Guinée : La junte accusée de perpétuer les "abus" commis sous Alpha Condé

Guinée
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne

CONAKRY-En Guinée, la junte militaire au pouvoir avec à sa tête, colonel Mamadi Doumbouya est accusé de perpétuer les abus commis sous la présidence d’Alpha Condé, reversé le 05 septembre 2021.

Les nouveaux maître de Conakry, sont appelés à revoir leur copie en se conformant à la Loi et à garantir les libertés d’expression et de manifestation à tous les citoyens. Le 13 mai dernier, les militaires au pouvoir ont interdit les manifestations politiques dans le pays. Cette décision ne laisse pas indifférent les défenseurs des droits de l’Homme.

« Par cette décision les autorités de la transition perpétuent la violation du droit de réunion pacifique fréquemment commise sous la présidence d’Alpha Condé qu’elles ont renversé le 5 septembre 2021. Elles en font même une règle destinée à être appliquée possiblement pendant plusieurs années et pour des motifs vagues, en violation du droit international, sachant qu’aucun chronogramme officiel quant à la tenue des prochaines élections n’a jusqu’à présent été présenté aux Guinéens », dénonce Samira Daoud d’Amnesty International.

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L’adoption du chronogramme de la transition par le CNT a exacerbé les tensions. Une frange importante de la classe politique dont le -RPG arc-en-ciel, UFDG, UFR-, tout comme le FNDC, rejette ledit chronogramme arrêté à 3 ans. Elle projette des manifestations pour contraindre le CNRD à plus d’ouverture et de conciliation dans la conduite de la transition. Amnesty appelle la junte à rétablir sans délai le droit à la liberté de réunion pacifique.

« Le droit à la liberté de réunion pacifique est protégé par l’article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et par l’article 11 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Cette décision contrevient également à la charte de la transition voulue par le CNRD et signée le 27 septembre 2021 par le chef de l’Etat, dont l’article 34 stipule que les libertés d’association, de réunion, de presse et de publication sont garanties.

Les autorités guinéennes doivent rétablir sans délai le droit à la liberté de réunion pacifique, et s’assurer que les forces de l’ordre respectent et facilitent la possibilité pour toutes les personnes en Guinée de s’exprimer et de manifester de manière pacifique, y compris en amont et durant les périodes électorales », appelle la Directrice Régionale du bureau d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre International.

Cet appel sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr !

A suivre…

Africaguinee.com

Créé le Jeudi 19 mai 2022 à 17:53