Atrocités à Macenta : De lourdes peines prononcées contre plusieurs accusés

Guinée forestière
Des accusés dans les violences intercommunautaires de Macenta
Des accusés dans les violences intercommunautaires de Macenta

N'ZEREKORE- Le verdict est tombé ce mardi 25 janvier 2022 ! Le procès des accusés dans le dossier des violences intercommunautaires survenues à Macenta en décembre 2020 vient d'être bouclé. Après une année de détention préventive à la maison centrale de Nzérékoré, les mis en causes ont été situés sur leurs sorts.  Ouvert le 30 décembre dernier, puis renvoyé au 10 janvier 2022, le procès a vu la comparution de 38 accusés alors que 27 autres sont en fuite.

Dans son verdict, le président du tribunal de Macenta, Aboubacar Mafèlè Camara a renvoyé une trentaine d’accusés des fins de la poursuite et a ordonné leur mise en liberté immédiate.

Ce sont : Péma Sakouvogui alias Foromo, Tanou Koivogui, Siba Sakouvogui, Yako Sakouvogui, Gnakoye Guilavogui, Koï Soropogui, Zézé Dopavogui, Kaliva Koivogui, Kpokpa Pivi, Noko Onivogui, Pévé Kalivogui, Marcel Béavogui, Zézé Guilavogui, Barret Kalivogui, Siné Beavogui, C. Marc Koly, Kaman Sakouvogui, Pé Maomy, Ansoumane Samory Camara, Mohamed Camara alias Rougeau, Martin Soropogui, Massa Guilavogui, Mory Touré, Sékou Kanté, Mamady Sampil Camara, Bangaly Fofanah et Karamo Touré. Ils ont été déclarés non-coupables de tous les faits à eux reprochés. Le tribunal a ordonné dans la foulée leur mise en liberté immédiate.

Avant le procès, deux accusés sont décédés pendant leur détention préventive à la maison centrale, éteignant ainsi l'action publique à leur égard. Il s’agit de Fassou Théoro et Doua Beavogui.

Toutefois, le tribunal a déclaré Koly Beavogui et Moussa Dian Fofanah coupables d'attroupement, Mory Cissé, coupable de coups, blessures et violences volontaires. Akoi Koivogui et Barret Sakouvogui, ont été quant à eux déclarés coupables de détention illégale d'armes, calibre 12 de fabrication locale, tandis que Ousmane Keita a été retenu coupable de séquestration et les a condamnés entre 10 à 12 mois d'emprisonnement. Elhadj Bakary Kourouma, pour sa part a été condamné à 6 mois d'emprisonnement assorti de sursis pour des faits de complicité d'attroupement. 

Kagbè Mamadi Camara a été déclaré coupable d'assassinat et a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle à temps. Forè et Moriba Soumaoro, sont déclarés coupables de tentatives de meurtre, de séquestration et de vol. Ils ont écopé chacun de 15 ans de réclusion criminelle par défaut. Un mandat d'arrêt a été décerné contre eux. Idrissa Camara, N'Famoudou Toupou, Baba Laye Konaté et Sékou Maté, ont écopé chacun de 10 ans de réclusion criminelle à temps par défaut. Un mandat d’arrêté a été également décerné contre eux, pour des faits d'association de malfaiteurs, de participation à un mouvement insurrectionnel et d'attroupement.

Une dizaine d’autres accusés en fuite ont été condamnés à perpétuité et un mandat d'arrêt a été décerné contre eux après avoir été reconnus coupables de participation à un mouvement insurrectionnel, d'attroupement, de complicité d'assassinat et d'association de malfaiteurs.

Il s’agit de : Laye Moussa Camara,Yakouga Fofanah, Bangaly Camara, surnommé Takana conducteur de taxi moto, Soumaila Cissé, Mohamed Lamine Fofanah alias Bosis, Shakir Kaba, Ibrahima alias Ebi, Boye Woro, Laye Cissé alias Karamazo, Kassia Camara alias Katro, Mohamed Kourouma, surnommé comptable, Ibrahima Traoré et Koikoi, Amara Gaspary et Soumaila Sylla.

Interrogé, maître Salifou Béavogui avocat de la défense s'est réjoui de cette décision et a salué le courage du parquet dans le procès, tout comme Maître Théodore Michel Loua.  Cependant l'avocat a déploré le décès de ses clients en détention alors qu'ils n'ont pas été reconnus coupables des faits à eux reprochés.

Pour rappel, la ville de Macenta avait été secouée par des violences intercommunautaires entre le 26, 27 et 28 décembre 2020. Ces violences avaient pour cause la réclamation de la paternité de la ville alors que des festivités étaient en cours pour l'inauguration de la résidence du patriarche construite par un cadre ressortissant de Macenta. Plusieurs personnes avaient perdu la vie au cours de ces violences.

 

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d'Africaguinee.com

A Nzérékoré

Tél. : (00224) 628 80 17 43

Créé le Mardi 25 janvier 2022 à 16:56