Atrocités ethniques à Macenta : « sale temps » pour les accusés…

Nzérékoré
Maitre Théodore Michel LOUA
Maitre Théodore Michel LOUA

NZEREKORE-Fassou Théoro, l’un des accusés dans les violences intercommunautaires qui avaient secoué la ville de Macenta les 26, 27 et 28 décembre 2020, a rendu l’âme alors qu’il était incarcéré avec plusieurs autres personnes à la prison civile de Nzérékoré. Selon nos informations, la victime a piqué un AVC dans sa cellule, dans la nuit du samedi avant de rendre l’âme le lendemain dimanche 12 octobre 2021 à l’hôpital régional de Nzérékoré.

Cette triste réalité indigne le collectif des avocats de la défense qui dénoncent plusieurs cas de maladie parmi les personnes arrêtées et incarcérées à Nzérékoré. Selon Maitre Théodore Michel LOUA, l’instruction du dossier a été close depuis le 21 juin 2021. Chose qui devait, selon lui, déboucher sur l’organisation du procès pour libérer les innocents après 10 mois de détention.

« Fassou Théoro a piqué une crise à l’intérieur de la prison, samedi qui a précédé le 12 octobre 2021. De là, ils l’ont évacué à l’hôpital, c’est là qu’il a trouvé la mort. Mais avant cela, Fassou comme d’autre clients que nous avons en prison, souffrent de beaucoup de maladie. Pour cela nous avons sollicité la mise à disposition pour que les parents s’occupent d’eux pour le traitement. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé de solutions idoines. Quelquefois, on les envoie à l’hôpital, on les ramène. C’est le cas du petit Zézé Guilavogui, et d’un autre mineur. Il y a aussi le cas de Péma Sakouvogui qui est également malade. Nous avons tant de clients malades. C’est pourquoi nous tenons à ce que l’autorité mettent les moyens à la disposition des autorités judiciaires compétentes, à l’effet de faire examiner cette cause pour que les innocents soient libérés et que les coupables soient punis », a plaidé Maitre Théodore Michel LOUA.

Le juge d’instruction a clos son instruction depuis le 21 juin 2021, rappelle l’avocat, qui précise le dossier est en état d’être jugé. Malheureusement, regrette-t-il, les autorités locales de Macenta, voulant délocaliser le procès ont budgétisé leur déplacement. C’est ce montant qui n’est pas jusqu’à présent obtenu et qui les bloquent le jugement, révèle maitre LOUA.

« C’est pourquoi nous avocats de la défense en tant que conseil et nos clients qui sont en train de souffrir, nous nous mettons dans la danse pour que le tribunal de première instance de Macenta, soit appuyé financièrement par les autorités afin que le procès se tienne le plus rapidement que possible », a-t-il lancé.

« Nous sommes meurtris, écœurés par la mort de l’un de nos clients en détention. Sans occulter les cas de maladies graves dont souffrent d’autres prisonniers. Nous ne manquerons pas de rappeler le principe sacré consacré par nos textes de loi qui est celui de la présomption d’innocence qui considère tout accusé innocent jusqu’à ce qu’un tribunal déclare sa culpabilité », a ajouté l’avocat.

Il sollicite auprès du CNRD de mettre les moyens financiers nécessaires dans les meilleurs délais à la disposition du tribunal de première instance de Macenta pour la tenue de ce procès dans l’intérêt de la justice.

Pour rappel, la ville de Macenta avait été secouée par des violences à relent ethnique les 26, 27 et 28 décembre 2020. Ces violences qui tiraient leurs sources sur une affaire de paternité de la préfecture avaient causé plusieurs dégâts matériels mais aussi des pertes en vie humaine. Les victimes avaient été enterrés dans une fosse commune située dans la forêt du 1er mai à Nzérékoré. 38 personnes avaient été interpellés puis déférées à la prison civile de Macenta suite à ces violences. Après 10 mois de détention sans procès, de nos jours, il en reste 37 après la mort de Fassou.  

A suivre...

 

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré

Tél. : (00224) 628 80 17 43

Créé le Mercredi 20 octobre 2021 à 17:18