Cellou et Sidya isolés ? "Ceux qui s'agitent ne pèsent pas 10% de l’électorat…"

Guinée
Les anciens premiers ministres Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré
Les anciens premiers ministres Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré

CONAKRY-En Guinée, l'échiquier politique se réorganise après l'élection présidentielle. L'opposition qui avait gardé une certaine homogénéité dans le cadre de la lutte contre le troisième mandat d'Alpha Condé, connait un grand chamboulement. Aujourd'hui, on assiste à la naissance de plusieurs courants.

D'un côté, il y a "l'aile dure" composé des anciens premiers ministres Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Lansana Kouyaté, de l'autre Mamadou Sylla, le chef de file de l'opposition qui draine avec lui Bah Oury, Faya Milimouno et compagnie. Ce bloc promet de s'opposer autrement et se dit favorable à travailler avec Alpha Condé en lui faisant des propositions.

Dans ce contexte, quelle place pour le trio Kouyaté-Sidya-Cellou ? Sont-ils isolés du jeu politique ? Non, tranchent leur entourage, qui estiment que le camp de Mamadou Sylla et compagnie est une opposition taillée sur mesure par le pouvoir en place.  

"C’est une opposition taillée sur mesure. On sait comment cela a été préparé bien avant le double scrutin. Il a été décidé d’aller à une élection en excluant les partis majoritaires et représentatifs du peuple de Guinée. Vous n’êtes pas sans savoir que des postes de députés ont été distribués comme des galettes. Ce sont des gens qui étaient prêts à accompagner le parti au pouvoir dans sa forfaiture. Ainsi cette Assemblée Nationale qui est issue de ça, n’est ni légale, ni légitime. Ces élections ont eu lieu dans un contexte tout d’abord de crise politique et sanitaire (…). Donc, cela ne reflète en rien la voix de la majorité des guinéens. Cette opposition est une opposition taillée sur mesure. Nous ne nous reconnaissons dans aucune file. L’opposition dans ce pays est plurielle comme on le voit dans les pays normaux, où il n’y a pas de chef de file. Chacun défend ses idées et croit en son programme", tranche Ahmed Tidiane Sylla, responsable de communication de l'UFR.

Si certains estiment qu'ils sont isolés du jeu politique, ce proche de Sidya Touré affirme le contraire. "On ne se sent pas isolé! Quand vous entendez par exemple qu’Alpha Condé rencontre le Chef de file de l’opposition, vous voyez par vous-mêmes que les guinéens s’en moquent. Le peuple dit que ça ne représente rien. En ce qui nous concerne, nous continuons nos activités politiques comme nos assemblées générales. Ces derniers temps comme le contexte sanitaire ne s’y prête pas, nous avons décidé d’arrêter nos assemblées. Nous comprenons quand-même que le pays traverse une crise économique difficile caractérisée par des crises sanitaires. C’est pourquoi même, à un moment donné, nous avons proposé un dialogue national pour qu’on en débatte sur les situations qui préoccupent nos concitoyens. Nous ne sentons pas isolés. C’est la réalité", affirme M. Sylla.

Lire aussi-Guinée : Cellou, Sidya, Kouyaté, désormais seuls contre tous ?

A l'Union des forces démocratiques de Guinée, on précise que l’instrument de mesure du poids d'un parti politique, c’est l’électorat et non de savoir si l'on appartient ou pas à une coalition.

"Aujourd’hui Mamadou Sylla qui arbore le costume de chef de file de l’opposition avec quatre députés, on connait les circonstances dans lesquelles il les a obtenus. Autour de lui, il n'y a que des micros partis réunis. Quand vous prenez tous ces partis politiques réunis au sein de cabinet du chef de file de l’opposition, leur électorat respectif additionné n’équivaut même pas à celui de l’UFR à plus forte raison celui de l’UFDG. L’autre facteur, l’instrument de mesure d’un parti politique ou de son positionnement dans la société ce sont les élections. Qu'elles soient communales, législatives ou présidentielles.

A date, la dernière élection qui a été donnée aux acteurs de se mesurer était la présidentielle du 18 Octobre 2020, à laquelle l’UFDG a participé et s’en est sorti avec 53%. Donc si ces leaders réunis auprès de Mamadou Sylla étaient allés à la présidentielle et que chacun d’eux aient obtenu ne serait-ce que 10%, cela nous aurait ébranlé. Ils n’ont pas été et même s’ils partaient, ils en seraient sortis comme d’autres avec 0,5%", précise le coordinateur adjoint de la cellule de communication de l'UFDG.

Joachim Milimouno assure que l'UFDG n'est pas isolé de la scène politique guinéenne. "L’isolement qui nous inquiète, c’est celui de nos militants. Lorsqu’un parti est lâché par ses sympathisants et militants, il y a à craindre. Mais lorsque les militants restent fidèles, il n'y a rien à craindre. Il y a moins d’une semaine, les 10 fédérations de Conakry sont venues témoigner au président de l’UFDG leur solidarité, leur confiance et tout leur soutien. Alors, nous, nous sommes forts de notre électorat, de nos militants et sympathisants. On ne calcule pas les regroupements de partis politiques dont le poids cumulé ne vaut pas 10% de l’électorat guinéen", martèle-t-il.

 

Bah Boubacar Loudah

Pour Africaguinee.com

Créé le Jeudi 04 mars 2021 à 14:37