Nouveau Gouvernement: Alpha Condé interpellé par Damaro et cie...

Guinée
Amadou Damaro Camara, président de l'Assemblée Nationale
Amadou Damaro Camara, président de l'Assemblée Nationale

CONAKRY-Alors que la formation du nouveau gouvernement se fait attendre, le parlement guinéen a invité le Chef de l'Etat de s'affranchir de l'influence des coordinations régionales.

Comme nous l'avions précédemment, les députés guinéens ont adopté, ce mercredi 6 janvier 2021, une résolution concernant les coordinations régionales et organisation assimilées. Sur les 114 députés inscrits, 88 ont répondu présent, a-t-on constaté sur place. Seuls quatre d'entre eux, ont voté contre ladite résolution composée de six points. Elle sera transmise au Président de la République en vue de lui conférer tout l'effet utile escompté, a annoncé le Président de l'Assemblée Nationale.

Dans cette résolution, il est demandé au Chef de l'Exécutif de s'affranchir complètement de l'implication des coordinations régionales et des organisations assimilées dans les affaires courantes de l'Etat, la formation du gouvernement et les nominations aux hautes fonctions administratives.

Pourquoi cette résolution ?

"Les coordinations régionales qui auraient pu contribuer au renforcement de la cohésion et de l'unité nationale, sont de plus en plus devenues sources de tension et crises sociales à relent ethnique et régional", a déclaré le président de l'Assemblée Nationale, Amadou Damaro Camara.

Le parlementaire rappelle que la Constitution guinéenne en son article 1er dispose : la Guinée est une république indépendante, souveraine, laïque, démocratique et sociale. Il précise également que l'alinéa 2 de l'article 11 de la constitution dispose que les "institutions communautaires, religieuses se créent et s'administrent dans le respect de la Loi et de l'ordre public".

Que dit la résolution ?

  • Les coordinations régionales et organisations assimilées sont unanimement et exclusivement des organisations informelles, constituées sur la base du consentement de citoyens et citoyennes, ressortissants dont elles ont la charge de défendre les intérêts moraux et de maintenir entre les communautés la paix, à travers des conseils de sensibilisation pour éviter les affrontements interethniques,

  • Les coordinations régionales et organisations assimilées ne sont pas des actrices politiques. Elles doivent éviter toute prise de position politique et partisane et s'abstenir de toute immixtion dans les questions judiciaires dont les acteurs sont déterminés par la constitution et les Lois en vigueur,
  • Les coordinations régionales et organisations assimilées, en raison de leur caractère informel, ne doivent pas désormais interférer dans les questions de défense et de sécurité, qui relève de la compétence régalienne de l'exécutif, conformément à la constitution et aux Lois en vigueur,
  • Le pouvoir exécutif en traitant les quatre coordinations régionales et les organisations assimilées devraient éviter d'être la source d'approvisionnement financier de ces structures informelles,
  • Le ministre de l'administration du territoire et de la décentralisation devrait veiller sur la problématique des patriarches familiaux et préfectoraux dont les principes ancestraux de désignation reposent sur gérontocratie,
  • Le Chef de l'Exécutif devrait complètement s'affranchir de l'implication des coordinations régionales et des organisations assimilées dans les affaires courantes de l'Etat, la formation du gouvernement et les nominations aux hautes fonctions administratives pour éviter de leur part, toute prise de position hégémonique.

A suivre…

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Mercredi 06 janvier 2021 à 17:11