Mariage "pompeux" à Timbi : la charte retoquée sur injonctions du Procureur…

Pita
Image d'illustration d'une mariée
Image d'illustration d'une mariée

PITA- Le Procureur de la République près le tribunal de première instance de Pita, a sommé ce samedi 10 juillet 2021, les autorités religieuses, communales et administratives de Timbi Tounni de lever la charte adoptée, de commun accord avec les populations locales, pour encadrer la célébration des cérémonies de baptêmes et de mariages, jugées coûteuses.

M. Alghassimou Diallo, a verbalement invité les signataires du document pour les informer que les décisions contenues dans la charte ne sont pas conformes avec les lois guinéennes. Une décision annulant la précédente vient d’être prise par la ligue islamique, a appris Africaguinee.com.

"Vu la loi ordinaire n°L/2019/035/AN du 04 juillet 2019, portant code civil de la République de Guinée en son titre V relatif aux actes d'État civil chap II des actes de naissance art 200-209 et chap III art 210-211-212.

 Vu la constitution, notamment en son article 72.

Vu les nécessités de service.

 Il est rapporté la décision n°2021/002/ du 7 Mai 2021 /LISPTT, relative aux cérémonies de mariage et de Baptême à Timbi Tounny, pour le non-respect du code civil guinéen en vigueur. ".

Lire aussi-Interdiction des mariages pompeux à Timbi Tounni: La ligue islamique se justifie...

Les cérémonies pompeuses avaient été bannies à Timbi Tounni ! Dans cette commune rurale de Pita, les populations de commun accord avec les autorités religieuses, communales et administratives ont décidé d'adopter une charte qui encadre les cérémonies (mariage, baptême, décès, fin de veuvage…). L’article 8 de la charte retoquée interdit les cortèges, l’animation musicale, l’invitation d’artistes, musiciens, le bayana et la robe de mariage. Pour la fille qui se marie pour la première fois, l’article 12 fixe la dot minimale à 1 million contre 600 mille pour la femme divorcée ou veuve. L’article 58 dispose que la violation de ces règles était punie  d’une amende de 3 millions Gnf.

Interrogé cet après-midi pour savoir ce qui a prévalu à l'annulation de cette charte, Thierno Alhouseiny Bah, le porte-parole de la ligue islamique sous-préfectorale de Timbi Tounni, a apporté des précisions.

 « On nous a dit de faire passer ce message. C'est l’intégralité du document qui doit être annulé alors que nous pensions avoir pris des décisions qui allaient aider la population. Nous avons soumis le document à nos autorités, c’étaient à eux de voir est-ce que la loi va avec ou pas. Ils ont signé et validé. Mais malheureusement on nous dit tel n’est pas le cas. C’est la raison pour laquelle, le document doit être retoqué immédiatement. Car la ligue islamique ne veut pas créer des lois qui vont à l'encontre de la loi de notre pays », a fait savoir M. Bah.

 

Thierno Oumar Tounkara

Pour Africaguinee.com

Créé le Samedi 10 juillet 2021 à 19:23

TAGS