autorités communales de Boké, plusieurs commerçants et femmes étalagistes continuent à se trouver des places au marché Hangar qui refoule actuellement du monde. 

Aux dires de beaucoup de citoyens qui sont au regret d'assister à cet abandon, les marchés qui constituent une source importante dans la mobilisation des recettes pour les municipalités, sont devenus de nos jours de véritables vaches laitières. Ce, en complicité avec des administrateurs de marché.

L'autre constat peu reluisant, c'est le défaut d'un plan organisationnel. Sur les lieux, des petits conteneurs sont installés de façon anarchique dans l'enceinte du marché. 

A cause de l'abandon de ce nouveau marché, peut-on dire que le gouvernement a englouti des milliards inutilement ? La question est sur toutes les lèvres dans les espaces de rassemblement à Boké.

Depuis Boké, OUMAR SORY CAMARA

Pour Africaguinee.com

Créé le Vendredi 19 août 2022 à 11:14

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