Fanta, teinturière : "le Gouvernement doit imposer le textile guinéen comme tenue scolaire"

Kindia
Fanta Dramé
Fanta Dramé

KINDIA- L'Humanité célèbre ce lundi 8 mars 21, la journée internationale des droits de la Femme. Dans la suite de notre longue série de reportages consacrée aux femmes pendant le mois de mars, Africaguinee© vous plonge dans le quotidien des teinturières de la ville de Kindia, ville située à 135 kilomètres de Conakry.

Pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur familles, elles sont nombreuses, les teinturières organisées en groupement ou de façon individuelle qui exercent la teinture à Kindia. Dépourvues de moyens suffisants, certaines travaillent de façon rudimentaire. Sans protection, ces femmes sont exposées à de risque de maladies. A l'occasion du mois de la Femme, elles interpellent le gouvernement, lui demandant de faire du textile guinéen, la tenue officielle des écoliers.

Avec ses amies, Fanta Dramé travaille dans un groupement de teinture dans le quartier Cacia dans commune urbaine de Kindia. Elle explique qu'elle a hérité de ce métier. Mais actuellement, leur travail est paralysé par le manque de clients.

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« Quand on a un contrat, nous l’exécutons vite. Mais, actuellement, nous ne travaillons pas tous les jours, par ce qu’on n’a pas de contrat. Moi, j’ai hérité de ce métier. Mon père, ma mère sont tous teinturiers. Dans notre famille, on ne pratique que ce métier. J’avais commencé à faire le commerce, mais je n’ai pas pu parce que ce n’est pas mon travail. Mon travail, c’est la teinture et c’est avec cela qu’on s’occupe de nos enfants. Nous gagnons le contrat à travers les commerçants en ville. Nos clients quittent Labé, Conakry pour acheter et envoyer au Sénégal et partout ailleurs. La meilleure façon pour le gouvernement de nous aider c’est d’utiliser le textile guinéen comme tenue scolaire», explique Fanta.

Manœuvrant sans protection sous un hangar, Aicha Nimagan n’ignore pas le risque sanitaire lié à la manipulation des produits chimiques.  Elle appelle le Chef de l'Etat à leur venir en aide. « Nous avons de sérieux problèmes liés au manque de matériels. Nous demandons au professeur alpha condé de nous venir en aide. Nous sommes en train de confectionner des bazins pour la fête du 8 mars».

Le quartier Condetta Mosquée est réputé être le berceau de la teinture à Kindia. Trouvées dans leurs ateliers de teintures, plusieurs femmes s'affairent dans la préparation de la fête du 08 mars. Ce lieux est considéré comme le centre d'apprentissage de la teinture à Kindia.

« Par rapport à la fête du 8 mars, nous n’avons pas eu de tissus parce qu’on n’a pas d’appui. C’était aussi le cas le 2 octobre. Le Gouvernement ne nous a pas aidés. Aucune autorité n’est venue nous voir à propos de la fête du 08 mars. Seulement ceux qui connaissent notre travail du côté de Conakry qui nous envoient des projets. Toutes celles qui exercent ce métier sont venues l’apprendre à Condetta Mosquée. Nous ne connaissons rien d’autre que ce métier», confie cette dame sous anonymat.

Et Aicha Valek Sylla d’enfoncer : « Nous sommes plus de 50 personnes réparties en staff. En ce qui concerne le 08 mars, nos chefs de groupements ne nous disent rien. Ils nous appellent un à un et nous donne quelques tissus plus de 150 mille Gnf. (…) Après la cérémonie, ce sont eux qui mangent tout le bénéfice, mais nous nous confions à Dieu», dit-elle.

Kindia, Cherif Kéita correspondant régional

Africaguinee.com

Créé le Lundi 08 mars 2021 à 8:37