Le père de Madic 100 frontières fait le grand déballage : " On m’a même arrêté trois fois à cause d'Alpha Condé…"

Interview
Le doyen Mamadou Condé, père de Madic 100 frontières
Le doyen Mamadou Condé, père de Madic 100 frontières

CONAKRY-Le père de Mamadi Condé alias Madic 100 Frontières vient de faire des révélations sur l'engagement politique de son fils. Ce militant du RPG aujourd'hui à la retraite adresse un message fort au président Alpha Condé pour lequel il a milité pendant des années, mais aussi à Cellou Dalein Diallo.

Le doyen Mamadou Condé avoue que son fils est allé trop loin dans ses déclarations, mais plaide toutefois le chef de l'Etat de pardonner l'engagement excessif de son fils. Dans cet entretien exclusif qu'il nous a accordé, le papa de Madic 100 frontière fait des confidences sur son passé au sein du RPG et de ses relations avec le président Condé.

AFRICAGUINEE.COM : Vous avez rencontré votre fils malade à la Maison Centrale de Conakry, dans quel état l’avez-vous trouvé ?

MAMADOU CONDE : Je l’ai trouvé arrêté et cela m’a beaucoup réconforté parce qu’il venait de rentrer de l’hôpital. J’étais venu presqu’en même temps que ses avocats. Donc, c’est après leur entretien qui a duré environ 3 heures de temps que j'ai pu le rencontrer. C’est lorsqu’il raccompagnait ses avocats j’ai eu la chance de le voir. Il m’avait dit laconiquement que ‘’ça va’’ mais il se plaint d’une ancienne chirurgie sur son ventre. En ce qui concerne ses maux d’oreilles, c’est sûr que les bourdonnements sont dus à l'opération. Parce que c’est une opération générale. Je pense que cela peut avoir des répercussions sur lui.

Comment vous vivez son absence en famille actuellement ?

Ça me fait mal surtout que c’est lui qui est mon unique soutien maintenant. Parce que j’ai fait valoir mes droits à la retraite. C’est Madic qui s’occupait des dépenses de la famille. Le problème est très délicat. C’est un guinéen, les choses qu’on lui reproche, c’est dans la normalité parce qu’il faut le dire : nous sommes en politique. Or, le parti qu’il est en train de combattre, presque c’est moi qui l’ai mis sur pied. Depuis le phénomène de 1985 avec le problème de Diara Traoré, on nous a persécutés et on nous a tous pris. Depuis lors, moi aussi j’ai décidé de lutter aussi jusqu’au jour où j'ai rencontré le Professeur (Alpha Condé, ndlr) à Kissidougou en 1991. Depuis ce temps-là, je suis avec lui jusque maintenant-là. Mais les raisons que mon fils évoque parce qu’il a laissé entendre aux enquêteurs que moi je n’ai rien eu, je n’ai pas été nommé tout ça c’est la vérité. Parce qu’il faut l'avouer moi j’ai beaucoup lutté pour Alpha, on m’a même arrêté par trois fois. Maintenant il dit qu’il est vexé parce que moi je n’ai rien eu.

Vers les années 2008 quand il a décidé de partir, on avait attaqué Alpha à un pont à Faranah. Après l’attaque, on nous a alertés à Dabola pour aller réceptionner Alpha et le garder. Le même jour la sœur de Madic 100 frontières est tombée dans un puits et elle est décédé. Cela lui a fait très mal. Donc moi je l’ai sermonné pour une seule raison : quand tu entreprends une entreprise, ton père est vivant, ta mère est vivante il faut les consulter. Moi je lui avais dit qu’il était un élu de Dieu parce que tout ce qu’il m'apporte comme soutien était inestimable. Il m’a envoyé deux voitures sorties d’usine, des motos, il a construit pour moi mais très malheureusement il est tombé dans ces dilemmes-là.

Est-ce que vous craignez pour sa vie en prison ?

Non moi je suis musulman, tout ce qui doit t’arriver par l’effet de Dieu, t’arrivera. Chacun a un destin.

Est-ce que vous le soutenez dans son ce combat qu’il est en train de mener contre le RPG ?

Moi je suis un démocrate. Mais les griefs que les gens ont contre mon fils, c'est parce qu'il a trop parlé. Il est allé au-delà, moi je suis d’accord pour ça. Mais ce qui est clair : tout guinéen qui est en délicatesse avec la loi doit subir la loi. Ce n’est pas forcement que je sois du RPG que lui soit de l’UFDG qui me fait mal. NON ! Mais il est allé trop loin. Il faut l’avouer moi je n’ai jamais suivi ses dédicaces sur les réseaux sociaux parce que depuis que j’ai appris le problème des fake-news, moi je ne vais pas sur les réseaux sociaux. Surtout lui (son fils) avait changé son nom pour que je ne sache rien de lui. Parce que moi je l’appelais Vieux. Sur les réseaux sociaux il dit qu’il s’appelle Madic et il est revenu du Canada sans m’informer. Mais je savais quand même qu'il avait changé de camp, mais je ne savais pas qu’il était allé très loin comme ça dans ses déclarations.

Est-ce que vous avez un appel à lancer à l’endroit de Cellou Dalein Diallo et du Pr Alpha Condé ?

Je m’adresse à Cellou Dalein : je l’ai vu, il a adopté mon fils comme son fils, il l’a aimé, je le voyais dans de très bonnes mains à travers leur campagne. Maintenant je voudrais lui dire aussi : à cause de l’amour d’un père, il n’a qu'à se considérer aujourd’hui comme étant le père de Mamadi, je sais qu’on est presque de la même promotion, il n’a qu’à dédouaner le peuple de Guinée. Il a assumé beaucoup de responsabilités. Ça, ce sont les bénédictions des parents, aujourd’hui je suis un parent isolé mais je lui donne mes bénédictions. Tout le monde sait que le Foutah, c’est la sagesse en Guinée. Donc, je demande à Cellou Dalein Diallo d’aller voir le Pr Alpha Condé pour qu’ils arrondissent les angles pour que nous vivions en paix. S’il le fait vraiment ça va me plaire.

Mon deuxième message c’est pour le Professeur. J’aimerai être en face de lui, moi j’allais me prosterner sous ses pieds pour qu’il pardonne l’engagement de mon enfant.  il est allé très loin dans ses propos et cela ne me ressemble pas. Quand on a les réseaux sociaux, les gens s’excitent avec ça et font du n’importe quoi, sinon on peut militer différemment. Aujourd’hui quand vous arrivez dans notre famille vous allez voir que la démocratie est vivante. La preuve : ma première fille, on l’appelle là-bas la fille du Président, celle qui est venue avant Madic, mon deuxième garçon est du PADES. C’est la démocratie totale dans ma famille. Mais cela ne t’autorise pas à insulter, tu dois commander un peuple mais quand tu insultes une partie de ce peuple-là, ce n’est pas bon. Donc, c’est ce pardon que je demande au Professeur, vraiment il n’a qu’à regarder notre passé. S’il me voyait il allait se remémorer de beaucoup de choses que j’ai faites à Dabola. Je lui demande pardon pour qu’il libère mon fils afin qu’il puisse aller au Canada pour continuer son traitement et son travail.

Un conseil pour votre fils qui refuse de se faire soigner ici ?

Lui, j’aurai le temps de lui parler. Après la prison il ne va pas s’envoler comme ça, je vais lui rappeler de ce que son grand père lui avait dit un jour à ma présence. C'est qu’il a oublié ça, c’était devant moi lorsque son grand père lui parlait.

Interview réalisée par Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

Créé le Mardi 22 décembre 2020 à 13:44