Sanctions de l'UE : la contre-attaque de la Défense de Toumba et cie…

Guinée
Dadis Camara, Toumba Diakité, Josep Borrell, photomontage Africaguinee.com
Dadis Camara, Toumba Diakité, Josep Borrell, photomontage Africaguinee.com

CONAKRY-Les sanctions prises par l'Union Européenne contre cinq dignitaires du CNDD, l'ancienne junte au pouvoir en Guinée, suscite une levée de boucliers chez les défenseurs de personnes ciblées. Certains avocats annoncent qu'ils vont saisir la Cour Européenne  des droits de l’homme, pour faire annuler cette décision qu'ils jugent illégale, injuste, arbitraire et vexatoire.

L’Union Européenne a pris des mesures sanctionnant cinq dignitaires du CNDD, la junte militaire au pouvoir en Guinée (2008-2009). Cinq anciens responsables du Conseil National pour la Démocratie et le Développement se sont vus interdire l’accès sur le territoire européen et le gel de leurs avoirs qui s’y trouvent.

Il s'agit du Capitaine Moussa Dadis Camara (actuellement à Ouagadougou), l’ancien ministre de la santé, Abdoulaye Chérif Diaby, Colonel Jean-Claude Pivi alias Coplan (ex ministre chargé à la sécurité présidentielle), Moussa Thiégboro Camara (actuel Directeur des services spéciaux) et le lieutenant Aboubacar Toumba Diakité, ex aide de camp de Dadis. Tous sont inculpés dans le massacre du 28 septembre 2009.

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Me Paul Yomba Kourouma défend le commandant Aboubacar Sidiki Diakité alias Toumba, dans cette procédure. Il estime que cette décision de l’Union Européenne est illégale et viole le principe de la présomption d’innocence.

« C’est avec beaucoup de surprise et d’indignation que je viens d’apprendre que l’Union Européenne a pris à l’encontre de certaines personnes dans l’affaire du massacre survenu au 28 septembre, des mesures d’interdiction de voyage sur l’espace européen et le gel de leurs avoirs qui y sont domiciliés.  L’Union européenne, en agissant de la sorte, en l’absence d’une quelconque décision rendue par la justice guinéenne à la suite d’un débat contradictoire, viole le principe sacré de la présomption d’innocence que les pays européens se vantent d’être respectueux", a martelé l'avocat interrogé par un journaliste d'Africaguinee.com.   

Plutôt que de contraindre l’Etat guinéen à programmer le procès étant donné que l’instruction est close et l’ordonnance de renvoi rendue publique il y a de cela bientôt trois ans cela, l'Union Européenne s’acharne contre des personnes vulnérables dont le tort n’a été que d’avoir été cité dans ces évènements ou d’avoir tout simplement occupé des responsabilités à cette époque au sein de l’appareil d’Etat, a fustigé l’avocat de l’ex aide camp de Capitaine Dadis Camara. Maitre Paul Yomba Kourouma considère ces sanctions comme une fuite avant. Il prévient que les victimes n'hésiteront pas à les attaquer devant Cour Européenne des droits de l’homme.

« Alors, qu’en sera-t-il lorsqu’un procès public et contradictoire et respectueux de la loi, des règles de procédures et de l’Etat de droit viendrait à acquitter ces mêmes personnes précédemment sanctionnées par ceux-là mêmes dont les pays prétendent être la mère des droits de l’homme ? Il s’agit d’une fuite en avant. La défense des victimes de ces sanctions arbitraires n’hésitera pas un seul instant à attaquer cette décision devant la Cour Européenne des droits de l’homme et devant toutes les institutions compétentes parce qu’illégale, injuste, arbitraire, téméraire, vexatoire  », a annoncé Me Paul Yomba Kourouma. 

A suivre...

Africaguinee.com

Créé le Lundi 17 mai 2021 à 18:53