Cellou et son entourage à l'UFDG : " On va exclure les traîtres…"

Guinée
Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG et Ibrahima Sory CAMARA de Dabondy
Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG et Ibrahima Sory CAMARA de Dabondy

CONAKRY- Ibrahima Sory Camara de Dabondy vient de pousser un "coup de gueule" ! Alors qu’il était “catégoriquement opposé” à la candidature de l'UFDG à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020, ce militant  s’interroge sur l’avenir du parti.  L'ancien pensionnaire de la maison centrale fustige l'attitude de certains responsables du parti, notamment Fode Oussou Fofana, Aliou Condé, Kalémodou Yansané, Alain Touré, qu'il accuse d’avoir abandonné Cellou Dalein Diallo, dans cette période de trouble, par peur d’aller en prison. Entretien exclusif !

 

AFRICAGUINEE.COM : Qu'est-ce que vous êtes devenus depuis votre sortie de prison ?

IBRAHIMA SORY CAMARA : Tous les militants de l'UFDG savent que je suis du parti. Je participe à toutes les réunions et je mène le combat du parti. J’ai fait la campagne du parti même si j’étais categoriquement opposé à la participation de l'UFDG à cette élection du 18 octobre 2020. Les conditions n’étaient pas réunies pour permettre à l'UFDG d’accéder au pouvoir parce que tout simplement Alpha Condé avait fini de tout planifier quand il a réussi à faire le couplage des élections.  On avait fait des sensibilisations au sein du FNDC (Front national pour la défense de la constitution, Ndlr) pour ne pas participer au double scrutin du 22 mars, parce d’Alpha Condé avait imposé ses Hommes à la Cour constitutionnelle après la mort de Kelefa Sall. Il y avait aussi inféodé la CENI (Commission électorale nationale indépendante, Ndlr) qui n’inspirait plus confiance. Compte tenu de tous ces facteurs, j’avais demandé à l'UFDG de ne pas participer à cette élection présidentielle. Comme c’est la démocratie, l’UFDG a engagé des consultations à l’issue desquelles le parti a décidé de participer. C'est ainsi que moi aussi je me suis mis dedans pour battre campagne.

Aprrès l'élection, votre leader Cellou Dalein Diallo a revendiqué sa victoire, aujourd'hui certains responsables du parti sont emprisonnés, le siège et les bureaux du parti sont fermés. Selon vous, qu'est ce que l'UFDG doit envisager pour faire face à ces défis ?

Les gens qui nous avaient dit qu’il fallait participer aux élections doivent nous dire quelle est la direction que le parti doit prendre. Je déplore aujourd'hui que le président Cellou Dalein Diallo soit isolé de ses vrais proches, les cadres et vice-présidents. Le parti ne se résume pas à Ousmane Gaoual seulement ou autres. Cellou Baldé est parti se battre à Labé comme un diable pour animer les activités du parti. A Kindia, on a senti la présence de Abdoulaye Bah, ancien maire. A Conakry, Cherif Bah faisait souvent des sorties pour dénoncer. Tous ceux-ci sont aujourd’hui en prison, mais le parti  ne résume pas seulement à ces personnes-là. Ce que je constate, c’est seulement Cellou Dalein qui fait le combat maintenant. C'est lui qui fait des conférences de presse, parle dans les radios et sur les réseaux sociaux. Ses lieutenants qui sont en liberté, Fode Oussou Fofana, Kalemodou Yansané, Alain Toure, Marie Anne Toffani, Aliou Condé et tous les autres ont peur d’aller en prison. Notre siège est fermé, nous avons un vice-président chargé des questions juridiques, mais qu’est-ce qui l’empêche de saisir les autorités compétentes ou d’animer une conférence de presse pour dénoncer? Les militants de Ratoma sont victimes de violence. Mais on ne sent pas la présence du maire Issa Soumah.

Vous avez vu les violences à Wanindara ? Mais le maire n’y est pas allé. Pourquoi ils ne descendent pas sur le terrain galvaniser les militants? Pourtant ce que Cellou Dalein fait, il ne le fait pas pour lui tout seul. Fodé Oussou et tous les autres sont devenus des vice-présidents du parti, députés et lui-même président du groupe parlementaire alors que nous les jeunes combattants qui nous battons comme des diables, on ne gère rien. Le budget de la campagne, c’est eux seulement qui ont géré. Notre parti est vraiment dans un état critique. Le siège et les bureaux du parti sont fermés. Il n’y a pas d’assemblée générale. Les fédérations et sections ne font pas des réunions. Nous, les militants, on ne sait pas où on va. On veut dire que le parti est mort parce que Ousmane Gaoual, Cherif Bah, Abdoulaye Bah, Cellou Baldé sont en prison? C’est seulement Cellou Dalein Diallo qui parle. C’est pourquoi, je me dis que je ne peux assumer cela, il faut que l'Ufdg se réveille. Il faut que les responsables du parti à tous les niveaux se réveillent. On ne doit pas assister à la mort de l'Ufdg parce que c’est ce qui est planifié comme ça. Les centaines de morts, des blessés et des pillages dont sont victimes les militants de l'Ufdg. Il faut interpeller les autres cadres parce que le parti ce n’est pas seulement Cellou Dalein Diallo. Je suis vraiment inquiet. Je suis Soussou, je crois en Cellou Dalein Diallo. Je suis jeune et je peux vivre comme les autres jeunes, mais je ne veux pas vivre dans la démagogie. C’est ce qui me permet de rester aujourd’hui avec l'UFDG. Je mène le combat du parti, mais je n’ai même pas les moyens pour ma communication ou pour ma famille. Mais je dis que l'UFDG ne doit pas mourir parce que si le parti meurt, la démocratie est finie en Guinée. Alors, il faut dire à ces responsables là de se réveiller.

Le Ministère de la Justice ne nous a pas dit pourquoi depuis après les élections, les militaires continuent d’occuper notre siège. On va continuer à s’asseoir jusqu’à ce qu’un jour Alpha prenne un décret pour retirer l’agrément du parti ? Alors il faut que les gens se réveillent maintenant. Le combat ce n’est pas seulement pour Cellou Dalein Diallo, lui, il fait son mieux. Le Général organise sa troupe. C'est à la troupe de lui être fidèle.  Je constate qu’à chaque fois que l'UFDG est dans des difficultés, les cadres de la Basse Guinée refusent de s'impliquer pour demontrer que le parti n’est pas communautaire comme le prétendent les adversaires. Voici par exemple Fodé Oussou, vice-président, président du groupe parlementaire et directeur de campagne de Cellou Dalein Diallo en 2010, 2015 et 2020. Il faut qu’ils assument publiquement pour que les gens comprennent que ce n’est pas un parti des Peuls seulement. Mais s’ils refusent de s’afficher parce qu'ils ont peur d’aller en prison, comment on va faire ?  Alors que quand il y a des avantages, ils se partagent entre eux. Je ne le cache pas, tous les vrais militants de l'Ufdg sont frustrés aujourd’hui du comportement de ces cadres. La jeunesse doit se lever. Je dis au président de faire la refondation de l’Ufdg pour intégrer les vrais combattants.

Quand tu parles de l'Ufdg, les gens disent que c’est un parti communautaire. Mais Issa Soumah, maire de la commune de Ratoma, il n’est pas allé au décès de notre ami Roger Bamba. Pendant que les jeunes de Wanindara sont tués, il est assis dans son bureau. Il ne fait pas de déclaration et ne rend pas visite aux victimes. Souvenez vous de Aboubacar Soumah que l'Ufdg a fait élire député à Dixinn, il est où aujourd’hui? Yarie Biriki, il n’y a pas ce que l'Ufdg n’a pas fait pour cette dame. Cellou Dalein Diallo a l’esprit de partage. Il s’est entouré par tout le peuple de Guinée. Mais le comportement de certains donne raison à ceux qui disent que l'Ufdg est un parti communautaire. Quand tu prends le combat que Ousmane Gaoual, Cellou Baldé, Cherif Bah, Abdoulaye Bah mènent, mais les autres aussi peuvent le faire.  Kalemodou Yansané peut aller à Forecariah tout comme Fode Oussou Fofana et Alain Touré. Marie Anne Toffani peut, elle aussi, aller en Forêt pour sensibiliser les citoyens. Mais s’ils sont là seulement à se servir des militants de l'Ufdg, c’est regrettable.

Avez-vous un dernier message ?

Nous les militants de l'Ufdg nous croyons en Cellou Dalein Diallo parce que c’est un grand bâtisseur. Il ne faut jamais qu’on tombe dans le piège des farfelus qui ne veulent pas de l'Ufdg. Nous devons garder le moral très haut et penser à l’avenir du parti. Nous avons fait beaucoup de sacrifices, ce n’est pas en 2020 qu’on va baisser les bras. Si on laisse tomber, on aurait trahi les martyrs, les gens qui ont fait la prison. Il faut savoir que ce n’est pas la fin du monde. C’est vrai qu'Alpha s’est imposé par les armes. Il a volé notre victoire, mais il n’est pas exclu qu’on finisse par la récupérer. Pour cela, il ne faut pas qu’on abandonne notre leader parce qu’on est frustré. Je demande à toutes les structures et à la direction du parti de convoquer une grande assemblée générale. Ce jour là, les gens vont nous dire pourquoi ils ont fermé notre siège. Nous n’allons pas nous décourager parce que, tôt ou tard, on aura notre victoire et la démocratie va triompher.

Mahamadou Issoufou a décidé de quitter le pouvoir, il rentre dans l’histoire. Nous aussi à l'Ufdg, nous allons, vaille que vaille, instaurer la démocratie dans ce pays. Cellou Dalein est grand homme. Nous rendons hommage à tous les détenus politiques. Nous pensons aux familles des victimes dont certaines ont toujours leurs enfants dans les morgues . Dans les prochains jours, moi et quelques militants du parti, nous allons faire une tournée de sensibilisation dans tous les quartiers de Conakry pour réveiller les militants et on va exclure les traîtres qui sont avec nous.

 

Abdoul Malik Diallo

Pour Africaguuinee.com

Créé le Lundi 28 décembre 2020 à 12:21