Crise de carburant : Immersion dans le quotidien difficile des habitants de Conakry

Guinée
Des citoyens faisant la queue devant une station service à Conakry pour s'approvisionner en carburant
Des citoyens faisant la queue devant une station service à Conakry pour s'approvisionner en carburant

CONAKRY- Les habitants de la capitale guinéenne sont frappés de plein fouet par la crise de carburant que vit le pays en ce moment. Depuis le lundi 20 juin 2022, plusieurs stations services ont fermé ce, au grand dam des automobilistes et autres qui ne savent plus à quel saint se vouer. 

Sur le terrain, les conséquences de cette situation qui semble perdurer affectent le quotidien des habitants dont la plupart a décidé de ne plus sortir de la maison jusqu'à ce les autorités annoncent la bonne nouvelle.

Circuler en ce moment dans les rues de Conakry est un luxe. Car, rares sont des détenteurs d'engins roulants qui parviennent à s'offrir un litre d'essence qui se négocie à des prix exorbitants sur le marché parallèle ( 45.000 GNF à 50.000 francs guinéens). 

Sur les principales artères très usitées, l'on se croirait à une journée ville morte. En lieu et place des interminables bouchons qui se forment à des heures de pointe (8h-16 heures), la chaussée est quasi déserte du fait que les véhicules cirulent à compte goutte. En grande partie, cette atmosphère de paralysie s'explique par l'absence dans la circulation des taxis qui assurent l'essentiel du trafic routier dans la capitale Conakry. Le carburant étant en manque dans les stations services, les chauffeurs qui n'utilisent que l'essence, n'ont d'autre choix que de garer leurs engins. 

« Nous ne travaillons pas à l'heure là. Il n'y a pas d'essence. Cette situation m'impacte assez parce que j'ai la famille à la maison. Si je ne roule pas, forcément la dépense va manquer », se lamente Mamadou Samba Diallo, chauffeur sur l'axe Kagbélen-Kaloum.

Si certains chauffeurs sont au repos forcé à cause de la crise de carburant, d'autres continuent à rouler. Leur chance est que les taxis qu'ils utilisent consomment le gasoil qui n'est pas concerné par la rupture. Toute fois, la clientèle a fortement baissé à cause aussi de la rareté des passagers dans la circulation.

« C'est vrai que l'essence est en manque mais mon véhicule consomme le gasoil. Le prix du tronçon n'a pas changé. Il est toujours à 2000 francs guinéens. A l'image de ceux qui ne travaillent pas, nous peinons à avoir des clients. La circulation est moins dense. Pour remplir le véhicule, on peut passer 30 à 45 minutes », s'est plaint à son tour Samba Djouma rencontré à Cosa.

Du côté des conducteurs de taxi-motos, les plaintes ne finissent pas. Contraints parfois d'acheter le litre à 40.000 francs guinéens, les jeunes qui pratiquent cette activité très prisée pour échapper au chômage, augmentent les frais de transport conformément à la loi du marché. Par exemple, avant la crise de carburant, de Cosa jusqu'à Kaloum, le passager payait 30.000 francs guinéens. Mais aujourd'hui, sur le même trajet, une différence de 10 à 20 milles francs guinéens est constatée. Au lieu de 30.000 francs guinéens, certains conducteurs de moto-motos vont jusqu'à demander 100.000 francs guinéens. A prendre ou à laisser ! 

 

Siba Engagé

Pour Africaguinee.com

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Créé le Vendredi 24 juin 2022 à 9:02

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