Souleymane Keita, préfet de Kouroussa : "Même les marmites ont été emportées chez moi…"

Haute Guinée
Souleymane Keita, préfet de Kouroussa
Souleymane Keita, préfet de Kouroussa

KOUROUSSA-Chassé par des manifestants enragés, le préfet de Kouroussa est revenu sur les incidents enregistrés à son domicile ce samedi 17 avril. Souleymane Keita relate une attaque d'une extrême violence. Même les marmites ont été emportées, a-t-il dit.

"Les jeunes orpailleurs sont venus en grand nombre dans ma résidence. Dès leur arrivée, ils se sont directement attaqués aux services de sécurité, présents sur les lieux. C'est ainsi que la sécurité a replié. Les jeunes manifestants sont ensuite rentrés dans ma résidence. Ils ont saccagé tout et emporté ce qu'ils pouvaient avec eux. Ma résidence a été complément vidée. J'ai tout perdu, de ma chambre aux autres pièces. Même les marmites ont été emportées par les orpailleurs", a expliqué le premier responsable de la ville de Kouroussa.

La journée de ce samedi a été sanglante dans la ville de Kouroussa. Au moins deux morts ont été enregistrés dans les émeutes qui ont secoué la ville. De nombreux témoins pointent du doigt des bérets rouges envoyés en renforts dans la soirée pour reprendre le contrôle de la ville. Un jeune aurait été abattu sur le toit d'une maison alors qu'il tentait de fuir. Sept (7) pickups remplis de militaires ont quitté la préfecture de Kankan, pour venir en renfort en vue du rétablissement de l'ordre.

Le Gouvernement n'a pas encore réagi sur ces violences. Mais l'opposition a condamné la répression sanglante de cette manifestation, qui selon elle, est consécutive à l'interdiction par les autorités l'accès à des zones aurifères.

"Au lieu de chercher à trouver une solution idoine aux revendications des populations désabusées, le régime du dictateur Alpha Condé opte encore une fois pour la répression. Les forces de défense et de sécurité intervenues pour maintenir l'ordre ont, comme d'habitude, fait usage des armes de guerre en tirant sur des manifestants", a dénoncé samedi soir le FNDC qui invite la communauté internationale à œuvrer avec diligence (…) pour "sanctionner les auteurs et commanditaires de ces interminables violations des droits humains afin d’arrêter ces tueries lors des manifestations sociopolitique".

 

Africaguinee.com

Créé le Dimanche 18 avril 2021 à 8:10