UFDG : Ibrahima Sory Camara sous la menace de "sanctions" ?

Guinée
Ibrahima Sory Camara
Ibrahima Sory Camara

CONAKRY-Après sa sortie musclée contre l'attitude de certains hauts responsables l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Ibrahima Sory Camara de Dabondy serait menacé de "sanctions".

Dans une interview parue ce lundi chez Africaguinee.com, ce militant engagé du parti de Cellou Dalein Diallo, a dénoncé le silence de certains cadres qui, selon lui, ont peur de dénoncer les injustices que subit l'UFDG de la part du régime Alpha Condé.  Lesdits cadres ont "peur d'aller en prison", selon l'ancien pensionnaire de la maison centrale qui a pointé notamment Fode Oussou Fofana, Kalemodou Yansané, Alain Toure, Marie Anne Toffani, Aliou Condé, tous des vice-présidents de la principale formation politique de l'opposition en Guinée. Le parti estime qu'Ibrahima Sory Camara a fait preuve d'une "indiscipline notoire".

 “On m’a interpellé sur ça. C’est les membres du conseil politique qui statuent sur mon cas parce qu'ils trouvent que c’est un peu grave. Ils vont le faire parce qu’ils trouvent que ce que j’ai fait c’est de l’indiscipline. Je leur ai dit que ce que j’ai osé dire plus haut c’est ce que les gens disent tout bas. Depuis que j’ai fait ces dénonciations, j’ai reçu beaucoup de soutiens des militants du parti qui sont très contents”, a-t-il confié à Africaguinee.com.

Interrogé sur cette situation, Joachim Baba Milimouno de la communication de l'Ufdg a apporté des précisions.

Je crois que les gens doivent apprendre à ne pas s’intéresser trop aux affaires internes du parti. Le Conseil politique se retrouve toutes les semaines. (…) Un militant s’est permis de tenir des propos irrévérencieux sur la place publique à l’endroit des vice-présidents. Pourquoi irait-on jusqu’à l’exclure ? Je ne sais pas qui tire les ficelles, mais ça n’a aucun sens. L'Ufdg est un parti libéral, nous nous battons pour le respect des libertés fondamentales au nombre desquelles le droit à l’expression. On ne peut pas donc s’en prendre à un militant parce qu’il a eu recours à la libre expression. Même si, par endroit, il a violé les principes du parti parce que toute association a son règlement intérieur auquel les membres sont soumis. Ça ne veut pas dire que les gens doivent se taire.

Mais quand vous avez de problèmes il y a des instances auxquelles vous devez y avoir recours. Il y a le Conseil politique, le Bureau exécutif auxquels il devait s’adresser, il ne l’a pas fait. Il n’a pas écrit un mémorandum. Il n’a pas fait une pétition à l’interne. Il peut demander un congrès pour changer tel ou tel, il ne l’a pas fait. Qu’il relaie sur la place public, sur les médias c’est incorrect et c’est une indiscipline”, a-t-il laissé entendre tout en niant une quelconque décision l’exclusion d’Ibrahima Sory.

On ne se lève comme ça pour exclure quelqu’un d’un parti. Les sanctions vont du blâme à l’avertissement. De l’avertissement à la suspension. De la suspension à l’exclusion. Dans le cas d’espèce c’est vrai que c’est une indiscipline, mais ce n’est pas une faute lourde. Il n’est pas question d’exclusion”, a-t-il précisé.

 

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 29 décembre 2020 à 21:04