Retour des civils au Pouvoir : l'exécution de la 1ère étape divise la classe politique…

Guinée
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne, Dr Edouard Zotomou Kpogomou et Dr Faya Milimouno, photomontage Africaguinee.com
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne, Dr Edouard Zotomou Kpogomou et Dr Faya Milimouno, photomontage Africaguinee.com

CONAKRY-En Guinée, le président de la transition Colonel Mamadi DOUMBOUYA a pris un acte instituant le Recensement Général de la Population et de l'Habitation « RGPH4 », première action des 10 étapes définies par la junte dans le processus devant aboutir au retour à l’ordre constitutionnel.

Le RGPH 4 vise principalement à obtenir des informations fiables sur l'effectif de la population, sa répartition géographique, sa structure, sa dynamique, et ses caractéristiques sociodémographique et économique en vue d'une meilleure prise en compte des questions des populations dans l'élaboration, le suivi, et l'évaluation des politiques, des programmes de développement économique et social. 

Stratagème pour rallonger la transition

Au sein de la classe politique, ce programme phare de la junte ne fait pas l’unanimité.Certains acteurs désapprouvent cette décision du colonel Mamadi Doumbouya, qui selon eux, vise à rallonger la transition. C’est le cas de Dr Édouard Zoutomou Kpogomou, président de l'Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès (UDRP), une des figures de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD). Pour lui, commencer à dérouler l'agenda de la transition par cette activité -qui nécessite un appui technique et financier des partenaires- est un stratagème visant à retarder le retour à l'ordre constitutionnel.

« On ne peut pas faire ce recensement sous fonds propres et dans les conditions actuelles. A mon avis, ce n'est pas une nécessité dans le contexte actuel. On avait des problèmes sur le fichier électoral mais qui avaient été plus ou moins résolus avec l'implication de la CEDEAO et de l'OIF qui avaient envoyé une délégation pour en extirper près de 2 millions de fictifs. C'est avec ce fichier qu'on est allés aux élections même si on n'était pas d'accord. Et, sur la base de ce fichier, nous avons battu Alpha Condé aux élections (…). 

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Ça veut dire qu'on peut aller aux élections sur la base d'une retouche de ce même fichier. C'est ce qu'on devrait faire pour la transition. A chaque transition, on n'a pas besoin de faire un recensement. C'est très coûteux et dans les conditions actuelles, l'Etat n'a pas de moyens. C'est pourquoi, on demande l'assistance financière des partenaires. Ce n'est pas nécessaire. C'est fait pratiquement pour rallonger la transition. C'est tout », a fustigé Dr Zoutomou.

Une décision à saluer

Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral (BL) a un avis contraire. Cet acteur politique a salué le décret portant institution et organisation du Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH4). Car selon lui, c'est une réponse aux nombreuses questions que les acteurs politiques et sociaux se posent sur le démarrage effectif de l'agenda de la période transitoire.

Un pas franchi

« Quand on parle de Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH4), les opérations elles-mêmes sur le terrain durent simplement quelques semaines. Quant à la préparation, elle prend des mois voire plus d'une année. Donc, le fait que cela soit en marche rassure et montre que nous avons pris effectivement le départ dans la mise en œuvre de tous les éléments inscrits à l'agenda pour le retour à l'ordre constitutionnel. C'est un pas franchi que nous saluons et que nous continuerons à encourager », a déclaré Dr Faya Millimono président du BL.

Siba Engagé

Pour Africaguinee.com

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Créé le Samedi 13 août 2022 à 20:33