Accès à l'université : Des bacheliers entre colère et incompréhension…

Guinée
Image d'illustration
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CONAKRY- C'est presque du jamais vu ! Depuis ce mardi 05 janvier 21, les résultats des orientations des bacheliers 2020 sont enfin disponibles sur la plateforme Gupol. Sauf que certains bacheliers se retrouvent surpris par rapport au choix définitif qui vient de leur être communiqué.

Certains bacheliers ont fait sciences exactes (Mathématiques, physique, chimie ou biologie) dans l’optique de se retrouver et pouvoir faire une branche technique ou scientifique. Mauvaise surprise : ils se voient orienter dans des filières qui n'ont rien à avoir avec ce qu'ils ont appris au Lycée. Non seulement, ils sont envoyés dans des universités qu'ils n'ont pas choisi, mais pire, la branche ne correspond pas à leur choix.

Mariama Ciré Diallo a fait les sciences expérimentales. Cette bachelière rêvait faire biochimie, pharmacie ou médecine à l’université. Malheureusement son rêve vient d’être brisé. Au micro d’Africaguinee, la bachelière a du mal à se remettre. Elle qui a fait sciences expérimentales au lycée, a été orientée en administration publique.  

« On m’a orientée en Administration publique à Labé. Je ne m’attendais pas à ça parce que j'ai fait les sciences expérimentales au lycée. Je me sens très mal. Le rêve n’était pas de faire ça quand-même. Si on a choisi les sciences expérimentales, c’est parce qu’on a envie de faire médecine, pharmacie, biologie ou biochimie. L’administration publique, je ne sais même pas ce que j’irai faire là-bas. On m’envoie dans une branche où je ne m'y connais pas et je ne m’y attendais pas » fustige la bachelière avant de lancer un appel à l’endroit du ministère de l’enseignement supérieur.

« On n’a pas les moyens d’aller étudier nos branches préférées dans les universités privées. Je demande au gouvernement de nous aider. Parce que là ils sont en train de briser nos rêves. Faire les sciences expérimentales demande un grand courage, se battre pour être admise dans des conditions comme celles qu’on a vécues l’année passée est quelque chose de grand. Malgré tout ça, on se retrouve dans une orientation que je qualifie de négative. Ça fait très mal. Je demande au gouvernement de nous aider, je ne suis pas la seule dans cette situation, qu’on nous aide » plaide Mariama Ciré Diallo.

Sophie Diallo a fait les sciences expérimentales au lycée, mais à son fort étonnement elle s’est vue orienter en économie, une branche qu’elle n’a jamais cochée lors de son inscription sur la plateforme GUPOL. Elle se demande quoi faire.

« Je n’ai jamais coché pour l’économie dans mes choix, mais après les résultats je me retrouve en économie, je ne sais même pas quoi dire. Ils ont déjà fini de décider, même si on n’est pas d’accord il n’y a pas où se plaindre, et même s’il en existe ils ne vont rien changer. Donc je ne sais pas quoi dire sauf je me remets à Dieu. Peut-être que c’est mon destin », se console la nouvelle étudiante.

C’est à l’université Gamal Abdel Naser de Conakry que Djénabou Bah voulait faire génie informatique car au lycée elle a fait les mathématiques. A sa grande surprise ce mercredi, les résultats lui annoncent qu’elle est orientée à l’Institut des Arts et métiers de Dubréka. Pour quoi faire ? La Musicologie. Sa déception est grande.

« Franchement c’est la déception chez moi. J’ai fait les mathématiques et je n’ai jamais opté pour la musique car je voulais faire génie informatique à Gamal, sauf qu’on m’a orientée en musicologie à l’ISAG de Dubréka. Je suis très triste. Je lance un appel à l’endroit du gouvernement et particulièrement au ministère de l’enseignement supérieur afin de revoir cette situation sinon c’est du tort qu’ils sont en train de causer aux jeunes que nous sommes », ajoute Djénabou Bah. 

« Je ne sais même pas comment ils ont fait ce choix. Je ne m’attendais pas à ça. J’ai fait les mathématiques mais je ne m’étais jamais imaginée dans des études liées à la musique. Je me demande vraiment qu’est-ce qui a prévalu à ce résultat ? Dans mes choix, j’ai coché des branches comme l'économie et autres branches pour Sonfonia ou Gamal, mais je n’ai jamais choisi la musique. Tu ne peux pas avoir ton BAC et dire à tes parents ou à ta famille que c’est la musique que tu vas faire à l'université. Toutes ces années pour aller faire de la musique ? C'est même difficile de parler de ça. C’est pourquoi je demande au gouvernement s’il y a une possibilité, de changer pour ceux qui veulent. Même à travers un communiqué ils peuvent nous le dire. Parce que les formations payantes ne nous arrangent pas », plaide cette bachelière. 

Interrogé sur ces observations, le responsable communication du ministère de l’enseignement supérieur a banalisé les inquiétudes de ces bacheliers estimant qu’il n’y a rien d’anormale sur ce qui est arrivé.

 « Si quelqu’un a fait sciences maths et qu'il se retrouve en musique où est le problème ? Il n’y a aucun problème dans ça parce que son profil le permet. C’est bien indiqué sur la plateforme Gupol » réagit Zakaria Camara, dans un ton laconique.

A suivre…

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 664-72-76-28

Créé le Mercredi 06 janvier 2021 à 19:22