Fodé Marega : "Nous demandons la localisation de tous les charniers…"

Guinée
Dr Fodé Bocar Maréga
Dr Fodé Bocar Maréga

CONAKRY- L’Association des victimes du camp Boiro a commémoré lundi le 50ème anniversaire des exécutions du 18 octobre 1971. Une fois n’est pas coutume, cette fois-ci les autorités du pays étaient aux côtés des familles des victimes pour partager ces moments douloureux.

Au micro d’Africaguinee.com, Dr Fodé Bocar Margea, ancien président de cette association a fait un vœu à l’endroit du CNRD. Pour cet ancien député de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), les victimes du régime Sékou Touré demandent la localisation, la clôture de tous les charniers sur toute l’étendue du territoire national.

’Nous ne demandons rien de plus aux nouvelles autorités (…), nous demandons ce qu’on a toujours sollicité depuis 1985, à savoir : la localisation, la clôture de tous les charniers sur toute l’étendue du territoire national pour y mettre des stèles pour qu’on puisse se recueillir sur la tombe de nos parents. Nous avons demandé que le camp Boiro soit restitué officiellement comme Lansana Conté (ancien président guinéen, ndlr), nous l’avait donné par décret en conseil des ministres. Nous voulons l’effectivité de ça pour que nous puissions y construire un mémorial sur la zone carcérale. Elle est déjà délimitée », a souhaité Dr Marega, porte-parole de victimes du camp Boiro.

L’association des victimes du camp Boiro veut aussi l’annulation de tous les procès « fallacieux qui ont été faits avec extorsion d’aveux par la torture ». En dehors de ça, elle exige la justice et la réparation par l’érection de stèles, de monuments et la restitution des biens saisis qui n’ont pas été restitués à leurs ayants droit. Dr Fodé Bocar Maréga Sékou Touré dénonce l’attitude du régime déchu vis-à-vis de leur association.

’Nous avons été interdits d’accéder au camp Boiro depuis quelques années par l’ancien président Alpha Condé et son ministre de la défense, Dr Diané Mohamed. Il était impossible pour nous de rentrer au camp, nous voulons que plus jamais personne nous interdise l’accès dans la zone carcérale’’, a-t-il lancé, insistant sur la nécessité de mettre en place un comité vérité justice réconciliation. Un premier jalon a déjà été posé dans ce sens, il y a quelques années.

’Nous avions déjà fait des consultations nationales accompagné par le HCDH (haut-commissariat des nations-unies pour les droits de l’Homme), un peu partout nous avons fait des enquêtes et nous avions fait une synthèse. A partir de cette synthèse nous avons réuni toutes les organisations   et ONG qui s’occupent des Droits de l’Homme et nous avons fait un projet de loi. Ce projet de loi était sur la table de l’ancien président Alpha Condé (…), alors nous, nous voulions qu’on puisse donner ça au CNT. C’est de 1958 à 2015 maintenant ça va partir de 2015 à 2021. A partir de ce moment-là, nous serons tranquilles et personne parmi nous ne veut tuer quelqu’un ou de brimer. Nous voulons seulement la justice’’, a demandé Fodé Bocar Marega.

 

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 655 31 11 13

Créé le Mardi 19 octobre 2021 à 10:21