Lutte contre les médicaments contrefaits : la Brigade Médicrime bénéficie d’un programme de renforcement des capacités

Guinée

CONAKRY-Le ministère de la Santé a démarré ce lundi 4 octobre, un atelier de renforcement des capacités de la brigade Médicrime. Organisé grâce à un accompagnement technique et financier de l’USAID (l’agence américaine de développement) à travers son programme PQM+, cet atelier a pour but de ‘’Combattre les menaces à la santé publique’’.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Secrétaire général du ministère de la santé, Dr Sékou Condé. L’on notait également la présence du Directeur Général de la Pharmacie centrale de Guinée, Dr Moussa Konaté, du représentant pays du PQM+ Dr Mory Fofana, le Coordinateur général de la brigade Médicrime Dr Mahmoud Sylla, ainsi que des bénéficiaires directs composés des agents de la gendarmerie, de la police et de la douane et du ministère du commerce.

L’objectif de cet atelier de formation est de mieux renforcer la dynamique positive initiée par le ministère de la Santé et qui demande de renforcer la lutte contre le trafic des faux médicaments en agissant sur toute la chaine d’approvisionnement. 

Dans son discours, le Secrétaire général du ministère de la Santé a rappelé que depuis des années, il a été constaté que les produits pharmaceutiques ont perdu leur caractère spécifique pour devenir un élément d’enjeu économique majeur au détriment de la santé publique.

C’est face à cette situation que la Guinée a souscrit en 2015, à la convention internationale médicrime, qui vise à lutter contre la fabrication de produits médicaux falsifiés, la fourniture et le trafic des produits médicaux falsifiés et la falsification des documents.

Depuis, d’importants efforts ont été entrepris, a-t-il dit. En effet, le nombre d’établissements grossistes répartiteurs est passé de 105 à 50 dans un premier temps et à 10, à la suite de la dernière évaluation de 2019.

« Nous sommes dans une dynamique positive qui demande de renforcer la lutte contre le trafic des faux médicaments en agissant sur toute la chaine d’approvisionnement. Car malgré l’existence de la réglementation de l’importation et de la commercialisation des produits de santé, la tentation est toujours de la transgresser de la part de nombreux acteurs.

Dans ce cadre, l’un des meilleurs moyens de lutte dont dispose notre pays à l’heure actuelle est la brigade MEDICRIME qui est de composition multisectorielle comprenant : des cadres de la douane, de la police, de la gendarmerie et du commerce, sous la responsabilité du Ministère de la Santé. Pour une structure aussi importante, il est indispensable de renforcer ses capacités.

C’est pourquoi le ministère de la santé a décidé d’organiser la présente formation. A cet effet, nos principales attentes portent sur : Le développement d’une vision commune ; la connaissance et le mode d’exécution des attributions ; les pratiques synergiques et complémentaires à développer pour réussir la mission », a déclaré Dr Sékou Condé.

Pour les participants, il ne s’agit pas de points nouveaux a-t-il ajouté. Selon lui, il est surtout question de connaitre les expériences d’autres pays sur la stratégie de lutte contre le marché illicite et dangereux des faux médicaments.

De son côté, le consultant pays Guinée pour PQM+ a souligné qu’il s’agit d’un appui qui s’inscrit dans le cadre d’un programme régional au niveau de l’Afrique de l’Ouest, sur financement de l’USAID.

« La pharmacopée américaine l’UFP en convention avec l’USAID met en œuvre le projet qui couvre tous les programmes, tout ce qui concerne la qualité des médicaments.  Que ça soit dans le secteur public ou privé. Il donne un appui aux différents acteurs pour qu’ils accomplissent leurs fonctions. C’est donc dans ce cadre que PQM+ appuie la brigade Médicrime dans son programme, qui est cette fois-ci la formation, la compréhension de tout le monde. Parce que la brigade est multisectorielle, les agents sont de différentes formations et ils sont associés à un programme dans lequel il faut que tout le monde parle le même langage.

C’est dans ce cadre que PQM+ est là avec ses consultants pour aider à améliorer et à faire comprendre aux uns et aux autres ce que comporte la convention Médicrime, les obligations des pays pour que tout le monde comprenne ce qu’on entend par médicaments de contrefaçon, falsifiés ou médicaments de qualité inférieur », a précisé Dr Mory Fofana.

Dans sa prise de parole, le Coordinateur général de la Brigade Médicrime Guinée a exprimé sa reconnaissance et sa satisfaction à l’endroit de l’USAID qui permet à sa structure de bénéficier cet atelier de formation d’une importance capitale.

« Les précieux enseignements qui seront donnés au cours de cet atelier permettront certainement de mieux outiller les membres de la jeune structure et d’harmoniser leur approche et leur compréhension de la mission éminemment importante de la santé publique qui leur incombe. Cet atelier rêvait donc d’une très grande importance pour nous.  Qu’il me soit donc permis, au nom de l’ensemble de la Brigade de remercier vivement l’USAID. Notamment pour l’importance qu’elle accorde à notre structure à travers l’inscription de la brigade Médicrime dans le programme PQM+, le don d’un routeur aux fins de connexion internet, le recrutement d’un assistant technique pour le renforcement des capacités de la brigade et enfin l’organisation et le financement de cet atelier », a déclaré Dr Mahmoud Sylla.

Selon I'OMS, 1 médicament sur 10 dans le monde est contrefait. Ce chiffre peut atteindre 7 sur 10 dans certains pays. En 2015, parmi 40 millions de produits interceptés par les Douanes européennes, 25,8% des produits de santé courants retenus comportaient des médicaments contrefaits. Un total de 895.324 médicaments a été saisi. 200 milliards de dollars en 2014 contre 75 milliards de dollars en 2010, ce sont les profits engendrés par la contrefaçon de médicaments. Des chiffres supérieurs à ceux issus du trafic des stupéfiants.

1 dollar investi dans le trafic de faux médicaments vous assure un retour sur investissement allant de 200 à 450 USD, soit 20 à 45 fois que le trafic de drogues, pour une prise de risques nettement moindre.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 655 31 11 14

Créé le Lundi 04 octobre 2021 à 19:03

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