Crimes à la maison centrale : "La cuisinière a été violée, puis tuée..."

Conakry
Image d'illustration
Image d'illustration

CONAKRY- Le constat est patent ! Des cas de décès "suspects" sont devenus récurrents à la Maison centrale. Après celui de la cheffe cuisinière, le 31 janvier 2021, un détenu sourd-muet a été retrouvé mort, dimanche 7 février 2020, pendu à l’aide d’un drap de lit dans sa cellule.

Pour l’heure, il n'y a eu aucune communication officielle des autorités pénitentiaires et judiciaires sur les circonstances de ces « décès ». Alors que les spéculations vont bon train, Africaguinee.com a pu recueillir le témoignage «choc» d’un détenu qui révèle les liens entre ces deux derniers cas de mort à la Maison centrale.  

« Poursuivi pour un cas de viol», Thierno Aliou Diaby, sourd-muet, avait été jugé et condamné à 20 ans de prison ferme. A la Maison centrale de Conakry où il était détenu depuis 7 ans, selon nos informations, il aidait à la cuisine en apportant de l’eau dans des bidons. Il aurait été témoin des circonstances dans lesquelles la cheffe cuisinière est morte.

«La cuisinière dont on parle n’est pas morte par accident. Elle a été violée à l’intérieur du magasin à riz par des individus. Elle est morte dans des circonstances horribles. Ce jour-là, elle a pris ses ablutions et est partie, comme d’habitude, à l’intérieur du magasin pour prier. C’est là qu’elle a été suivie, violentée et violée. Celui qu’on a retrouvé pendu et qu’on a présenté comme un cas de suicide est un sourd-muet. Celui-ci avait vu les auteurs du viol de la cuisinière Hawa puisque, c’est lui qui aidait celle-ci à faire certains travaux dont celui de remplir les bidons d’eau. Il a été donc, à son tour, éliminé par ceux qui ont violé et assassiné la cheffe cuisinière. Ils le considéraient comme un témoin gênant. Ici, tous les responsables de la prison savent que ces deux cas de décès sont suspects. Mais, ils restent indifférents », témoigne-t-il.

S’agit-il réellement des cas de meurtre ? Impossible de le savoir, pour le moment étant donné que les autorités n’ont pas souhaité s’exprimer là-dessus.

Interrogé par Africaguinee.com, un responsable de la prison a indiqué que des enquêtes sont ouvertes. « On a ouvert des enquêtes par rapport à cela et on attend les résultats », a indiqué, sans faire trop de commentaires, le directeur national de l’Administration pénitentiaire. Toutes nos tentatives d'avoir la version du ministère de la justice n'ont pas abouti. 

A suivre…

 

Abdoul Malick Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tél. : (00224) 669 91 93 06

Créé le Mardi 09 Février 2021 à 17:20