Guinée : Le Gouvernement réagit face aux exigences de la CEDEAO…

Transition Guinéenne
Ousmane Gaoual Diallo, porte-parole du gouvernement de transition
Ousmane Gaoual Diallo, porte-parole du gouvernement de transition

CONAKRY-Comment réagit le Gouvernement guinéen face aux exigences de la CEDEAO ? Conakry va-t-il accepter la nomination d’un médiateur ? Les autorités guinéennes envisagent-telles de revoir le chronogramme de la transition ? Ousmane Gaoual Diallo, le porte-parole du Gouvernement de la transition guinéenne a répondu aux questions d’Africaguinee.com.

 

AFRICAGUINEE.COM : Faute d’accord, les dirigeants de la CEDEAO ont reporté à un mois leurs décisions sur la Guinée, le Mali et le Burkina, objet de leur rencontre le 04 juin à Accra. Comment analysez-vous cette situation ?

OUSMANE GAOUAL DIALLO : Nous pensons que c’est une opportunité pour les uns et les autres de s’écouter. Et que, comme l’a prévu la CEDEAO, elle enverra une mission à Conakry pour comprendre le contexte et la situation guinéenne. Parce qu’au sortir de ce sommet, on se rend compte que chaque pays est spécifique et qu’il n’y a pas de traitement standard pour toutes les situations. Ce qui est bonne chose. Nous attendons maintenant que la CEDEAO vienne observer, être à l’écoute, prendre la mesure de la situation et éventuellement accompagner la Guinée à sortir de la transition. C’est ce que nous attendons.

La deuxième chose, sur le chronogramme, ce qui a été demandé, c’est de le préciser. Depuis quelques semaines, nous sommes dans cette démarche. Nous avons proposé un chronogramme avec les différentes étapes nécessaires pour le retour à l’ordre constitutionnel. Nous allons continuer de faire cet exercice d’explications parce que l’ensemble des points contenus dans ces différentes étapes peuvent se résumer en trois point simplement. Il y a la partie qui concerne le fichier électoral, il y a celle qui concerne le toilettage des textes et les institutions et la partie processus électoral. Après s’ils estiment qu’il y a des choses superflus, nous allons les écouter.

 Mais pour arriver à cette conclusion, nous pensons que même à l’intérieur de la Guinée, il n’y a pas quelqu’un qui dit que telle étape est superflue ou n’est pas nécessaire. Ce que les uns et les autres discutent aujourd’hui, c’est la durée que cela peut prendre. Après, dans la pratique on peut toujours voir. Nous ne voyons pas d’autres mécanismes.

Nous sommes disposés à faire cette pédagogie aussi bien pour nos concitoyens que pour nos partenaires de la CEDEAO. C’est d’ailleurs cet exercice qui nous a conduit à l’intérieur du pays pour expliquer. Parce que pendant cette tournée immersion du Gouvernement, nous profitons aussi pour étayer, mieux expliquer pour que nos concitoyens comprennent le processus qui est engagé.

Pour ce qui est de la durée, la CEDEAO a exprimé une « vive préoccupation » et a exigé la finalisation d'un calendrier de transition acceptable. Que répondez-vous ?

C’est normal qu’on se préoccupe quand on ne comprend pas. C’est tout à fait aussi normal qu’on essaie de comprendre et c’est notre responsabilité d’expliquer. C’est ce que nous allons faire.

Le sommet a reconfirmé la désignation de Mohamed Ibn CHAMBAS comme médiateur dans la crise Guinéenne. Est-ce opportun à votre avis ?

Pour nous, ce qui est essentiel, il faut qu’on se retrouve, qu’on discute. De la compréhension qui sortira de ces discussions-là, on verra la suite.

Quid du cadre de dialogue qui est aussi une autre demande formulée par la Cedeao vis-à-vis du Gouvernement guinéen ?

Le cadre de dialogue est là. C’est un cadre qui est mis en place sans aucune exclusive. Ce cadre de concertation est là pour être à l’écoute de tous les guinéens. Maintenant, toutes les parties souhaitent être autour de la table pour le dialogue soit fécond. Qu’il y ait un médiateur ou non, si les parties en présence ne veulent pas se mettre autour de la table pour poser réellement les problèmes et essayer de sortir de cette situation-là, évidemment ça va être compliqué.

A suivre…

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112

Créé le Lundi 06 juin 2022 à 11:15