Coup d’Etat du 05 septembre : la révélation d’Aladji Cellou Camara…

Guinée
Aladji Cellou Camara
Aladji Cellou Camara

CONAKRY- Aladji Cellou Camara a quitté officiellement ce mercredi 1er décembre 2021, la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa), après 4 ans de services. Il a passé le témoin au capitaine Alias Camara.

Une occasion que l'ancien journaliste a mise à profit pour faire quelques révélations sur le coup d’Etat du 05 septembre ayant mis fin au régime d'Alpha Condé. Il révèle notamment avoir appelé certaines unités de l'armée pour leur demander de "baisser les armes" et d'arrêter de "combattre". 

“Je suis allé peut-être au-delà du rôle que je devais jouer. Je me souviens, le 5 septembre, avoir appelé certaines unités combattantes, les chefs de certaines unités, pour leur demander d’arrêter de combattre, parce que je savais que (…), moi j’étais en contact avec tout le monde. Donc l’une de ses unités m’a dit “non je suis là, j’attends les blindés’’. J’ai dit “mon colonel, n’attendez plus rien. Baissez les armes.’’ Ça, c’est pour dire jusqu’où je suis allé avec l’armée guinéenne”, a souligné M. Camara. 

Dans son allocution, le directeur sortant de la DIRPA a rendu hommage à l’ancien ministre de la Défense. « Je dis merci à Dr Mohamed Diané. Je sais qu’en ce moment ce n’est pas un nom qui se prononce. Mais merci à lui. Merci d’avoir fait confiance à ma modeste personne pendant toutes ces années”, a déclaré Aladji Cellou Camara avant de rappeler quelques acquis à son actif durant les 4 ans qu’il a passés à la tête de la Dirpa.

“Quand je prenais fonction, pour identifier la DIRPA, on l’identifiait à son chef. On disait “là où il y avait Louis Auguste Le Roy’’, parce qu’il était mieux connu que la DIRPA. Je pense qu’aujourd’hui on a réussi plus ou moins à inverser les rôles. On peut ne pas me connaître, mais tout le monde connaît désormais la DIRPA”, a précisé M. Camara.  

Le désormais ex directeur de la Dirpa a affirmé ne pas regretter d’avoir défendu et protegé l’image de l’armée guinéenne. “On m’a toujours reproché d’avoir trop défendu l’armée guinéenne. Je ne regrette absolument rien. J’ai fait mon boulot, je crois. J’ai dû défendre parfois l’indéfendable, peut-être. Mais pour moi, il fallait soigner l’image de l’armée, il fallait la défendre. On a confondu ça au régime. D’accord. L’armée ne sert pas un régime, mais sert la République. La preuve, celui qui était là est parti, l’armée est restée la même. 

Cela veut dire quoi ? Que je demande aujourd’hui encore celui qui prend les rênes de la DIRPA, le capitaine Alias, de continuer à soigner l’image de l’armée. Parce que c’est ce qui compte.  J’espère que vous ne serez pas confronté aux problèmes auxquels j’étais confrontés. J’espère qu’il n’y aura plus de manifestations de rue, que vous n’allez pas défendre certaines choses, et que vous allez vous contenter du travail pour lequel vous êtes nommé », a-t-il martelé.

Après avoir été installé dans ses nouvelles fonctions, capitaine Alias Camara s'est dit conscient du défi qui l’attend. « Je mesure la tâche et l’ampleur des défis qui m’attendent, à savoir : la qualification du personnel, la poursuite de l’équipement dans l’optique de l’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel de la DIRPA, le renforcement de la capacité institutionnelle de la DIRPA », a-t-il précisé.

 

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mercredi 01 décembre 2021 à 13:32