Sanctions européennes : Moussa Dadis Camara en tête de liste…

Guinée
Moussa Dadis Camara en compagnie de Pivi, Toumba, image d'illustration
Moussa Dadis Camara en compagnie de Pivi, Toumba, image d'illustration

BRUXELLES-Face aux crimes récents et anciens commis en Guinée, l'Union Européenne, très regardante, par rapport au respect des droits humains, sort du stade des menaces pour sévir.

Le 12 mai dernier, après avoir été saisi par une trentaine d'eurodéputés, M. Josep Borrell Fontelles, Haut Représentant et Vice-président de la Commission Européenne, a annoncé que l'Union Européenne a pris des sanctions contre cinq personnes impliquées dans massacre du 28 septembre 2009. Lesquelles font l'objet d'une interdiction de voyager sur le territoire des États membres de l'UE et gel des avoirs qui y sont détenus.

Le renouvellement de ce régime de sanctions sera réexaminé en septembre 2021, par Bruxelles. Ce que nous ne savions pas jusque-là, c'est l'identité des personnes ciblées par ces sanctions. Et bien le nuage commence à se dissiper.

Selon nos informations, le premier de cette liste est le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte, (Conseil national pour la démocratie et le développement, CNDD), au moment des faits. Il vit en exil au Burkina Faso depuis plus d'une décennie.

Après son évacuation au Maroc suite à l'attentat qui l'avait visé le 03 décembre 2009, l'ancien homme fort de Conakry avait atterri dans la capitale Burkinabé, Ouagadougou pour officiellement poursuivre sa convalescence. Depuis, écarté du pouvoir, Dadis Camara n'a plus jamais réussi à rentrer définitivement en Guinée. Après maintes tentatives manquées, il s'est résout à accepter son sort.

En 2015, après avoir exprimé la volonté de briguer la magistrature suprême et noué une alliance avec Cellou Dalein Diallo, pour battre Alpha Condé dans les urnes, Moussa Dadis Camara a été officiellement inculpé dans le massacre du 28 septembre 2009, qui avait fait plus de 150 morts, des portés disparus, des centaines de femmes violées et des milliers de blessés, selon les conclusions d'une enquête de l'ONU.  

L'ancien ministre de la santé et de l'hygiène publique, M. Abdoulaye Chérif Diaby, est également cité dans la liste des personnes frappées par les sanctions européennes. Le colonel Diaby était membre du Gouvernement Moussa Dadis Camara. Il avait été inculpé en septembre 2012 pour sa responsabilité présumée dans le massacre du 28 septembre. Mis en cause par les conclusions des experts de l'ONU, ce médecin militaire est accusé d'avoir entravé délibérément la prise en charge médicale des blessés qui affluaient vers les centres hospitaliers publics, notamment le  CHU Donka.

Il y a également le colonel Jean-Claude Pivi, alias Coplan ministre chargé de la sécurité présidentielle. Il a été inculpé en juin 2013. Il avait gardé son poste à l'arrivée d'Alpha Condé au pouvoir en 2010 avant, de tomber progressivement en disgrâce.

De cette liste, figure aussi le colonel Moussa Tiégboro Camara, actuel directeur des services spéciaux. A l'époque, il était Ministre à la Présidence chargé des services spéciaux de la lutte anti-drogue et du grand banditisme et membre du CNDD. Il a été inculpé en début 2012, mais a continué à jouer un rôle prépondérant auprès d'Alpha Condé qui l'a gardé à son poste. Malgré les critiques des victimes, il est encore présent au sommet de l'administration. M. Camara est actuellement le Directeur des Services spéciaux, de la Lutte antidrogue et du Grand Banditisme, rattachée à la Présidence de la République.  

Autre personnalité frappées par les sanctions, il y a  le lieutenant Toumba Diakité, incarcéré à la maison centrale depuis 2015 après son extradition de Dakar (où il était en cachette) vers Conakry. Dans le cadre de la procédure sur le massacre du 28 septembre 2009, il a été inculpé en mars 2017 pour : meurtres, de viols, de pillages, d’incendies volontaires, de vols à main armée, de coups et blessures volontaires, d’outrages à agents de la force publique, de tortures, d’enlèvements, de séquestrations, d’agressions sexuelles, d’attentats à la pudeur, de responsabilité de commandement des chefs hiérarchiques et militaires et de complicité.

A suivre…

 

Africaguinee.com

Créé le Dimanche 16 mai 2021 à 10:26