Mohamed Samoura d’Espace Foutah : ‘’Pourquoi nous sommes en grève…’’

Moyenne Guinée
Mohamed Samoura
Mohamed Samoura

LABE-Depuis le 17 mai, les auditeurs de la Radio Espace Foutah sont privés des programmes habituels de leur médium de proximité. Cette perturbation est due à une grève générale et illimitée déclenchée par un collectif des travailleurs dudit media. Les grévistes revendiquent une amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Pour en savoir davantage sur l’origine de cette grogne, nous avons interrogé Mohamed Samoura, un des journalistes grévistes.

« A maintes reprises, on a fait des revendications qu’on a mis sur papier. On a donné à la direction régionale, par après c’est des promesses qui ne sont jamais réalisées. On s’est réorganisés pour que cette fois-ci, on ait gain de cause. On a signifié à notre directeur régional qu’on souhaiterait avoir un entretien avec Lamine Guirassy, le PDG, lors de son passage à Labé.  C’était pour qu’on lui dise face à face ce qu’on a envie parce que vraiment on avait l’impression que nos revendications ne lui parvenaient pas. On s’est entendu sur ça.

Mais à notre grande surprise Lamine est venu à Labé il a fait près de deux semaines. Moi personnellement, ça fait 10 ans que je travaille dans la boite mais c’est la première fois qu’il vienne à Labé sans mettre pied à la radio. Il nous a évités. Et nous nous sommes dit que ça c’est un mépris. On s’est dit qu’il a été avisé. Donc, pendant tout son séjour, nous n’avons pas pu le rencontrer.

Dès qu’il est rentré, on a fait un mémorandum, on a demandé à tout le monde de signer. Sur les 13 du collectif, tout le monde a signé sauf un qui s’est finalement rétracté. On a scanné le document et le lui a envoyé. Il a confirmé la réception de notre mail et il a promis de traiter. On est resté un mois sans réponse. C’est ainsi qu’on s’est dit de passer à la vitesse supérieure.

On a saisi l’inspection du travail pour lui faire part de notre volonté d’aller ne grève, on a écrit au PDG pour l’informer d’un préavis de grève. Deux jours après, il nous a confirmé qu’il a reçu le document et que la grève est un droit mais que l’entreprise est structurée. (…) Le préavis de grève, selon la loi, c’est 10 jours francs. A 4 jours du délai, on a appelé le directeur régional pour l’informer que d’ici lundi, si rien n’est fait, le mardi 17 mai, nous serons en grève. Il a dit d’accord. Le collectif des travailleurs a écrit à l’inspection du travail pour l’informer que si rien n’est fait avant la fin de l’ultimatum, on sera en grève.

Il s’est entêté. Et c’est dommage qu’on en arrive là parce qu’on s’est battu pour cette radio. Depuis 10 ans, il n’y a jamais eu de revendications, les gens sont restés là. Et la vie, elle évolue. Beaucoup de choses ont changé, la vie est devenue de plus en chère alors que nous nos salaires n’ont jamais considérablement évolué. Nos conditions de travail ce n’est pas le confort total. Nous, on s’est dit que l’entreprise doit grandir avec les travailleurs. Espace Foutah, c’est la première en région, Espace Foutah a grandi sans nous. On a fait grandir l’entreprise mais nous est on est encore petit. Or, il faut qu’on grandisse ensemble », a expliqué ce membre du collectif en grève.

Ce samedi 21 mai, l’inspecteur régional du travail de Labé a convié le collectif des journalistes grévistes à une rencontre avec le directeur des ressources humaines du groupe HADAFO MEDIAS. Pour l’heure, l’on n’en sait pas trop sur les conclusions de cette rencontre. Une source nous a confié que les négociations ont permis l’acquisition de certaines réclamations.

Nous y reviendrons !

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 114

Créé le Samedi 21 mai 2022 à 21:35