L’ex ministre des Transports d’Alpha Condé voulait-il "fuir" la Guinée ? Mohamed Keita brise le silence…

Guinée
Mohamed Keita, ancien ministre des Transports
Mohamed Keita, ancien ministre des Transports

CONAKRY- C’est une exclusivité Africaguinee.com. Alors que les spéculations vont bon train depuis qu’il a été « appréhendé » lundi 2 mai 2022, vers la frontière Kourémalé dans la partie septentrionale de la Guinée, l’ex ministre des Transports Mohamed Keita a brisé le silence.

Voulait-il fuir la Guinée ? Comment a-t-il été appréhendé ? Pourquoi se rendait-il à Bamako ? Joint tard dans la nuit du lundi à mardi 03 mai 2022 par Africaguinee.com, M. Keita a apporté des précisions. Explications.

 

AFRICAGUINEE.COM : La toile s’enflamme sur vous depuis ce soir. On raconte qu’on vous a arrêté alors que vous tentiez de fuir le pays. Que s’est-il passé ?

MOHAMED KEITA : Hier soir en priant à Kankan, j’ai eu des claquements dans le dos, précisément au niveau des reins. C’est descendu vers les pieds. Mais avant de bouger à Conakry, j’avais fait un faux pas avant d’arriver samedi. Donc, je n’ai même pas pu aller à la prière. Du coup, dès après la prière, j’ai dit que je ne peux pas prendre un véhicule me retourner à Conakry sur la mauvaise route qu’on connait dans mon état. Je vais aller à Bamako prendre un vol pour Conakry.

Donc, c’est comme ça que nous avons bougé de Kankan. Je suis venu avec mon chauffeur jusqu’à un niveau (près de la frontière) où on a eu une panne d’essence. Ils ont décidé de s’approvisionner dans le marché noir où on vend dans de petites bouteilles. Entretemps, j’ai eu un besoin pour me soulager. J’ai pris une moto pour m’amener devant. Arrivé au niveau du poste de police avant Kourémalé, on s’est garé, on s’est salué avec les agents, je me présenté à eux, avant de continuer pour aller me mettre à l’aise dans une concession. Après je suis allé m’assoir sur une chaise pour les attendre. Ma voiture arrive au niveau du poste de police, on demande au chauffeur qui est le propriétaire. Il leur répond que c’est lui est qui était passé avant sur la moto. C’est ainsi que les agents ont pris leur moto pour me trouver devant là où j’attendais mon chauffeur.

Je leur ai expliqué que je ne fuis pas. Au contraire, je suis sorti plusieurs fois sorti du pays depuis le coup d’Etat et rentré sans aucun souci. Je leur ai dit que je ne me reproche rien, je ne suis pas menacé, je ne suis pas arrêté. Mieux, je suis avec un passeport ordinaire sans visas. Je leur ai donné ma raison. C’est parce que je ne me sens pas bien, je ne peux aller sur la route de Kankan-Conakry. Ma hanche était bandée, je leur ai montré ça, je leur ai montré les antalgiques que je prends.  La ceinture que je porte m’empêche même de m’arrêter. Donc, je ne fuis pas.  Surtout que dès après la prise du pouvoir, je suis sorti du pays. Si j’avais quelque chose à me reprocher, je n’allais pas revenir. Mais ils n’ont rien voulu comprendre. Ils m’ont trimballé jusqu’à Siguiri. Nous sommes là.

Des rumeurs disent que vous sériez même gardé dans un commissariat. Où êtes-vous exactement ?

Je suis dans un hôtel.

Dans quel état êtes-vous ?

Les douleurs persistent. Ils m’ont même envoyé un docteur qui m’a visité et m’a recommandé de prendre ses médicaments et de faire la radio pour voir s’il n’y a pas une fracture. Il vient juste de quitter (23h).

Avez-vous interpelé les hautes autorités ?

Mon frère, quand les gens cherchent la sensation, ils ne cherchent pas de raison. Sinon je leur ai demandé de fouiller mes bagages. Je n’ai qu’un passeport ordinaire simple tout juste pour aller à Bamako et rejoindre Conakry. Si quelqu’un voulait fuir, c’était à la prise du pouvoir lorsque tout était chaud. Je suis parti et je suis revenu au moins quatre fois. Et, les autorités sont au courant de toutes mes sorties. Je ne me cache pas. Je ne pensais pas qu’il était interdit de sortir (…)

Les gens aiment la sensation. Sinon je ne suis pas en train de fuir. Je n’ai pas de raison pour fuir. Si je voulais partir en occident, j’allais poser le problème. Je l’avais fait auparavant, je n’ai pas rencontré d’objections, alors pourquoi je vais fuir ? Cette fois-ci, c’est un cas de force majeure parce que réellement j’ai des douleurs.

Depuis qu’on m’a appréhendé aujourd’hui, je ne peux même pas m’arrêter. C’est maintenant que le médecin qui vient de quitter m’a recommandé des médicaments.

A suivre…

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Mardi 03 mai 2022 à 3:38