Affaire "primes impayées" à la SOGEAC : les "vérités" de Kader Yombounaud…

Guinée
Abdel Kader Yombounaud, DGA de la SOGEAC
Abdel Kader Yombounaud, DGA de la SOGEAC

CONAKRY-La Direction Générale de la SOGEAC (Société de Gestion et d'Exploitation de l'Aéroport de Conakry), a apporté des précisions sur l'affaire de primes de ses travailleurs, qui fait les choux gras d'une "certaine presse", ces derniers jours.  A travers son Directeur Général Adjoint, Abdel Kader Yombounaud, la SOGEAC s'estime avoir été diffamée. Interrogé par Africaguinee.com, M. Yombounaud, a expliqué les efforts que la Société a consenti pendant cette crise sanitaire planétaire qui a fortement impacté les activités de la SOGEAC, pour conserver l'emploi et le salaire des travailleurs, alors que ces derniers sont restés pendant huit mois à la maison, sans travailler.

Bien que l'entreprise était presque déficitaire avec une baisse drastique de ses recettes, provoquées par la fermeture de l'aéroport entre mars et novembre 2020, la Direction Générale a décidé de conserver les salaires de ses employés, contre l'avis même de ses partenaires qui avaient recommandé de licencier 75% des travailleurs. Explications.

"Nous avons été diffamés, nous pouvons même porter plainte parce qu'en matière d'informations, le B A BA voudrait qu'on recoupe pour pouvoir donner une bonne information au public. Mais ce qui n'a pas le cas, on a écouté des balivernes dans une radio, en disant qu'on a diminué les salaires des travailleurs, on ne paie pas les primes, on ne paie pas les heures supplémentaires, nos bus ont été attaqués et que syndicat marche avec la Direction. Or, nous sommes la seule entreprise au monde, dont le Conseil d'Administration, sur instruction des administrateurs, a demandé de licencier 75% de l'effectif, qui a refusé de le faire.

On s'est battu pendant deux jours avec les administrateurs. On pouvait le faire parce que cela est prévu par notre code de travail, mais on leur a dit qu'on ne pouvait pas. Parce que chez eux, il y a un système d'assurance chômage alors que nous en Guinée, on ne l'a pas. On leur a fait comprendre que derrière un agent, il y a 50 personnes en charge. Donc, on ne pouvait pas les mettre au chômage technique. Ils avaient même menacé de nous lâcher parce que l'Aéroport était fermé pendant huit mois.

Dans nos discussions, on n'est tombé d'accord sur la suppression des primes et des heures supplémentaires. Chose qu'on a acceptée. Les travailleurs sont restés couchés pendant pratiquement huit mois à la maison.  Pendant toute cette période, personne ne venait travailler, mais ils ont été tous payés le salaire entier. Seules les primes ont été retirées. Sinon, en principe c'est le travail qui est payé et non le travailleur. Mais pendant huit mois, ils ne travaillaient pas, mais ils sont perçu leurs salaires. Seule, la SOGEAC a pu le faire de par le monde, nous a-t-on dit.

On travaille avec ADP (Aéroport de Paris) et la chambre de commerce de Bordeaux, ils ont 49%, ils ont licenciés 40% du personnel, le Directeur Général délégué qui s'occupait de l'aéroport de Conakry, a été licencié. Ils ne travaillent pas plus de trois jours en téléconférence, ils ont moins de 60% de leur salaire (…).

Nous sommes le secteur le plus touché, mais on continue de fonctionner. Aujourd'hui, les gens passent à la radio pour raconter des balivernes en disant qu'ils n'ont pas d'heures supplémentaires. Comment peuvent-ils avoir des heures supplémentaires alors que l'aéroport est fermé à 22H à cause du couvre-feu ? Ils sont restés couchés à la maison pendant huit mois, mais ils ont été payés pendant tout ce temps. Les primes professionnelles, on ne peut pas payer parce que la situation actuelle ne nous le permet pas. On est déficitaire. On doit donner à l'Etat des redevances fixes et des redevances variables, mais nous n'avons rien donné. Les dividendes n'ont pas été donnés non plus. On a rien donné. La situation est ainsi.

Le Maroc par exemple, c'est un hub en Afrique du Nord. La RAM est une compagnie très puissante, mais les aéroports sont pratiquement fermés.  C'est désert. Chez nous ici, malgré toutes les difficultés, le Directeur Général a pris l'engagement de ne pas licencier les travailleurs. Il préfère couper les quelques primes substantielles pour garder les salaires, les gens étaient couchés à la maison.

C'est seulement l'encadrement qui venait et quelques chefs services pour la maintenance. Il y a eu un décret qui a fermé l'aéroport, toutes les compagnies ont cloué les avions au sol. De mars en novembre 2020, l'aéroport n'a pratiquement pas fonctionné. On ne recevait que les avions humanitaires qui nous envoyaient les médicaments pour la riposte contre la pandémie (…). Tous les avions commerciaux ont été cloués au sol. Personne ne sortait par la voie aérienne.

Donc, ces primes dont ils parlent sont des primes de motivation. C'est quand le travailleur est en œuvre. On va donner une prime de motivation à un travailleur couché à la maison ? Aujourd'hui, on remonte petit à petit, pour retrouver le chiffre d'affaires d'antan afin de relancer les activités. Quand la deuxième vague du coronavirus est arrivée, il y a eu Ebola qui a fait une résurgence. Les compagnies quand elles entendent ça, elles reculent, dès qu'on dit qu'il y a couvre-feu à Conakry, les compagnies qui nous desservaient la nuit ferment leur vol. Tout ça nous impacte. C'est lorsque les avions commerciaux viennent, on s'accroche, on les débarque, on embarque, c'est ce qui nous fait gagner de l'argent.

On était 600.000 passagers par an, qui transitaient par l'aéroport de Conakry. Mais aujourd'hui, nous sommes 200.000 passagers. Soit un manque à gagner de 400.000 passagers. Il n'y a pas de miracle. Lors que le nombre de passagers diminuent, nos recettes diminuent, lorsque les avions diminuent, nos recettes diminuent aussi. C'est au mois de juillet-août, pendant les vacances qu'on est en train de voir le nombre de fréquentations  augmenter.  Mais malgré toutes ces difficultés, on a payé les travailleurs entièrement jusqu'à date. Quelqu'un sort pour dire qu'on n'a pas d'heures supplémentaires, mais le boulot finit ici à 21 heures à cause du couvre-feu. Donc, on n'a pas besoin d'heures supplémentaires pour ça.

Propos recueillis par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Mardi 10 août 2021 à 10:17

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