Guinée : Levée de "boucliers" suite à l'interdiction des manifestations par la junte

Guinée
Des militaires dans les rues de Conakry le jour du coup d'Etat du 05 septembre
Des militaires dans les rues de Conakry le jour du coup d'Etat du 05 septembre

CONAKRY- L’interdiction des manifestations, en violation de l’article 8 de la charte de la Transition, par le Comité National de Rassemblement pour le Développement (CNRD), soulève des inquiétudes en Guinée. La junte militaire est appelée à revoir sa copie en garantissant les droits des citoyens.

Préoccupée par cette mesure de restriction des libertés citoyennes qui exacerbe les tensions sociopolitiques dans le pays, alors qu’une frange importante de la classe politique et des acteurs sociaux continue à dénoncer l’absence d’un cadre de dialogue inclusif, les défenseurs des droits humains tirent la sonnette d’alarme.

L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen rappelle que la Guinée est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples qui garantissent tous le droit de manifestation. A ce titre, elle en appelle au CNRD à œuvrer pour garantir le respect du droit à la manifestation conformément aux obligations internationales souscrites librement.

Ce vendredi, le Comité National de Rassemblement pour le Développement (CNRD) a pris acte de l’adoption par le Conseil national de transition (CNT) de la durée de la transition fixée à trois ans. Il a aussi annoncé l’interdiction des manifestations politiques sur toute l’étendue du territoire.

« Tout manquement aux présentes directives entraînera des conséquences de droit contre son ou ses auteurs », a menacé le CNRD dans son communiqué. Ces « dérives autoritaires » sont dénoncées avec force. Hier soir, le FNDC a martelé qu’il ne se soumettra pas à cette interdiction.

Face aux risques très élevé de confrontation, l’OGDH appelle à la mise en place d’un cadre de dialogue inclusif des acteurs représentatifs de la Nation pour discuter des questions essentielles de la transition, afin de permettre un retour rapide à l’ordre constitutionnel et « éviter de plonger le pays dans un lendemain incertain ».

A suivre...

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Samedi 14 mai 2022 à 14:42