Baïlo Barry : "Ce que nous avons dit au sous-secrétaire d’Etat Michael Gonzales..."

Guinée
Des responsbles du FNDC échangent avec le sous-secrétaire d'Etat, Michael Gonzales
Des responsbles du FNDC échangent avec le sous-secrétaire d'Etat, Michael Gonzales

CONAKRY- Une délégation de la coordination Nationale du FNDC s’est entretenue la semaine dernière avec Michael Gonzales, Sous-Secrétaire d'État Adjoint aux Affaires Africaines. Sur quoi avaient porté les échanges ? Quel rôle le FNDC compte-t-il jouer dans la transition en cours ? Africaguinee.com a interrogé le responsable adjoint de la communication du Front National pour la Défense de Constitution (FNDC).

 

AFRICAGUINEE.COM : Dans quel cadre avez-vous rencontré le sous-secrétaire d'État adjoint aux Affaires africaines des États-Unis la semaine dernière ?

MAMADOU BAILO BARRY : Nous avons eu à le rencontrer dans le cadre de la situation sociopolitique guinéenne en général, mais nous avons en plus évoqué la transition.

Sur quoi ont porté vos échanges ?

Les échanges ont porté sur la transition parce qu’on est à un moment où on ne sait pas sa durée, le CNT n’a pas été mis en place. Bien qu’il y ait des actions salutaires qui sont posées, que ça soit la mise en place d’un gouvernement 100% civils, la libération des détenus politiques, les visites dans des familles des victimes, mais aussi des cimetières où reposent des victimes des répressions. Lorsque le Cnrd en place dit qu’il met la justice comme la boussole qui va guider cette transition, tout ça c’est rassurant.

Cependant à un moment, il y a eu la Cedeao qui a pris des sanctions contre la Guinée. Mais la réponse des autorités a été de dire que la Guinée est suffisamment mâture pour prendre son destin en main, alors que dans le cadre d’une transition, on a besoin de réunir tous les acteurs autour de la table pour échanger afin qu’on ait une transition réussie. Donc, les discussions avec M. Gonzales ont porté autour de ça et sur les inquiétudes qu’on pourrait avoir et ce que les partenaires pourraient apporter à la Guinée pour la réussite transition.

Quel est le principal message livré par le Fndc ?

Nous lui avons demandé de continuer à accompagner la Guinée pour qu’on ait une transition réussie. Et surtout de veiller à ce que les droits de l’homme soient respectés. Autant on a besoin de réussir cette transition, autant on a besoin du respect des droits de l’homme.

Au cours de sa conférence de presse M. Gonzales a déclaré qu’aucun membre de la communauté internationale ne va s’engager à accompagner la Guinée avant d’avoir le calendrier de la transition. N’est-ce pas une pression sur le CNRD ?

Vous savez par principe, c’est comme ça que la communauté internationale fonctionne. Du coup, on ne peut que s’attendre à ce que le Cnrd nous décline le chronogramme de la transition pour que tout le monde soit situé.

Dès après le coup d’État, on a vu une délégation du Fndc sillonner la sous-région. A son retour en Guinée, elle avait annoncé avoir sollicité auprès de la Cedeao la désignation d’un envoyé spécial pour la crise guinéenne. Comment avez accueilli la récusation de ce dernier par Conakry ?

Chacun peut aller de son commentaire par rapport à cette situation. A des moments, on peut se sentir aussi libre et prêt à supporter les choses sans solliciter de l’aide. Quand on a ce sentiment de patriotisme, de fierté, d’autonomie, d’indépendance, on se dit parfois qu’on n’a pas besoin des voisins pour régler notre problème. Mais lorsqu’on dit que la Guinée n’est pas en crise, c’est relatif. Ce n’est pas une question de dire qu’ils ne veulent pas des uns et des autres, mais c’est une manière de dire que le problème n’est pas aussi grave.  Et qu'il ne nécessite pas forcément de soutien.

Face à une telle situation, nous avons vraiment besoin de tous les acteurs parce que la Guinée n’évolue pas en vase clos. Nous appartenons à un grand ensemble qu’est la Cedeao. Nous avons ratifié des conventions et établi des partenariats avec d’autres Etats qui font qu’on n’est pas totalement indépendant. Donc par principe, ces institutions auxquelles nous appartenons ont la possibilité de nous saisir ou de nous interdire certaines choses. Mais je crois que les autorités guinéennes ont rectifié le tir parce que le discours a changé par après.

Existe-t-il un cadre de concertation Fndc-Cnrd ?

Nous sommes en contact avec le Cnrd, mais ce n'est pas dans un cadre institutionnel, pour le moment. Je crois que c’est la mise en place du CNT qui est attendue. Ensuite, les choses pourront être déroulées comme ça se doit. Nous nous inscrivons dans une mesure d’accompagner le Cnrd pour qu’on ait une transition réussie. Nous appelons tous les acteurs, la Cedeao, l'UA et la communauté internationale à se mobiliser pour accompagner cette transition.

Bien que sollicité, le FNDC ne s’est pas montré intéressé par un poste ministériel. Qu’en est-il du CNT ?

En ma connaissance, le FNDC n’a pas non plus désigné de candidats au CNT.

Pourquoi ?

Je ne saurai vous répondre.

Vous n’êtes ni dans le gouvernement, ni au CNT alors quel sera votre rôle et comment comptez-vous le jouer pendant cette transition ?

Le Fndc n’est pas mis en place pour occuper un poste ou accompagner Paul ou Pierre. Nous nous sommes inscrits dans un cadre de lutte contre le 3e mandat et pour que le guinéen soit dans ses droits. C’est ça notre mission. Qu’on soit dans un cadre institutionnel ou pas, peu importe là où nous sommes, nous allons jouer notre rôle de gardien, de protecteur des droits des populations.

 

Interview réalisée par Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 669 91 93 06

Créé le Mardi 07 décembre 2021 à 10:06