Simandou : Un accord-cadre de 15 milliards de dollars signé entre la Guinée, WCS et Rio Tinto

Guinée
Signature d'un accord cadre pour l'exploitation du fer de Simandou, capture d'écran
Signature d'un accord cadre pour l'exploitation du fer de Simandou, capture d'écran

CONAKRY-Un nouvel accord-cadre tripartite a été signé entre le Gouvernement guinéen et les deux géants miniers Winning Consortium Simandou (WCS) et le groupe Rio-Tinto Simfer, pour l'exploitation des minerais de fer enfouis dans Simandou. Ce mégaprojet minier d’une envergure mondial prévoit un investissement de 15 milliards de dollars sur 35 ans.  

Simandou présente des enjeux majeurs pour l’avenir de l’économie Guinéenne. C’est plus grand projet minier des 30 prochaines années dans le monde. Ces gigantesques chaines de montagne situées dans le sud-est du pays contiennent les plus grandes réserves de minerai de fer jamais exploitée dans le monde. Faute d’accord entre les parties, le projet était en veilleuse, cette richesse était toujours restée en jachère depuis des décennies. Et face au statuquo qui perdurait, Mamadi Doumbouya avait décidé le 10 mars dernier de suspendre soudainement toutes les activités. Visiblement ce petit moment de pause a été mis à profit par l’Etat guinéen et ses partenaires, WCS et Rio Tinto pour s’entendre sur certains aspects du projet.

Selon le ministre guinéen des Mines et de la Géologie, Simandou qui est le gisement le plus riche du monde. Les réserves sont estimées à plus de 4 milliards de tonnes. Ce gisement de fer le plus convoité au monde sera exploité par le Groupe Rio-Tinto Simfer pour les Bloc 3 et 4 et Winning Consortium pour les Blocs 1 et 2 pour une durée d’exploitation de 35 ans. 

Ce nouvel accord cadre prévoit un pactole de 15 milliards de dollars, réparti entre la réalisation d’infrastructures et du développement minier. Un chemin de fer long de 670 km sera réalisé à cet effet et un port en eau profonde dans la zone de Forécariah.

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Aux dires de Fadi Wazni de Winning Consortium, cet accord-cadre va permettre le développement conjoint de ce projet, qui s’avère être un projet gigantesque.

‘’L’effort de tous va permettre une accélération du processus et une reprise du travail dans de meilleures conditions pour que ce projet arrive à maturité et puisse amener plus de développement et de plus richesse en Guinée. ll y aura le trans-guinéen,  un chemin de fer d’environ 670 km, et une bretelle en haut pour séparer les quatre blocs. Ce projet va amener la prospérité en termes d’emplois, de redevances, d’impôts et de développement humain pour notre pays’’, a souligné Fadi wazni, de Winning consortium.

De son côté, le Directeur général de Rio Tinto Simfer, pense que le co-développement est un très bon modèle de projet de développement. ‘’Nous pensons que le co-développement est un très  bon modèle de développement, en partie à cause des grands fonds, des grands capitaux réunis pour apporter l’expertise de chacun. Et on a vraiment hâte de continuer à travailler ensemble avec nos nouveaux partenaires et l’Etat guinéen » a déclaré Géraud Moussarie.

Selon Moussa Magassouba, ministre des Mines et de la Géologie, l’heure est à la satisfaction et aux remerciements de deux partenaires de la Guinée, qui ont mis leur égo de côté pour revenir à un partenariat gagnant-gagnant.

‘’ Les partenaires vont s’occuper de la réalisation des infrastructures ferroviaire et portuaire, c’est-à-dire de Beyla à Forécariah (670 km) et le port en eau profonde à Moribayah (Forécariah). Avant, la Guinée avait 0%, donc 0 GNF. Donc on a négocié et on est parvenus à avoir 15% des rails, 15% du port, 15% des mines’’ a-t-il dit.

 La seconde innovation, selon le ministre Magassouba, dans les conventions initiales de base, il était dit que quand les sociétés construisent ces infrastructures, elles les utiliseront jusqu’à 30 ans avant qu’elles ne reviennent à la Guinée. Désormais ce n’est plus le cas, la donne change.

« Nous sommes parvenus à obtenir que ces infrastructures-là, dès leur réalisation à l’instant T, vont devenir propriété de l’Etat. Nous allons créer une agence nationale de gestion de la structure ferroviaire et portuaire, comme cela se fait dans plusieurs pays. Nous avons dit que les infrastructures qui vont être construites, les rails en particulier, ne seront pas seulement pour le minerai. Ça va être un multi usage ; ça va être pour le minerai pour les miniers, pour les passagers, pour les produits agricoles, pour les personnes et leurs biens. Ça a été l’une des conditions les plus strictes que l’Etat guinéen a posée. Pour que ce projet ait lieu, il faut que cette option soit garantie. On a aussi insisté sur le fait que toute autre société minière qui va s’installer dans ce corridor, donc dans cette partie Sud-Est de la Guinée, aura accès à ces rails-là conformément à la capacité de roulage des infrastructures ferroviaires.

Nous avons aussi insisté sur le contenu local. Jusqu’à l’arrêt des travaux, la plupart des entreprises-là étaient purement étrangères. Nous avons dit que dorénavant, pour l’exécution de tous les contrats de ce projet-là, il faut absolument qu’il y ait une partie guinéenne. Nous avons ensuite demandé la formation des Guinéens. Chaque entreprise qui vient s’installer en Guinée maintenant, la formation, le transfert du savoir deviennent une obligation et cela n’est pas négociable’’, a déroulé le ministre Moussa Magassouba, avant d’insister sur le chronogramme de réalisation de ces différents programmes.

‘’L’exécution des 670 km des rails et le port en eau profonde doit être réalisée d’ici décembre 2024. Quant à la première production commerciale, elle doit se faire au plus tard le 31 mars 2025’’ a précisé  le ministre guinéen des mines.

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 655 31 11 13

Créé le Dimanche 27 mars 2022 à 10:53

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