Béavogui aux jeunes : "N’acceptez pas de vous faire tuer pour quelqu'un…"

Guinée
Mohamed Beavogui, Premier ministre de la transition Guinéenne
Mohamed Beavogui, Premier ministre de la transition Guinéenne

N’ZÉRÉKORÉ- Pendant que les partis politiques les plus importants du pays, ainsi que certaines organisations de la société civile menacent d’organiser des manifestations dans le pays, pour s’opposer aux velléités de la junte de s’éterniser au Pouvoir, le Premier ministre Mohamed Béavogui est sortie de sa réserve. Le chef du Gouvernement est descendu dans l’arène pour dire ses « vérités » de manière crue. Il a lancé un appel peu ordinaire aux jeunes, leur demandant de ne pas « accepter » de se faire "tuer" pour quelqu’un.

« Moi j'ai passé une grande partie de ma vie à l'étranger même si je venais au-moins trois fois par an. Mais vous ne pouvez pas vous imaginer comment ça vous fait mal au cœur, quand vous regardez les réseaux sociaux ou la télé et que vous voyez des enfants mourir, des enfants brûlés, des enfants blessés, des maisons qui sont détruites. Ça fait mal et très mal quand vous êtes assis au milieu de l'étranger. Les gens se demandent mais pourquoi ça doit arriver ? Et qui sont les premières victimes ? Ce sont les jeunes. Est-ce que vous allez accepter de continuer à vous faire tuer pour quelqu'un ? Sortez de ça. Ne mourrez pas pour quelqu'un. Mourrez pour vous-mêmes », a lancé Mohamed Béavogui.

Ce message du chef du gouvernement guinéen intervient alors qu’une bonne partie de la classe menace de descendre dans la rue pour protester contre la durée de la transition fixée à trois ans, mais aussi contre le déficit de dialogue. Les trois plus grandes formations politiques du pays ont décidé de faire front commun pour faire plier la junte. Mohamed Béavogui fait les yeux doux aux jeunes souvent en première ligne lors des manifestations politiques, leur demandant d’accompagner le colonel Doumbouya dans sa dynamique actuelle de redresser le pays.

« Le colonel est pour vous, il est avec vous, pour créer des conditions pour que vous puissiez avoir un pays normal. Un pays qui a de l'eau, de l'électricité, des écoles, des maisons et des jeunes qui sont heureux. Créer un pays où quand les mines sortent, elles servent le pays. L'année dernière nous avons exporté (100.000.000) cent millions de tonnes de bauxite. Ça représente entre 6 et 8 milliards de dollars. Vous savez ce que la Guinée a gagné dedans ? Presque rien. C'est ça la réalité, très peu, même pas le dixième. Pendant ce temps, il n'y a pas de routes, il n’y a pas d'école.

C'est pour ça que nous avons décidé de renégocier certains aspects du Simandou. Parce qu'on veut que Simandou vous profite. C'est pour vous dire que le CNRD et son gouvernement sont là pour vous. Alors nous vous tendons la main, travaillons ensemble. Pensons à ce pays. Faisons-en un beau pays. Mais ça veut dire qu'il faut que chacun de vous se donne le courage d'abord de bien travailler à l'école. Se donne le courage de bien travailler dans son poste de travail. Refusez qu'on vous mélange. Refusez qu'on vous envoie du fer, blesser, frapper, vous tuer. Pensez à vous ! (…) Nous comptons sur vous et nous ne voulons entendre à Nzérékoré que la paix », a martelé M. Béavogui.

A suivre…

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d'Africaguinee.com

A Nzérékoré

Tél : (00224) 628 80 17 43

Créé le Mercredi 25 mai 2022 à 16:59