Atrocités ethniques à Macenta : Un second accusé décède en prison...

Nzérékoré
Maitre Théodore Michel LOUA
Maitre Théodore Michel LOUA

N'ZEREKORE- C’est le deuxième cas de décès qui vient d'être enregistré à la Maison centrale de Nzérékoré en moins d’un mois. Décès touchant les personnes accusées dans les atrocités ethniques survenues à Macenta, ville de Guinée forestière, en décembre 2020.

Après les violences à relent ethnique que la ville de Macenta a connues, en décembre dernier, plusieurs personnes avaient été interpellées, placées en détention puis inculpées. Près d’une année après les atrocités, ce dossier peine à être jugé alors que l’instruction est close depuis le mois de juin passé. Sur les raisons de la lenteur de cette procédure judiciaire, les autorités brandissent comme arguments, le manque de moyens pour la tenue du procès qui, apprend-on, doit éventuellement doit être délocalisé dans une autre ville.

Après le décès de Fassou Théoro, le 12 octobre 2021, c’est un autre détenu qui souffrait des maux de cœurs qui a rendu l’âme. L’information a été confirmée à Africaguinee.com, ce mardi 26 octobre 2021 par un des avocats des accusés. Il s’agit du détenu Douha GUILAVOGUI.

« J’ai sollicité une liberté provisoire pour lui à l’effet de le faire soigner par sa famille. Malheureusement, ma demande a été rejetée. Or, avec insistance les enfants de la victime ont signalé son problème de cœur et que seul un cardiologue spécialisé à Conakry pouvait s’occuper de lui. Ces enfants sont allés demander l’avis du cardiologue, celui-ci a demandé que le vieux soit évacué sur Conakry. On a réitéré la demande toujours. Mais, cette fois-ci, au lieu que le vieux soit mis en liberté, le juge a ordonné qu’il soit hospitalisé à Nzérékoré. Il n’a même pas fait plus de trois jours à l’hôpital, ils l’ont ramené à la prison. C’est quand son cas a présenté des complications, ces derniers jours, qu’on l’a évacué à nouveau à l’hôpital », nous a confié Maitre Théodore Michel LOUA, l’un des avocats de la défense des accusés dans l’affaire des violences intercommunautaires survenues à Macenta en 2020.

Selon Me Loua, plusieurs autres détenus sont malades. « Il n’est pas le seul. Il y a plusieurs autres qui sont malades. Il y a Zézé GUILAVOGUI, il y a le petit Kpokpa, et même Péma SAKOUVOGUI pour ne citer que ceux-ci. Donc c’est pour dire qu’il y a un risque. Or, ces personnes ont toutes la présomption d’innocence en attendant que la justice trouve une culpabilité contre eux. Nous demandons aux autorités, soit de les libérer en attendant le jugement ou de les juger», sollicité l’avocat.

Interpelé sur le sujet, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Macenta a évoqué le manque de moyen pour ouvrir le procès. « Ce dossier est clos depuis le mois de juin. Mais vous savez que Macenta n’a pas de Maison centrale. Les détenus condamnés ou ceux qui sont en attente d’un jugement sont à Nzérékoré. Pour ce cas si, il y a 43 détenus qui sont en prison à Nzérékoré y compris ceux qui sont sous contrôle judiciaire. L’ordonnance de renvoi dans cette affaire a été faite depuis le mois de juin. Dès après l’ordonnance de renvoi, moi, j’ai fait le rapport qui date du 22 juin 2021, adressé au ministre Mory DOUMBOUYA. Le rapport est allé avec un budget pour l’organisation de ce procès pour que le tribunal se déplace pour Nzérékoré. Ça peut prendre un mois le jugement.

Nous avons adressé le rapport là au département mais jusque maintenant, rien. J’ai fait deux autres rappels pour dire que le procès est imminent, le dossier est fini. Mais nous attendons que le département mette les moyens à notre disposition pour aller juger cette affaire parce que c’est à Nzérékoré que nous allons partir pour juger. C’est ce qui retarde le procès. Sinon, nous voulons vraiment juger cette affaire. Mais, vue le nombre d’accusés qui est dans le dossier, le séjour que nous allons faire à Nzérékoré, le personnel du tribunal de première instance de Macenta qui doit se rendre à Nzérékoré, nous demandons aux autorités de mettre les moyens pour juger cette affaire. On a délocalisé le procès parce que nous n’avons pas de centrale ici à Macenta’’, a confié Abdoulaye Babadi CAMARA, procureur de la République près le tribunal de première instance de Macenta.

A suivre…

 

SAKOUOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél : (00224) 628 80 17 43

Créé le Mardi 26 octobre 2021 à 17:48